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Lancement de la première Gowind construite en Egypte

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Sistership de l’Elfateh, livrée par le site Naval Group de Lorient il y a un an à la marine égyptienne, la corvette Port Said a été lancée hier matin à Alexandrie. Il s’agit de la première des trois unités du type Gowind réalisées localement, en transfert de technologie avec le soutien de l’industriel français, qui assiste Alexandria Shipyard dans la construction de ces bâtiments.

 

Avant la mise à l'eau (© NAVAL GROUP)

Avant la mise à l'eau (© NAVAL GROUP)

La corvette Port Said à l'eau (© ARMEE EGYPTIENNE)

La corvette Port Said à l'eau (© ARMEE EGYPTIENNE)

Vidéo du lancement du Port Said (© NAVAL GROUP)

Vidéo du lancement et de la construction du Port Said (© ARMEE EGYPTIENNE)

 

C’est en avril 2016 que la découpe de la première tôle du Port Said a débuté. Alors que ses deux sisterships sont maintenant en chantier, la seconde Gowind égyptienne est maintenant en achèvement à flot. Avant son lancement, la coque a été équipée de son mât intégré modulaire PSIM (Panoramic Sensors and Intelligence Module). Cet ensemble réalisé d’un seul bloc regroupe la mâture avec l’essentiel des senseurs (dont un radar SMART-S) et moyens de communication, le Central Operation ainsi que les locaux techniques associés. Produit par Naval Group à Lorient, les PSIM sont ensuite acheminés par cargo vers l'Egypte pour être intégrés sur les coques réalisées localement. Celui du la seconde Gowind construite en Egypte a, ainsi, été embarqué en juillet pour être convoyé depuis la Bretagne vers l’Egypte. 

 

Chargement d'un PSIM à Lorient en juillet (© MER ET MARINE)

Chargement d'un PSIM à Lorient en juillet (© MER ET MARINE)

 

Doté du système de combat SETIS, ces bâtiments mesurent 102 mètres de long pour une largeur de 16 mètres et un déplacement de 2600 tonnes en charge. Equipées d’une propulsion diesel-électrique (deux diesels MTU et deux moteurs électriques Leroy-Somer), avec une puissance de 10 MW, les corvettes affichent une vitesse maximale de 25 nœuds, l’autonomie étant de 4500 milles à 15 nœuds (au lieu des 3700 initialement annoncés). Armées par un équipage de 65 marins, elles offrent des logements pour 15 personnels supplémentaires, pouvant constituer le détachement aérien et/ou une unité de forces spéciales. Les Gowind sont conçues pour pouvoir embarquer un hélicoptère de 10 tonnes, complétant les moyens de lutte antinavire et anti-sous-marine.

 

L'Elfateh avec la frégate française Courbet (© MARINE NATIONALE)

L'Elfateh avec la frégate française Courbet (© MARINE NATIONALE)

 

L’Elfateh et ses sisterships peuvent mettre en œuvre un système surface-air VL Mica (16 missiles), 8 missiles antinavire Exocet MM40 Block 3, une tourelle de 76mm, deux canons de 20mm et des tubes lance-torpilles. Les corvettes disposent d’un sonar de coque de la famille Kingklip, ainsi qu’un sonar remorqué Captas 2.

Pour le moment, la série égyptienne comprend donc quatre bâtiments mais les discussions se poursuivent entre Paris et Le Caire pour la commande de deux unités supplémentaires, qui font l’objet d’une option au contrat signé en 2014 et devraient si elles voient le jour être construites à Lorient, comme l’Elfateh. Un projet qui serait néanmoins concurrencé, aujourd’hui, par une offre alternative proposée par le groupe allemand TKMS. Ce dernier est pour mémoire également fournisseur de la marine égyptienne, pour laquelle il construit quatre nouveaux sous-marins du type 209/1400, dont les deux premiers exemplaires (S41 et S42) ont été livrés en 2016 et 2017. Une position privilégiée puisque de nombreux pays s’étaient opposés à la vente de sous-marins à l’Egypte, qui peinait à trouver un fournisseur, jusqu’à ce que Berlin donne son feu vert. On ne sait pas précisément si les corvettes allemandes constituent une menace réelle pour les Gowind françaises ou s’il s’agit simplement d’une manœuvre du Caire, procédé courant dans ce genre de négociations, pour faire baisser les prix. Toujours est-il que pour éviter de perdre ces bateaux, le gouvernement français devra probablement mettre tout son poids dans la balance. Le sujet n’est d’ailleurs pas sans incidences sur le plan national puisque la commande rapide de deux Gowind par l’Egypte permettrait de solutionner le creux de charge qui s’annonce à Lorient en attendant la montée en puissance du programme des frégates de taille intermédiaire (FTI).

 

L'Elfateh (© NAVAL GROUP)

L'Elfateh (© NAVAL GROUP)

 

En dehors de l’Egypte, on rappellera que Naval Group a également vendu six Gowind à la Malaisie. Le premier de ces bâtiments, construits en transfert de technologie par Boustead, est en achèvement à flot et devrait réaliser ses essais en mer l’année prochaine.

La France continue par ailleurs de négocier avec les Emirats Arabes Unis en vue de la signature d’un contrat portant sur deux à quatre Gowind. La corvette française est également proposée à d’autres pays, notamment le Brésil (projet Tamandaré), la Colombie et le Pérou.

 

Le modèle malaisien (© NAVAL GROUP)

Le modèle malaisien (© NAVAL GROUP)

La version proposée à la Colombie (© NAVAL GROUP)

La version proposée à la Colombie (© NAVAL GROUP)

Naval Group (ex-DCNS)