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La première FREMM italienne en impose

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La première FREMM italienne en impose

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Lancé en juillet 2011 au chantier Fincantieri de Riva Trigoso, le Carlo Bergamini, tête de série des frégates multi-missions (FREMM) italiennes, poursuit ses essais en vue d'être livré à la Marina militare. Ce très beau bâtiment, qui a réalisé en octobre dernier sa première sortie en mer, présente des lignes rappelant clairement celles des frégates franco-italiennes du type Horizon, dont deux exemplaires ont été réalisés par les chantiers transalpins, l'Andrea Doria et le Caio Duilio. En définitive, les FREMM italiennes représentent une version compacte des Horizon. Plus petit, avec une longueur de 140 mètres pour un déplacement de 6000 tonnes (contre 153 mètres et 7000 tonnes pour les Horizon), le Carlo Bergamini est présente donc une architecture assez dense pour un bâtiment qui, vu en mer, en impose.

L'Andrea Doria (© : MARINA MILITARE)
L'Andrea Doria (© : MARINA MILITARE)

Le Carlo Bergamini (© : FINCANTIERI)
Le Carlo Bergamini (© : FINCANTIERI)

Le Carlo Bergamini (© : FINCANTIERI)
Le Carlo Bergamini (© : FINCANTIERI)

Le Carlo Bergamini (© : FINCANTIERI)
Le Carlo Bergamini (© : FINCANTIERI)

Une version compacte des Horizon

Dotées comme leurs aînées du système de combat SEIS conçu par DCNS et Finmeccanica, elles adoptent, pour l'essentiel, les mêmes équipements. Cela permettra à la Marina militare de disposer d'un corps de bataille homogène, notamment au niveau du système de combat, similaire sur les Horizon, les FREMM mais aussi le Cavour, nouveau porte-aéronefs de la flotte italienne. Sur le Carlo Bergamini, comme sur les Horizon, un radar de veille tridimensionnel et de conduite de tir EMPAR domine une imposante mâture surplombant la passerelle. Il s'agit de la nouvelle version (EMPAR NG) du radar développé par l'Italien Selenia. En revanche, contrairement aux Horizon, le Carlo Bergamini n'embarque pas de radar à longue portée S1850 M. On retrouve en revanche la même conduite de tir pour l'artillerie (deux CT NA-25 XP), ou encore deux brouilleurs RECM conçus par Thales et Eletronicca.

Le Carlo Bergamini (© : FINCANTIERI)
Le Carlo Bergamini (© : FINCANTIERI)

Comme l'Andrea Doria et le Caio Duilio, la nouvelle frégate italienne compte un second mât, très élevé, accueillant différents systèmes de communication et de guerre électronique. Côté armement, les ressemblances sont également frappantes. Sur la plage avant, des lanceurs verticaux Sylver (DCNS) permettent la mise en oeuvre de 16 missiles Aster 15, destinés uniquement à l'autodéfense, alors que les Horizon, conçues pour la défense aérienne de zone, disposent en plus de 32 missiles Aster 30, de plus grande portée. La dotation en missiles antinavire reste la même, soit 8 Otomat Mk2 (MBDA). Comme les Andrea Doria, le bâtiment est également équipé de deux canons de 25mm OTO-Melara et de tubes lance-torpilles pour MU90 (Eurotorp - DCNS, Thales, WASS). Au niveau de l'artillerie, alors que les Horizon italiennes comptent trois tourelles de 76mm OTO-Melara, soit deux à l'avant et une à l'arrière, on trouve sur le Carlo Bergamini une pièce de 76mm sur le toit du hangar et une seule tourelle à l'avant. Mais celle-ci est d'un calibre supérieur, de 127mm, afin notamment de permettre à la frégate d'effectuer des tirs à grande distance contre des cibles terrestres.

Le Carlo Bergamini (© : FINCANTIERI)
Le Carlo Bergamini (© : FINCANTIERI)

Le Carlo Bergamini (© : FINCANTIERI)
Le Carlo Bergamini (© : FINCANTIERI)

Une version polyvalente et une variante ASM

Le Carlo Bergamini est en effet la première unité de la version « polyvalente » (ou multi-rôles) de la FREMM italienne. A ce titre, le bâtiment dispose, notamment, de capacités particulières dans le domaine de l'action vers la terre, avec par exemple sa tourelle de 127mm, mais aussi un système de mise à l'eau d'embarcations commando par le tableau arrière. Sur l'autre variante de la FREMM italienne, celle dédiée à la lutte anti-sous-marine, ce dispositif est remplacé par un sonar remorqué à immersion variable Captas 4229, complétant le sonar de coque 4110, tous deux fournis par Thales. La version ASM verra, en outre, sa dotation en Otomat limitée à quatre munitions, mais embarquera quatre Milas, missiles anti-sous-marins alliant Otomat et MU90. Enfin, les frégates ASM auront une tourelle de 76mm sur la plage avant, en lieu et place de la pièce de 127mm embarqué pour le Carlo Bergamini. On notera que pour toutes les FREMM italiennes, les capacités aéronautiques seront importantes. Conçues pour embarquer le nouvel hélicoptère NH90, qui pourra mettre en oeuvre le sonar trempé FLASH, la torpille MU90 et le missile antinavire Marte Mk2, les frégates disposeront d'un double hangar capable d'accueillir deux hélicoptères (et/ou des drones).
Côté motorisation, le Carlo Bergamini développe une puissance de 43.520 cv, lui permettant d'atteindre la vitesse de 27 noeuds, avec une autonomie de 6000 milles à 15 noeuds. Diesel-électrique, la propulsion offre une grande souplesse et se montre particulièrement silencieuse à faible et moyenne vitesses, ce qui constitue un atout majeur pour la chasse aux sous-marins. Les machines comprennent quatre diesels-générateurs Isotta-Fraschini, deux moteurs électriques de propulsion Jeumont, ainsi qu'une turbine à gaz Avio (LM2500 +G4).

Le Carlo Bergamini (© : FINCANTIERI)
Le Carlo Bergamini (© : FINCANTIERI)

Le Carlo Bergamini (© : FINCANTIERI)
Le Carlo Bergamini (© : FINCANTIERI)

Le Carlo Bergamini (© : FINCANTIERI)
Le Carlo Bergamini (© : FINCANTIERI)

Un programme franco-italien géré par l'OCCAR

En tout, l'Italie a commandé jusqu'ici 6 FREMM. Après le Carlo Bergamini, les quatre frégates suivantes seront à vocation ASM, les trois premières devant être baptisées Virginio Fasan, Carlo Margottini et Luigi Rizzo. La sixième, comme la tête de série, sera en version polyvalente. Pour la suite, des incertitudes pèsent toujours sur les quatre dernières FREMM en raison des difficultés financières rencontrées par l'Italie.
Lancé en 2005, FREMM est pour mémoire le plus grand programme naval européen. Mené par la France et l'Italie, il est géré par l'Organisation conjointe de coopération en matière d'armement (OCCAR). On notera que, contrairement à Horizon, qui avait rencontré un certain nombre de difficultés, le programme FREMM est plus limité en termes de coopération. Français et Italiens se sont surtout contentés d'acheter en commun certains équipements, comme la propulsion et une partie de l'armement et de l'électronique, de manière à réduire les coûts d'acquisition. Mais, au final, les frégates sont très différentes d'un pays à l'autre. Ainsi, la FREMM française dispose d'un système de combat de nouvelle génération, le SETIS, d'un radar multifonctions Herakles en lieu et place de l'EMPAR, ou encore de missiles de croisière Scalp Naval. Mais la version tricolore ne disposera pas du Milas et ne pourra embarquer qu'un hélicoptère.

L'Aquitaine, première FREMM française (© : DCNS)
L'Aquitaine, première FREMM française (© : DCNS)

Fincantieri marine italienne