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La marine sénégalaise

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Forte d’environ 900 marins et d’une trentaine d’unités, pour l’essentiel basées à Dakar, la marine sénégalaise va disposer d’un nouveau bâtiment amiral avec le patrouilleur de haute mer Fouladou, mis à l’eau hier au chantier Ocea des Sables d’Olonne. Livrable à la fin de l’année, cet OPV de 58 mètres symbolise le renouveau des forces navales du Sénégal, que le pays, fort de 700 kilomètres de côtes et 159.000 km² de zone économique exclusive (ZEE), a choisi de moderniser afin de répondre aux enjeux maritimes. Il s’agit en particulier de mieux protéger ses eaux et leurs ressources naturelles, ainsi que le trafic commercial face à différents types de menaces, comme la pêche et les trafics illicites, mais aussi le développement de la piraterie et du terrorisme.

 

Le Fouladou hier aux Sables d'Olonne (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Fouladou hier aux Sables d'Olonne (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Ainsi, le Fouladou (voir notre article complet sur cet OPV) sera le troisième patrouilleur intégré par la flotte sénégalaise en trois ans. Les deux précédents ont été livrés par le Français Raidco Marine. Il s’agit du Ferlo, un bâtiment de 33 mètres du type RPB 33 réalisé par le chantier Ufast de Quimper et entré en service en octobre 2013.

 

Le Ferlo (© : GUILLAUME PLISSON)

Le Ferlo (© : GUILLAUME PLISSON)

 

Il a été suivi l’an dernier par le Kedougou, patrouilleur hauturier de 45 mètres du type OPV 45 réalisé par le chantier STX de Lorient.

 

Le Kedougou (© : YVAN ZEDDA)

Le Kedougou (© : YVAN ZEDDA)

Semi-rigide du Kedougou (© : US NAVY)

Semi-rigide du Kedougou (© : US NAVY)

 

Spécialement conçues pour l’action de l’Etat en mer, avec de solides moyens de surveillance, d’identification et d’intervention, notamment des embarcations rapides, ces nouvelles unités permettent au Sénégal d’augmenter significativement ses capacités.

Les Fouladou, Kedougou et Ferlo sont particulièrement bien accueillis par les marins sénégalais, dont les autres patrouilleurs sont très âgés.

 

Le Njambuur (© : BERNARD PREZELIN)

Le Njambuur (© : BERNARD PREZELIN)

 

Le plus imposant est le NJambuur (58 mètres), et c’est aussi le plus puissant avec ses deux tourelles de 76mm. Mais ce bâtiment, construit à Villeneuve-la-Garenne et modernisé par Raidco en 2002/2003, date de 1981.

 

Le Poponguine (© : US NAVY)

Le Poponguine (© : US NAVY)

 

Encore plus vieux, les Poponguine et Podor, deux patrouilleurs de 47 mètres construits par le même chantier, ont été mis en service en 1974 et 1977.

Quant au Conejera, un bâtiment de 32 mètres transféré en 2012 par la marine espagnole, il est opérationnel depuis 1981.

 

Le Conejera (© : MARINE NATIONALE)

Le Conejera (© : MARINE NATIONALE)

 

Au niveau des vedettes, en revanche, le Sénégal avait déjà renouvelé et développé ses moyens au cours des années 2000. Raidco lui avait livré en 2004 et 2005 deux RPB 20 (réalisées par CNB) de 20 mètres ainsi que quatre RPB 12 de 12 mètres. Les Etats-Unis ont quant à eux offert au pays, dans le cadre d’un partenariat sur la sécurité dans la région, une vedette de 13 mètres en 2010 et deux autres unités en novembre 2015.

 

RPB 20 de la Douane sénégalaise (© : US NAVY)

RPB 20 de la Douane sénégalaise (© : US NAVY)

 

A ces vedettes s'ajoutent les deux RPB 20 et cinq RBP 12 livrées à la Douane sénégalaise entre 2007 et 2009. La gendarmerie arme quant à elle une vedette rapide de 16.5 mètres (type Rodman 55) transférée en 2008 par la garde civile espagnole, qui a avait déjà cédé en 2004, à la Police de l'air et des frontières, une vedette de 12 mètres du type Bazan 39.  

 

Vedettes du type RPB 12 (© : RAIDCO MARINE)

Vedettes du type RPB 12 (© : RAIDCO MARINE)

 

Dans le domaine des opérations amphibies, la France a transféré en 2011 l’ex-engin de débarquement d’infanterie et de chars Sabre (1987). Rebaptisé Gorée, cet EDIC de 59 mètres a remplacé l’un de ses sisterships, le Faleme II (ex-Javeline français), désarmé en 2010. Le Sénégal arme un second engin du même type, le Karabane (1986). S’y ajoute un ancien chaland de transport de matériel (CTM) français de 24 mètres, en service depuis 1965 et remis en état en 2010.

 

L'ex-EDIC Sabre, devenu Gorée (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

L'ex-EDIC Sabre, devenu Gorée (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Le Sénégal dispose, enfin, d'un baliseur de 45 mètres, le Samba Laobe Fall, construit par Ocea et mis en service en 2008, ainsi qu’un navire de recherche halieutique de 38 mètres, l’Itaf Deme, construit au Japon en 2000. 

 

Le baliseur Samba Laobe Fall (© : OCEA)

Le baliseur Samba Laobe Fall (© : OCEA)

Ce panorama de la marine sénégalaise a été notamment réalisé avec les données techniques de Flottes de Combat, dont la prochaine édition sera normalement publiée à l'automne.