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La rade de Toulon en état de siège

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La rade de Toulon en état de siège

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BPC, TCD, chalands de débarquement chargés d'hommes et de chars, frégates, avisos, sous-marin, avions de chasse et hélicoptères... La Marine nationale a sorti le grand jeu, la semaine dernière, pour démontrer l'intérêt des moyens navals dont sont dotées les armées françaises. Devant 400 représentants de la société civile et militaire, une reconstitution grandeur nature d'une opération d'évacuation, du type de celle menée à l'été 2006 au Liban, s'est déroulée en rade de Toulon. Baptisée « Ecume Eternelle », ces manoeuvres ont rassemblé de très importants moyens et ont permis de détailler toutes les facettes d'une telle action. Pour l'occasion, un scénario réaliste a été mis au point. Un pays fictif, « Terrebrune », est victimes de graves troubles. Des milices rebelles font régner un climat d'insécurité et déstabilise le pouvoir en place et l'armée régulière, d'autant qu'elles se sont emparées d'un escadron d'avions de chasse, d'un sous-marin, et de deux ou trois navires de surface. Dans ces conditions, la France décide d'évacuer les ressortissants occidentaux, victimes d'exactions.
Le décor planté, les différentes unités vont progressivement se déployer. Comme dans la réalité, l'action est interarmées et démontre la nécessité de disposer d'une panoplie complète de moyens pour faire face à toutes les situations.

Contrer les menaces à terre, dans le ciel, sur l'eau et sous la mer

Ainsi, les nageurs de combat du commando Hubert assurent d'abord le balisage et la reconnaissance du terrain ; les troupes d'infanterie se mettent en place, appuyées par les hélicoptères de l'armée de terre et de l'air ; le personnel et les matériels sont débarqués à terre grâce aux moyens amphibies de la Marine, le bâtiment de projection et de commandement (BPC) Mistral étant au coeur du dispositif. Alors que les troupes françaises prennent d'assaut les plages de Terrebrune, l'exfiltration de 400 ressortissants, en l'occurrence les invités, peut débuter sous la protection des forces françaises. En l'air, la chasse de l'aéronautique navale (Rafale, Super Etendard) et de l'armée de l'Air (Mirage 2000) assure la maîtrise du ciel et appuie les troupes au sol. Alors que des avions de patrouille maritime surveillent le littoral, le danger est aussi en mer. Pour contrer le submersible détenu par les rebelles, les frégates anti-sous-marines montent la garde, alors qu'une frégate antiaérienne se prépare à repousser une attaque venue du ciel ou du ras des flots, si un missile surgit à l'horizon. Dans le même temps, une frégate furtive, embusquée au large, est prête à détruire tout navire ennemi qui tenterait de s'en prendre à la force d'exfiltration. Et puis, pour assurer le soutien indispensable de cette flotte, en arrière, un pétrolier ravitailleur fourni vivres, combustible et munitions aux bâtiments de combat.

Une chaîne où tous les maillons sont indispensables

En complément de ces démonstrations très guerrières mais parfaitement en phase avec des situations réelles, la thématique de la sauvegarde maritime a également été abordée. Les missions de sauvetage en mer ont été illustrées avec le largage d'un radeau et de matériel de survie par un Falcon 50. Une démonstration de lutte contre la pollution a vu l'intervention du navire spécialisé Ailette, qui a déployé barrages flottants et pompes d'aspiration. Enfin, la lutte contre les trafics illicites et le narcotrafic n'a pas été oubliée, d'autant que la marine s'est illustrée dans ce domaine en interceptant près de 7 tonnes de drogue depuis le 29 janvier. La démonstration a porté sur l'identification d'une embarcation de trafiquants par un hélicoptère Panther, qui embarquait un tireur d'élite, puis son interception par les commandos marine.
Organisée dans le cadre des Journées de Présentation de la Marine, qui se déroulent tous les ans, Ecume Eternelle démontre qu'une intervention d'ampleur nécessite une somme de moyens spécifiques. Ainsi, sans chasse embarquée, pas de maîtrise du ciel, sans frégate anti-sous-marine, pas de défense contre les submersibles et sans flotte logistique, pas de déploiement durable envisageable. De la même manière, l'aspect interarmées apparaît aujourd'hui fondamental. Ainsi, il ne servirait par exemple à rien de disposer de BPC flambant neufs, si les forces terrestres ne pouvaient y embarquer des matériels performants, chars comme hélicoptères. Pour reprendre les propos d'un officier de l'armée de Terre : « Les armées sont un ensemble de moyens étroitement imbriqués, comme les maillons d'une chaîne. Si l'un manque, c'est l'ensemble qui est fragilisé et mis en danger ». A quelques semaines de la publication du Livre Blanc sur la Défense, il était peut être bon de le rappeler.
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