Défense
La Marine nationale veut externaliser les fonctions de plastron d'entraînement

Actualité

La Marine nationale veut externaliser les fonctions de plastron d'entraînement

Défense

Un appel d'offres vient d'être lancé en vue de confier, à des sociétés privées, une large part des fonctions de plastron requises pour l'entraînement des forces navales françaises. Dans le cadre de la réduction de format des armées, il s'agit de libérer du potentiel car les forces doivent aujourd'hui se concentrer sur leur coeur de métier, à savoir la défense. A cet effet, les jours de mer des navires et les heures de vol des aéronefs sont comptés. D'où l'idée de libérer de certaines tâches d'entrainement les bâtiments de la Marine nationale, à l'image de ce qui a été réalisé il y a quelques années dans le domaine de la lutte antiaérienne, confiée à la société Avdef (qui met à disposition des avions pour l'entrainement des bâtiments). « Nous attendons de cette externalisation des gains financiers. Il s'agit, par exemple, d'éviter de mobiliser une frégate avec 200 personnes à bord pour entrainer un hélicoptère à l'appontage. Mais nous attendons aussi une amélioration qualitative en faisant appel à des sociétés spécialisées », explique-t-on à l'état-major de la marine. S'il n'est, évidemment, pas question d'externaliser des entrainements lourds, comme ceux d'un groupe aéronaval ou d'un sous-marin, la Rue Royale attend des entreprises privées qu'elles proposent des prestations permettant de reproduire les menaces asymétriques auxquelles les marins sont aujourd'hui confrontés.

Militaires sur un navire de pêche (© : MARINE NATIONALE)
Militaires sur un navire de pêche (© : MARINE NATIONALE)

« Des prestations sur mesure »

Terrorisme, piraterie et narcotrafic sont les principaux axes sur lesquels une externalisation peut être réalisée. « Il s'agit de proposer des prestations sur mesure pour permettre un gain en termes de coûts et de qualité de produit, notamment en ce qui concerne le réalisme de l'entrainement. Par exemple, ces sociétés peuvent concourir à l'entrainement pour les équipes de protection embarquées. Elles pourraient, ainsi, mettre à disposition un bateau de pêche ou un petit cargo qu'il faudrait protéger contre une menace asymétrique. Ainsi, nous n'aurons plus à mobiliser des bâtiments militaires qui coûtent cher et ont autre chose à faire ». Au travers de cet appel d'offres, la Marine nationale souhaite, également, pouvoir disposer à la mer de cibles rustiques à bas coût, en complément de celles dont elle peut déjà disposer et qui sont généralement complexes et onéreuses (dotées notamment d'instruments permettant de mesurer les performances du tir). Pour des entrainements aux tirs contre des embarcations rapides ou des engins volants de type ULM, les marins veulent donc disposer de moyens réalistes, capables d'évoluer à différentes vitesses et altitudes. Mais ces mobiles doivent aussi être rustiques et peu coûteux, car les marins souhaitent avoir la possibilité de les détruire.

Hélicoptère su un navire civil (© : MARINE NATIONALE)
Hélicoptère su un navire civil (© : MARINE NATIONALE)

Enfin, l'EMM voudrait trouver dans le secteur privé des prestations permettant de réaliser des appontages d'hélicoptères sur des plateformes civiles. Il s'agit, dans cette optique, d'économiser le potentiel des frégates brestoises et toulonnaises, qui servent aujourd'hui à l'entrainement des hélicoptères de la base d'aéronautique navale de Lanvéoc-Poulmic.
Dans le cadre de l'appel d'offres récemment lancé, les marins proposent un marché pluriannuel, donnant une visibilité aux sociétés et leur permettant, ainsi, de réaliser les investissements nécessaires. Le ou les lauréats devront, en effet, pouvoir affréter des navires civils et mettre à disposition pour les entrainements des cibles tractées ou des drones.

Marine Nationale | Toute l’actualité de la marine française