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La marine russe passe le Bosphore l’arme à l’épaule ?

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La Turquie s’est émue de la diffusion par les media nationaux d’images d’un bâtiment de débarquement russe présenté comme naviguant dans ses eaux. Au dessus de la passerelle, on voit un militaire épaulant ce qui ressemble fort à un « manpad », système manuel antiaérien à très courte portée (généralement doté d'un missile à guidage infrarouge d'une portée de quelques kilomètres). Alors qu’Ankara a convoqué hier l’ambassadeur russe pour obtenir des explications, le ministre turc des Affaires étrangères a qualifié une telle attitude de « provocante », rapporte l’AFP.

C’est dimanche que plusieurs media turcs ont diffusé ces images, le bâtiment russe, qui serait le Tsezar Kunikov appartenant à la flotte de la mer Noire, ayant apparemment franchi le détroit du Bosphore dans la matinée. Les clichés auraient toutefois été pris vendredi, selon une partie de la presse locale, précisant que le bâtiment se trouvait quand même dans les eaux turques.

 

Bâtiment russe du type Ropucha (© : MICHEL FLOCH)

Bâtiment russe du type Ropucha (© : MICHEL FLOCH)

 

Un bâtiment relativement bien armé

Pour mémoire, les systèmes surface-air à très courte portée manuels sont utilisés par certaines marines pour améliorer l’autodéfense d’unités petites ou peu protégées. Mais la présence de ce dispositif au combien rustique pour un bateau de guerre est étonnante sur un bâtiment de débarquement du type Ropucha, dont le Tsezar Kunikov fait partie. Ces navires de 112.5 mètres de long et 4000 tonnes de déplacement en charge disposent en effet, pour se défendre, de deux tourelles doubles de 57mm, deux lance-roquettes et, pour certains, de systèmes surface-air SA-N-5 (32 missiles d'une portée de 6 kilomètres). Peut-être que militaire photographié n’est pas un marin mais un « fantassin », ce qui est possible si le Tsezar Kunikov achemine des renforts terrestres vers la Syrie. Ou alors le bâtiment n'est pas équipé de SA-N-5. 

 

Le croiseur Moskva (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Le croiseur Moskva (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Renforcement des moyens navals en Méditerranée orientale

Cet « incident diplomatique » intervient en pleine crise entre Ankara et Moscou, dont les relations sont très tendues depuis la destruction d’un bombardier russe Su-24 par la chasse turque le 24 novembre. Suite à cette action, dont les deux pays se rejettent la faute, Moscou a vertement critiqué l’attitude de la Turquie et son rôle ambigu dans la lutte contre Daech. Le renforcement des moyens militaires russes, en particulier dans le domaine de la défense aérienne, ont également été annoncés pour les forces déployées en Syrie. La flotte de la mer Noire, dont le bâtiment amiral, le croiseur lance-missiles Moskva, est positionné au large de Lattaquié, devrait par ailleurs être renforcée. Un sous-marin supplémentaire du type Kilo serait en route depuis l’Europe du nord pour gagner la Méditerranée orientale, où un sous-marin doté de missiles de croisière est déjà présent. Et la Russie pourraient montrer un peu plus ses muscles, certains observateurs s'attendant à un futur déploiement sur zone du porte-avions Kuznetsov, qui appartient à la flotte du Nord. 

Marine russe