Marine Marchande
La pollution du Tanio est confirmée

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La pollution du Tanio est confirmée

Marine Marchande

40 ans plus tard, le pétrolier Tanio, qui a coulé en mars 1980, se manifeste à nouveau. Après plusieurs pollutions constatées en Bretagne Nord ces dernières semaines,  la Cellule plongée humaine et intervention sous la mer (CEPHISMER) de la Marine nationale a réalisé des investigations sur l'épave du navire, située à 25 milles au nord de l'Ile de Batz, par plus de 80 mètres de fond. Déployée à bord du Bâtiment de Soutien et d’Assistance Métropolitain (BSAM) Rhône, la CEPHISMER a mis en œuvre l'un de ses robots sous-marins télé-opérés, le Diomède. L’ensemble des parties extérieures de la coque du Tanio a pu être inspecté en 6 heures d’intervention sous-marine. Deux plongées d’investigations ont permis d’observer quelques minimes fuites intermittentes d’hydrocarbure. Au cours d’une troisième plongée, un échantillon a été prélevé pour analyse par le CEDRE (Centre de Documentation de Recherche et d'Expérimentation sur les pollutions accidentelles des eaux).

 

(MARINE NATIONALE)

(MARINE NATIONALE)

 

Ces fuites proviennent de deux des 15 orifices percés en 1980 pour pomper la cargaison du pétrolier. Les vannes posées sur ces orifices ont été arrachées. La Marine nationale étudie la possibilité d'une intervention ultérieure. En attendant, la surveillance du littoral et des approches maritimes du Finistère-Nord est renforcée, notamment via des observations satellitaires et aériennes régulières.

Pour mémoire, les premiers cas de pollution ont été signalés le 16 novembre au CROSS sur des plages de l’Est du département, à Plougasnou (Saint-Samson et Saint-Jean-du-Doigt). Par la suite, plusieurs dizaines d’oiseaux touchés, morts ou vivants, se sont échoués sur la côte nord bretonne, entre Plouguerneau (Finistère) et le sillon de Talbert (Côtes d’Armor), selon Vigipol, syndicat mixte de protection du littoral breton.

Le Tanio a coulé le 7 mars 1980, faisant 8 disparus sur les 39 membres d’équipage. Le pétrolier s’était brisé en deux au large de l’île de Batz, déversant 10.000 tonnes des 28.600 tonnes qu’il transportait. Seule la partie avant avait été remorquée jusqu’au Havre, tandis que la partie arrière gît par 80 mètres de fond. Des 10.000 tonnes qu’elle contenait, seules 5100 tonnes avaient pu être récupérées.

 

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