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La marine sud-africaine fait peau neuve

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La marine sud-africaine fait peau neuve

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Nouvelles frégates, renouvellement de la flotte sous-marine et de l'aéronautique navale... En moins de trois ans, l'Afrique du Sud a fait subir une cure de jouvence à sa marine. Cette modernisation, la flotte sud-africaine en avait bien besoin, après avoir été contrainte, durant des années, de se contenter de vieilles unités. Du précédent plan de construction, lancé au milieu des années 70, seuls les 9 patrouilleurs lance-missiles du type israélien Reshef seront réalisés.
Suite aux émeutes de Soweto, en 1976, le conseil de sécurité de l'ONU vote en effet un embargo sur les armes contre le régime de l'apartheid. Les trois premiers Reshef sont livrés par les chantiers de Haïfa mais les suivants sont réalisés à Durban. En revanche, les deux plus importants contrats, signés avec la France, sont annulés en 1977. Presque achevés, les avisos Good Hope et Transwall, du type A69, sont bloqués à Lorient, avant d'être vendus à l'Argentine. Construits par les chantiers nantais Dubigeon, les sous-marins Astrant et Adventure, du type Agosta, sont quant à eux cédés au Pakistan.

Des frégates allemandes avec un système de combat français

Après l'abolition de l'apartheid, en 1991, le pays se relève progressivement. D'abord concentré sur une réunification nationale, il commence à regarder de nouveau vers le large, l'Afrique du Sud dominant la position stratégique du cap de Bonne Espérance. En 1998, le programme South African Navy Patrol Corvettes (SAN-PC) est lancé. Quatre frégates furtives du type Meko A 200 sont commandées au chantier allemand Blohm & Voss (groupe TKMS). Les coques seront réalisées à Hambourg et Kiel, mais les équipements, comme l'armement, seront installés et intégrés en Afrique du Sud. C'est le cas du Surface Vessel Combat System (SUVECS), dérivé du système TAVITAC, de Thales Naval France. Pour ce programme, TNF, qui fait désormais partie de DCNS, a déployé des équipes en Afrique du sud jusqu'à l'été, afin d'intégrer le système de combat sur les quatre frégates, dont le dernier exemplaire est entré en service au printemps. Divers partenariats ont été signés sur place avec les entreprises, permettant notamment (c'était l'un des objectifs de SAN-PC) de redresser l'économie locale, par exemple dans le secteur de l'informatique.
Longues de 121 mètres pour un déplacement de 3590 tonnes en charge, les frégates de la classe Valour disposent de 8 missiles antinavire Exocet MM40 (MBDA), d'un système surface-air à lancement vertical Umkhonto (Denel-Kentron), de pièces de 76 et 35 mm, ainsi que de tubes lance-torpilles et d'un hélicoptère. L'équipement électronique est, notamment, constitué d'un radar de veille MRR-3D et d'un sonar TMS-4132 de Thales. Pour équiper les Amatola, Isandlwana, Spioenkop et Mendi, quatre hélicoptères Super Lynx ont, par ailleurs, été commandés en 2004 pour une livraison en 2007.

Les nouveaux sous-marins font déjà parler d'eux

En dehors des frégates, l'Afrique du Sud a également commandé, en juillet 2000, trois sous-marins du type 209/1400 allemand, destinés à remplacer les trois vieux Daphné français construits à Nantes en 1970/71 et tous désarmés depuis 2003. Lancé en juin 2004 aux chantiers HDW de Kiel (TKMS), le premier de la série, le Manthatisi, a été mis en service en novembre 2005. Il a, depuis, été suivi par le Charlotte Maxeke, le 14 mars 2007 (construit à Emden). Le troisième, baptisé Queen Modjadji, doit être opérationnel en janvier prochain. Longs de 62 mètres pour un déplacement de 1595 tonnes en plongée, ces sous-marins disposent de 8 tubes et peuvent embarquer 14 torpilles. Leur propulsion diesel-électrique, assurée par quatre moteurs diesels MTU et un moteur électrique de propulsion Siemens, leur permet de filer 10 noeuds en surface et 21 noeuds en plongée.
La sous-marinade sud-africaine semblent avoir rapidement pris possession de ses nouveaux outils. Ainsi, en septembre dernier, le SAS Manthatisi, engagé dans un exercice de l'OTAN au large du Cap, s'est distingué d'une façon éclatante. Jouant le rôle de gibier, le bâtiment est parvenu à déjouer les systèmes de lutte ASM des navires de surface qu'il a, finalement, coulé virtuellement un à un. La performance a été saluée, comme il se doit, par le ministre sud-africain de la Défense. « L'Afrique est un continent stratégique. La liberté des mers, l'énergie, la sécurité, ce sont des questions critiques pour les nations de l'OTAN », a précisé à cette occasion Mosiuoa Lekota.