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La pandémie va avoir un effet durable sur la demande en énergie, pense le DNV-GL

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La pandémie va avoir un effet durable sur la demande en énergie, pense le DNV-GL

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Le pic d’émissions de CO2 pourrait avoir été atteint l’an dernier et la demande en énergie pour le secteur des transports ne jamais retrouver des niveaux aussi élevés. Des phénomènes directement liés à l’épidémie de coronavirus, analyse le bureau de classification DNV-GL, dans une note rédigée par le directeur du programme Transition énergétique, Sverre Alvik.

L’analyse prévoit qu’en 2050 la demande en énergie de l’humanité sera de 8% inférieure à celle initiallement prévue. Soit des niveaux proches de ceux de 2018. Cette réduction de la demande en énergie s’explique d’abord par l’amélioration de l’intensité énergétique, mais aussi par la contraction provoquée par le coronavirus. La note souligne que « les changements durables liés à la Covid-19 sont principalement de nature comportementale et incluent l’impact de la pandémie sur le secteur des transports, en particulier l’aviation, mais également la réduction du travail au bureau et le changement dans les habitudes de transport, ce qui va se traduire par une consommation énergétique des transports n’atteignant plus jamais ceux de 2019 ». De plus « la demande de produits manufacturés dans le monde aura besoin de près de quatre ans pour revenir aux niveaux de 2019. La demande en produits manufacturés dans le monde aura besoin de près de quatre ans pour revenir aux niveaux de 2019, et l'industrie sidérurgique à forte intensité énergétique, affectée notamment par la baisse de la demande de nouveaux bureaux, pourrait ne jamais retrouver les niveaux pré-pandémie ».

L’approvisionnement en pétrole pourrait plafonner en 2022. Le DNV-GL pense que ce n’est pas la fin des hydrocarbures pour autant, en particulier du gaz naturel qu’il envisage de voir supplanter le pétrole comme principale source d’énergie dans la décennie à venir. Mais la baisse de l’attrait pour les ressources fossiles pourrait accélérer les investissements vers les énergies renouvelables, même si la pandémie a temporairement ralenti leur expansion.

Au final, les prévisions du bureau de classification tablent sur un pic des émissions de CO2 atteint en 2019. Si cela semble une bonne nouvelle du point de vue du climat, le déclin des émissions n’est pas fortement affecté par la pandémie et les effets à long terme sur le climat limités. Au final, la note estime que la pandémie n’a accordé que moins de deux ans de sursis supplémentaire de « budget carbone » avant d’atteindre 2 degrés de réchauffement. Il pointe que nous ne sommes toujours pas en phase avec les objectifs de l’Accord de Paris sur le climat.

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