Défense
La première frégate indonésienne du type SIGMA 10514 achève ses essais

Actualité

La première frégate indonésienne du type SIGMA 10514 achève ses essais

Défense

Adoptant un design développé par Damen et réalisée en transfert de technologie par le chantier PT PAL de Surabaya, la première des deux nouvelles frégates indonésiennes du type SIGMA 10514 vient d’achever avec succès ses essais en mer.

Construit avec l’aide technique du groupe néerlandais, ce bâtiment, commandé en décembre 2011, a vu deux des six modules constituant sa coque réalisés par le chantier Damen Schelde Naval Shipbuilding de Flessingue, aux Pays-Bas. Ils ont ensuite été expédiés chez PT PAL pour être assemblés aux structures fabriquées localement et dont la première a été mise sur cale en avril 2014. La frégate, mise à l’eau en janvier dernier, doit encore recevoir une partie de son armement.

Alors que le programme prévoit une livraison en 2017, la construction de son sistership est en cours en vue d’une mise en service en 2018.

Plus grandes que les quatre corvettes du type SIGMA 9113 livrées par DSNS entre 2007 et 2009 (90.7 mètres pour 1700 tonnes de déplacement en charge), les nouvelles SIGMA 10514 ont donc été classées dans la catégorie des frégates par l’Indonésie.

Longs de 105.1 mètres pour 14.2 mètres de large, ces bâtiments de 2365 tonnes seront armés par un équipage d’une centaine de marins, les capacités d’hébergement étant de 122 personnes. Capables d’atteindre la vitesse de 28 nœuds et de franchir 5000 milles à 14 nœuds, avec une autonomie de 20 jours en mer, les SIGMA 10514 disposent de deux moteurs diesels de 10.000 kW et deux moteurs électriques de 1300 kW.

 

Panther gréé pour la lutte ASM (© : AIRBUS HELICOPTERS - PATRICK PENNA)

Panther gréé pour la lutte ASM (© : AIRBUS HELICOPTERS - PATRICK PENNA)

 

Les nouvelles frégates indonésiennes pourront mettre en œuvre un canon de 76mm OTO-Melara, un canon de 35mm Oerlikon Millennium, ainsi que 12 missiles surface-air VL Mica, 8 missiles antinavire Exocet MM40 et des torpilles (MU90). Elles sont en outre capables d’embarquer un hélicoptère (hangar et plateforme dimensionnés pour une machine de 10 tonnes), l’Indonésie ayant commandé en 2014, à Airbus Helicopters, 11 AS565 MBe Panther gréés pour la lutte anti-sous-marine avec un sonar trempé HELRAS développé par L3 Communications et un système de lancement de torpille.

Côté électronique, les nouvelles SIGMA adoptent pour l’essentiel du matériel Thales, qui fournira et intègrera un système de combat Tacticos, un radar de surveillance SMART-S, une conduite de tir STIR 1.2 Mk2, un sonar Kingklip, ainsi que les liaisons de données tactiques, les communications et systèmes de navigation. 

 

Les corvettes KRI Sultan Iskandar Muda du type Sigma et Silas Papare du type Parchim (© : US NAVY)

Les corvettes KRI Sultan Iskandar Muda du type Sigma et Silas Papare du type Parchim (© : US NAVY)

 

Une marine qui monte en puissance

Plus grand Etat archipélagique du monde, avec un territoire composé de 17.000 îles, l’Indonésie continue donc de renforcer sa marine afin de protéger son gigantesque espace maritime. Non seulement pour ses ressources propres et y faire valoir sa souveraineté, mais aussi pour assurer la sécurisation des routes maritimes, essentielles à l’exportation des ressources agricoles (huile de palme, caoutchouc, cacao, café…) et naturelles (charbon, pétrole, gaz) que ce pays de 250 millions d’habitants exploite. Alors que le président Joko Widodo (Jokowi), élu en octobre 2014, a affiché sa volonté de développer l’activité maritime du pays, l’Indonésie fait face à différents enjeux. D’abord, elle doit protéger ses eaux, au moment où la piraterie reprend de la vigueur dans la région. Elle fait également face à des tensions parfois vives avec ses voisins au sujet de revendications territoriales sur différentes îles.

 

La frégate John Lie, du type F2000 (© : US NAVY)

La frégate John Lie, du type F2000 (© : US NAVY)

 

Les trois frégates du type F2000 en service

C’est dans cette perspective que ses forces navales sont modernisées et voient leurs capacités offensives renforcées. En plus des SIGMA, l’Indonésie a également acquis les trois frégates du type F2000 initialement commandées au groupe britannique BAE Systems par le sultanat de Brunei. Achevés en 2003 et 2004 par le chantier de Scotsound, ces bâtiments avaient été finalement refusés par le client d’origine, le petit Etat pétrolier situé sur l’île de Bornéo se rendant compte qu’ils étaient trop grands et complexes pour lui. Contraint de les accepter provisoirement en 2007 à l’issue d’une procédure en litige, Brunei avait confié à Lürssen le soin de revendre ces frégates, en marge d’un nouveau contrat portant sur trois OPV de 80 mètres et quatre patrouilleurs de 41 mètres, mieux adaptés aux besoins du pays et livrés par le constructeur allemand entre 2009 et 2011.

 

La frégate John Lie, du type F2000 (© : US NAVY)

La frégate John Lie, du type F2000 (© : US NAVY)

 

Au final, les trois frégates ont été reprises en 2014 par l’Indonésie. Longs de 95 mètres et affichant un déplacement de 2000 tonnes en charge, les KRI John Lie, KRI Aaron et KRI Bung Tomo peuvent mettre en oeuvre 8 missiles antinavire Exocet MM40, un système surface-air VL Mica, un canon de 76mm et 6 tubes lance-torpilles.

 

Le Nanggala, du type 209/1300 (© : US NAVY)

Le Nanggala, du type 209/1300 (© : US NAVY)

 

Trois nouveaux sous-marins commandés

En dehors de ces frégates, l’Indonésie, qui dispose de deux vieux sous-marins du type 209/1300 allemands, datant de 1981, a également commandé en 2011 au chantier sud-coréen DSME trois nouvelles unités du type 209/1400 (classe Chang Bogo), dont la tête de série doit être mise en service vers 2018.

 

Le KRI Spica (© : MICHEL FLOCH)

Le KRI Spica (© : MICHEL FLOCH)

 

Deux bâtiments océanographiques réalisés en France

La marine indonésienne a, dans le même temps, décidé de muscler sa flotte hydro-océanographique car cette capacité est un moyen de mieux connaitre et faire reconnaitre son territoire. Une meilleure connaissance des fonds marins est aussi nécessaire pour en déceler et en apprécier le potentiel, tout en favorisant le développement des activités maritimes. Et puis il y a un intérêt militaire opérationnel puisqu’une bonne cartographie est essentielle pour les manœuvres des sous-marins. C’est pourquoi deux bâtiments océanographiques de 60 mètres ont été commandés au chantier français Ocea. Du type OSV 190 SC-WB, les KRI Rigel et KRI Spica ont été livrés en 2015. 

 

Damen | Toute l'actualité du constructeur naval néerlandais