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La marine va recruter près de 3800 personnes l'an prochain

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La marine va recruter près de 3800 personnes l'an prochain

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La Marine nationale vient de lancer sa campagne de recrutement annuel. En 2008, près de 10% des effectifs militaires devraient être renouvelés. Forte de 54 000 personnes, dont 18% de civils, la flotte française rassemble plusieurs dizaines de professions, généralement très techniques : « Nous avons pratiquement tous les métiers de l'armée de Terre, sauf conducteur de chars, tous ceux de l'armée de l'Air et, en plus, nos propres métiers sur des domaines très pointus. Le challenge consiste donc à gérer une multitude de compétences et nécessite une vigilance constante. En effet, si mon flux d'infirmiers hyperbaristes éternue, c'est toute la marine qui s'enrhume », explique le vice-amiral d'escadre Pierre Devaux, directeur du personnel militaire. Sur les 3 à 4000 hommes et femmes intégrés chaque année, un maximum de profils sont recrutés « sur étagères », les compétences spécifiques provenant de centres spécialisés, comme l'Ecole navale, le centre d'instruction naval de Saint-Mandrier, ou encore l'Ecole des météorologistes-océanographes de Toulouse. « Les formations coûtent très cher, un million d'euros, par exemple, pour un pilote de chasse. Nous cherchons donc à faire des économies au travers de regroupements interarmées. C'est le cas de l'Ecole des applications militaires de l'énergie atomique à Cherbourg, des systèmes d'informations à Rennes, de la maintenance aéronautique à Rochefort... » De nombreux partenariats existent avec les grandes écoles, permettant de toucher des jeunes très qualifiés, sans compter une présence croissante de la marine dans les forums et salons étudiants. Depuis neuf ans, la flotte a également recours aux Engagés Initiaux de Courte Durée (EICD), souvent issus de milieux sociaux difficiles. Après des débuts délicats, cette politique, qui réalise de bons résultats en matière de réinsertion, permet d'accueillir 500 jeunes chaque année, pour des contrats de 3 ans, renouvelables 2 fois.

Fidéliser et reconvertir

Fidéliser les personnels pour éviter une fuite de compétences est une priorité pour la rue Royale : « On ne fidélise qu'en donnant une perspective de carrière. Nous avons donc des programmes de parcours valorisants grâce à la formation continue ». Dans un monde de concurrence où les grands groupes s'arrachent les personnels qualifiés, l'aspect financier est crucial. C'est pourquoi des primes de haute technicité ont été mises en place pour sécuriser les postes les plus sensibles, par exemple dans le nucléaire, où les groupes privés n'hésitent pas à débaucher les militaires. Inciter les marins à ne pas mettre les voiles passe également par l'accompagnement de leurs familles. L'institution se doit de suivre l'évolution de la société. La marine, qui compte près de la moitié du parc de crèches du ministère de la Défense a, par exemple, signé un accord avec un groupe privé, permettant aux conjoints d'être dépannés, dans l'heure et à moindre coût. De même, une ligne « low cost » a été mise en place avec une compagnie aérienne. « Je dois désormais me soucier du problème social du couple, d'autant que 15% du personnel est féminin, et que 80 % des « marinettes » étant en ménage le sont avec un marin. Avec le double salaire et le contexte difficile de l'emploi, on ne déplace plus les gens comme autrefois. Nous assistons à un développement du célibat géographique ». Enfin, l'ultime challenge de la marine porte sur la reconversion. Cité en exemple pour son efficacité, le service chargé de cette mission, « MARMOB », ne compte que 80 personnes, dont une moitié de chasseurs de tête et l'autre de consultants en « outplacement ». S'appuyant sur un réseau de 5000 PME partenaires, ce service permet de reconvertir plus de 75% des militaires.
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- Voir le site de recrutement de la Marine

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