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La Norvège étudie le renouvellement de sa flotte sous-marine

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La Norvège étudie le renouvellement de sa flotte sous-marine

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Le ministère norvégien de la Défense a formé un groupe de travail chargé d’évaluer l’opportunité d’acquérir de nouveaux sous-marins afin de remplacer les six unités du type Ula. Ces bâtiments du type 210, longs de 59 mètres et affichant un déplacement de 1150 tonnes en plongée, ont été construits en Allemagne et mis en service entre 1988 et 1991. Malgré un nouveau programme de modernisation lancé en 2008 et qui devait s’achever en 2014, ils atteindront leur limite d’âge théorique à l’horizon 2020. D’où la réflexion actuelle des autorités norvégiennes quant à leur remplacement, les premières études en ce sens ayant été lancées en 2007. A Oslo, certains considèrent que la construction de nouveaux sous-marins est une impérieuse nécessité, non seulement pour renouveler une flotte vieillissante, mais aussi pour faire face à la montée en puissance de la marine russe. Moscou, qui ne cache pas ses prétentions sur les zones arctiques,  fait depuis un moment preuve d’une activité soutenue en Baltique et dans le grand Nord, où des incursions de sous-marins russes dans les eaux des pays riverains ont été détectées. Elles s'ajoutent à celles de l'aviation russe (deux bombardiers stratégiques Tu-95 accompagnés de chasseurs MiG-31 et de ravitailleurs Il-78 ont apparemment pénétré dans l'espace aérien norvégien le 28 janvier). 

 

Sous-marins du type Ula (© : DR)

Sous-marins du type Ula (© : DR)

 

Face aux manœuvres de leur puissant voisin, les pays nordiques vont devoir renouveler, voire renforcer leurs moyens, afin notamment de faire respecter leur souveraineté. La Suède va, ainsi, faire construire deux nouveaux sous-marins du type A26, qui remplaceront les Västergötland. Quant à la Norvège, aux premières loges de la pression russe sur l’Arctique, sa flotte de surface a été grandement modernisée. Alors que les garde-côtes ont mis en service cinq patrouilleurs hauturiers dans les années 2000 (Svalbard, Harstad, Barentshav, Bergen, Sortland), la construction de nouveaux bâtiments de surveillance arctique est à l’étude pour la marine, dont les forces de surface ont déjà été musclées. Le chantier Vard de Langsten est par exemple en train d’achever un nouveau bâtiment de renseignement, le Marjata, qui après avoir reçu l’ensemble de ses équipements doit être opérationnel en 2016.

 

Les patrouilleurs Svalbard et Barentshav (© : WIKIPEDIA)

Les patrouilleurs Svalbard et Barentshav (© : WIKIPEDIA)

Le nouveau Marjata et son prédécesseur (© : VARD)

Le nouveau Marjata et son prédécesseur (© : VARD)

 

Pour ce qui concerne les unités de combat, en dehors des six patrouilleurs lance-missiles à effet de surface du type Skjold, dont le dernier a été livré en 2013, la Norvège s’est dotée de cinq frégates du type Fridtjof Nansen, réalisées en Espagne par Navantia et mises en service entre 2006 et 2011. Equipés d’importants moyens de détection sous-marine, dont un sonar remorqué (Captas), elles vont mettre en œuvre les nouveaux hélicoptères NH90 (14 exemplaires commandés dont 6 en version ASM). Dans le même temps, les quatre avions de patrouille maritime P-3C Orion, dépendant de l'armée de l'air norvégienne et basés à Andøya, ont été profondément rénovés entre 2008 et 2012 afin de prolonger leur durée de vie et moderniser leurs équipements. 

 

Patrouilleur du type Skjold (© : DCNS)

Patrouilleur du type Skjold (© : DCNS)

Frégate du type Fridtjof Nansen (© : NAVANTIA)

Frégate du type Fridtjof Nansen (© : NAVANTIA)

NH90 norvégien (© : AIRBUS HELICOPTERS)

NH90 norvégien (© : AIRBUS HELICOPTERS)

 

Ne reste désormais plus qu’à remplacer les sous-marins, complément indispensable aux frégates et avions de surveillance maritime pour assurer la surveillance et la protection des eaux norvégiennes contre les intrusions étrangères. Si le gouvernement d’Oslo décide de lancer un nouveau programme, les remplaçants des Ula seront sauf très grosse surprise issus d’un design étranger, les chantiers norvégiens n’ayant pas de compétence dans la conception et la construction de ce type de bâtiments. Parmi les principales options disponibles sur le marché, on devrait retrouver en compétition le Français DCNS et l’Allemand TKMS. Bien qu’à priori mois évidente compte tenu de la rivalité historique entre Norvégiens et Suédois, l’A26, qui fait désormais l’objet d’une coopération entre Saab et le groupe néerlandais Damen, constitue également une possibilité. 

 

Le Scorpene français peut répondre aux besoins norvégiens (© : DCNS)

Le Scorpene français peut répondre aux besoins norvégiens (© : DCNS)