Défense
La réalité augmentée pour  la maintenance à la mer des bâtiments militaires

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La réalité augmentée pour la maintenance à la mer des bâtiments militaires

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Dans l’un des grands ateliers du site Naval Group de Lorient, les anneaux de la future frégate Lorraine s’enchainent, en cours d’armement en vue de rejoindre la forme de construction où l’assemblage du bâtiment a récemment débuté. Dans l’un de ces blocs en stade final d’équipement, un premier-maître de la Marine nationale, équipé de lunettes de réalité augmentée, parcoure le futur local. Ce qu’il voit est transmis en direct sur un écran. Devant ses yeux, se superposent à la réalité les informations dont il a besoin en fonction de la raison pour laquelle il se trouve ici. Fermer un système de vannes, vérifier l’état d’un équipement… Tuyaux, câblage et machines apparaissent en surimpression sur son champ visuel. D’un mouvement des doigts, il peut accéder à un éclaté, des données techniques, ou encore un tutoriel sous forme de vidéo pour être sûr des bons gestes à adopter lors de l’intervention. Les lunettes lui indiquent même le chemin vers l’installation nécessitant sa présence. Le tout, avec une précision impressionnante de la superposition en direct des images réelles et virtuelles, malgré les mouvements et où qu’il tourne la tête.

 

Dans l'un des anneaux pré-armés allant constituer la coque de la future Lorraine (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Dans l'un des anneaux pré-armés allant constituer la coque de la future Lorraine (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Les lunettes sont des HoloLens de Microsoft (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Les lunettes sont des HoloLens de Microsoft (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

Vision de l'opérateur utilisant les lunettes de réalité augmentée (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Vision de l'opérateur utilisant les lunettes de réalité augmentée (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

« Nous utilisons déjà la réalité augmentée dans le processus de construction des navires, en particulier pour l’aide au montage et le contrôle de ces montages. La réalité augmentée permet de superposer au champ visuel une image 3D du local ou d’une installation. On va ainsi comparer les attendus techniques à ce qui est réellement monté. Cela fonctionne très bien et suite à ce succès, nous avons eu l’idée de proposer cette technologie à la Marine nationale pour aider les équipages lorsqu’ils ont besoin d’effectuer des maintenances d’installations à la mer. Ce système peut être particulièrement utile pour des opérations complexes ou à risques, car il permet d’assister l’opérateur dans des tâches sensibles de la manière la plus sécurisée possible, même si celui qui intervient n’est pas un expert », explique Christian Le Gac, de Naval Group. Ce système permet aussi d’offrir un suivi numérique de l’ensemble des procédures. « Le marin peut prendre des photos et remplir directement le rapport d’intervention. Le PC Navire pourra même suivre l’intervention en temps réel si le bâtiment est équipé d’un réseau sans fil ».

Cette présentation aux marins, mercredi dernier, s’inscrivait dans le cadre des Naval Innovation Days qui se sont déroulés à Lorient les 22 et 23 mai. Sur la passerelle qui surplombe l’anneau de la Lorraine, le commandant adjoint navire de la frégate Normandie, qui sera livrée en juillet à la Marine nationale, assistait à la démonstration. Et semblait convaincu : « pour nous, l’intérêt d’un tel système est de pouvoir confier des opérations complexes à du personnel peu qualifié sans forcément y associer un gradé. Surtout qu’avec les frégates de nouvelle génération, nous avons réduit d’un tiers les équipes de maintenance. Nous sommes passés de 9 à 6, avec un brevet supérieur au lieu de 3 auparavant. En plus, remplir en temps réel le rapport d’intervention constituerait un gros gain de temps ».

Pour l’heure, la Marine nationale n’a pas acté l’embarquement d’un tel dispositif à bord de ses bâtiments. Mais l’idée semble faire son chemin et va, de toute façon, dans le sens de l’histoire. Même s’il faudra prendre garde à ce que de tels dispositifs d’assistance ne se traduisent pas non plus par des pertes de compétences, ce qui est souvent le problème quand l’humain se repose trop sur la machine.

 

Naval Group (ex-DCNS) Marine nationale