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La Perle va récupérer le massif du Saphir
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La Perle va récupérer le massif du Saphir

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La cannibalisation de l’ancien sous-marin nucléaire d’attaque Saphir pour réparer la Perle, bâtiment de la même série gravement endommagé en juin dernier, ne se limitera pas au prélèvement de la partie avant de sa coque. Le massif du Saphir va également connaitre une seconde vie sur la Perle. C’est ce qu’a confirmé à Mer et Marine l’ingénieur général Guillaume de Garidel, directeur central du service de soutien de la flotte (SSF). Une décision logique puisque la section concernée couvre deux des quatre tranches du sous-marin (Charly et Delta), la découpe de la coque allant intervenir en arrière du massif, constitué d’une armature métallique, de panneaux de revêtement et des supports de mâts.

 

(© NAVAL GROUP

(© NAVAL GROUP)

 

L’essentiel des équipements, dont ceux du PCNO préservés des flammes

L’incendie qui a ravagé la Perle le 12 juin dernier s’est déroulé alors que le plus récent des six SNA du type Rubis, mis en service en 1993, réalisait son ultime arrêt technique majeur (appelé IPER) à Toulon. Il était en cale sèche depuis janvier pour ce chantier intervenant tous les 7/8 ans et visant à recharger une dernière fois son cœur nucléaire, vérifier sa coque et es équipements, traiter les obsolescences et moderniser certains systèmes. Le tout, en vue de son maintien en activité jusqu’en 2029. Par chance, le sous-marin était quasiment vidé de ses équipements, jusqu’à ses tubes lance-torpilles, mâts et sonars, lorsque le sinistre a éclaté. « Comme à chaque IPER de sous-marin, la très grande majorité des équipements est débarquée pour des visites en ateliers afin de leur redonner du potentiel et permettre d’accéder à la coque pour la contrôler. Nous étions dans ce cas en juin, ce qui a permis de préserver l’essentiel des équipements, qui pourront être remontés à bord », explique le patron du SSF. Seuls quelques éléments ont brûlé, dont des armoires électriques, mais rien de crucial. Les systèmes du poste de conduite navigation opération (PCNO), le cœur névralgique du bâtiment, étaient notamment à terre, alors que ce local a fait partie des espaces touchés par l’incendie, que les marins-pompiers ont mis 14 heures à éteindre dans des conditions très difficiles.

 

Le Saphir à son arrivée à Cherbourg en juillet 2019 (© MARINE NATIONALE - NICOLAS FERNANDEZ

Le Saphir à son arrivée à Cherbourg en juillet 2019 (© MARINE NATIONALE - NICOLAS FERNANDEZ)

 

Le choix de récupérer une partie Saphir

Suite au sinistre, dont beaucoup pensaient qu’il serait fatal à la Perle, une expertise a été pilotée par le SSF, avec la Direction Générale de l’Armement (DGA) et Naval Group, qui conçoit, construit et entretien les sous-marins français.

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