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La refonte des SNLE français s'achève

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Lancé en 2010, le programme de refonte des trois premiers sous-marins nucléaires lanceurs d’engins du type Le Triomphant entre dans sa phase finale. Après quasiment 20 mois de cale sèche dans le bassin 8 de la base navale de Brest, Le Téméraire, dernier bâtiment à bénéficier de cette modernisation, a été remis à l’eau. Assisté par trois remorqueurs et plusieurs pousseurs, l’imposant bâtiment de 138 mètres de long a été transféré le 20 juillet vers l’Ile Longue, où les travaux s’achèveront d’ici la fin de l’année. C’est d’ailleurs là qu’ils avaient débuté, avec notamment le retrait des éléments combustible de la chaufferie nucléaire et le débarquement des 16 anciens missiles balistiques M45. Le SNLE était ensuite parti pour Brest, où il était entré en cale sèche le 7 décembre 2016.

 

Le Téméraire sortant du bassin 8 le 20 juillet (© : MARINE NATIONALE)

Le Téméraire sortant du bassin 8 le 20 juillet (© : MARINE NATIONALE)

 

 

Vidéo de la sortie du Téméraire (© : MARINE NATIONALE)

Le Téméraire remorqué à l'Ile Longue le 20 juillet (© : MARINE NATIONALE)

Le Téméraire remorqué à l'Ile Longue le 20 juillet (© : MARINE NATIONALE)

 

En juillet de la même année, Le Triomphant avait pour mémoire réintégré le cycle opérationnel de la Force océanique stratégique (FOST) après un tir réussi de missile balistique M51. Il s’agissait du second SNLE de la série à être refondu, le premier étant Le Vigilant, sur lequel ce chantier a été mené à bien en 2013.

IPER et adaptation au missile M51

Respectivement mis en service en 1996, 1999 et 2004, Le Triomphant, Le Téméraire et Le Vigilant ont été adaptés à la mise en œuvre du M51, qui a succédé au M45 dont ils étaient dotés depuis l’origine. Dernier sous-marin de la série, Le Terrible, entré en flotte en 2010, a été nativement équipé de cette nouvelle arme nucléaire intercontinentale, mais aussi d’un système de combat de nouvelle génération, le SYCOBS, ainsi que de nouveaux senseurs, en particulier au niveau des sonars.

 

Le Terrible, juste avant sa mise à l'eau à Cherbourg en 2008 (© : NAVAL GROUP)

Le Terrible, juste avant sa mise à l'eau à Cherbourg en 2008 (© : NAVAL GROUP)

 

Afin de gagne du temps et de l’argent, mais aussi éviter tout impact dans le cycle opérationnel des SNLE, chargés d’assurer la permanence de la dissuasion, l’adaptation des trois premiers Triomphant, sur la base des évolutions intégrées sur Le Terrible, a été réalisée à l’occasion de leur indisponibilité périodique pour entretien et réparations (IPER). Cet arrêt technique majeur intervient tous les 9/10 ans afin de recharger le cœur nucléaire, visiter l’ensemble des systèmes embarqués, traiter les obsolescences et rénover différents systèmes. C’est pourquoi ce chantier a été baptisé IPER/Adaptation puisqu’il mêle les travaux habituels de l’arrêt technique avec les interventions liées à la refonte.  C’est ce qui explique aussi que les sous-marins n’ont pas été traités dans l’ordre de leur mise en service mais dans celui lié au programme de maintenance.

4 millions de travail pour un chantier colossal

L’IPER/Adaptation se déroule sous la maîtrise d’ouvrage conjointe de la Direction Générale de l’Armement (DGA) pour la partie adaptation et du Service de Soutien de la Flotte (SSF) pour l’IPER. La maîtrise d’œuvre, avec la conduite des travaux, est quant à elle assurée par Naval Group.

1.3 million de pièces approvisionnées, plus de 140 kilomètres de câble passés, 60 tonnes de carlingages soudées, 45.000 éléments débarqués dont 15.000 matériels visités dans les ateliers du site Naval Group de Brest puis remontés et testés… Lors de son passage en cale sèche, Le Téméraire a été littéralement vidé. « C’est un chantier titanesque pour un bateau extrêmement complexe puisqu’il faut se rappeler qu’un SNLE est considéré comme l’objet le plus compliqué construit par l’homme. Il a mobilisé lors des phases de pics jusqu’à 1100 personnes dans un espace extrêmement réduit. Nous avons mobilisé nos équipes brestoises, mais aussi des personnels venus d’autres sites pendant les 20 mois, comme Cherbourg, Nantes-Indret, Ruelle, Lorient et Saint-Tropez, ainsi que de nombreux sous-traitants, puisque plus de 45 entreprises du Grand Ouest ont été impliquées. L’ensemble représente 4 millions d’heures de travail », détaille Eric Balufin, directeur du site brestois de Naval Group.

 

Eric Balufin (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Eric Balufin (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Maintenir la crédibilité de la dissuasion

4 millions d’heures de travail pour maintenir la crédibilité de la dissuasion nucléaire française, dont la composante océanique est un outil que seuls quelques pays dans le monde sont capables de construire, opérer et entretenir. « Au même titre que la conception et la construction des SNLE, la capacité à pouvoir assurer leur maintien en condition opérationnelle et, au fil de leur vie, leur modernisation, représentent des savoir-faire essentiels pour garantir la crédibilité de la dissuasion », souligne Jean-Yves Bruxelles, directeur du SSF à Brest.  

La refonte des SNLE vise donc à maintenir leurs capacités au meilleur niveau mondial. « Ce chantier permet non seulement de redonner du potentiel à chaque bâtiment pour 10 ans mais aussi d’associer la crédibilité de la dissuasion via une modernisation tenant compte d’un environnement stratégique en évolution constante », rappelle Maxime Portier, ingénieur en chef à l’unité Cœlacanthe de la DGA.

Intégrer des missiles 50% plus lourds

Avec donc, pour commencer, un nouveau missile balistique, le M51, qui a définitivement succédé au M45, mis en service en 1996 avec Le Triomphant et qui a effectué sa dernière patrouille en 2016 avec Le Téméraire. Chaque sous-marin peut embarquer 16 missiles, répartis en deux lots de 8 armes abrités dans deux compartiments séparés. Alors que le M45 mesurait 11 mètres de long pour 1.93 mètres de diamètre et affichait une masse de 35 tonnes, le M51 est nettement plus gros, soit 12 mètres de long, 2.3 mètres de diamètre et un poids de 54 tonnes. Une différence de gabarit qui s’explique par le fait que le nouveau missile français, qui dispose de trois étages et comme carburant de propergol solide, affiche une portée donnée à 9000 kilomètres, contre 6000 pour son aîné. Cela permet à la France de pouvoir atteindre n’importe quel pays de la planète qui l’attaquerait ou s’en prendrait à ses intérêts stratégiques.

 

Tir de M51 depuis un SNLE (© : DGA)

Tir de M51 depuis un SNLE (© : DGA)

 

Evidemment, remplacer les M45 par des M51 n’a pas été une mince affaire sur le plan technique, en particulier en matière de gestion de la masse, cruciale sur un sous-marin. « Pour permettre d’accroître la portée, la masse du M51 est environ 50% supérieure à celle du M45. Il y a eu beaucoup de travaux pour respecter les poids, le lest permanent du sous-marin est adapté, de même que la gestion de l’équilibre après le départ des missiles ».

Heureusement, rappelle le capitaine de vaisseau Christian Houette, commandant de l’escadrille des SNLE, « ces bâtiments ont anticipé dès leur conception l’embarquement de missiles plus gros ». Alors que le diamètre des Triomphant est de 12.5 mètres, les tubes externes, qui sont une extension de la coque épaisse se prolongeant à l’intérieur du sous-marin (avec le même type d’acier ultrarésistant autorisant des plongées à grande profondeur) étaient ainsi suffisamment vastes, dès l’origine, pour accueillir des M51. Ce sont les tubes internes, qui servent d’interface et de support aux missiles, qui ont été remplacés, ces équipements étant fournis par CNIM. Leur environnement a également été modifié. Systèmes électriques, pneumatiques, hydrauliques, liaisons des missiles avec le bâtiment pour leur mise en oeuvre… « Il a fallu adapter les locaux et systèmes de la tranche missiles, qui a l’exception des tubes externes a été quasiment refaite », note Eric Balufin.

 

Différence de taille entre le M45 et le M51 (© : MARINE NATIONALE)

Différence de taille entre le M45 et le M51 (© : MARINE NATIONALE)

 

Nouvelles têtes nucléaires

La modernisation de la dissuasion passe non seulement par de nouveaux vecteurs, mais aussi par de nouveaux armements. A cet effet, les nouvelles têtes nucléaires océaniques (TNO) d’une puissance de 100 kilotonnes ont remplacé les anciennes TN 75 de 110 kt. Cette évolution correspond au standard M51.2, entré en service en 2016 avec Le Triomphant suite à sa refonte. Tous les SNLE en sont maintenant équipés, sachant que la France dispose de trois lots de 16 missiles M51 que se partagent ses quatre sous-marins stratégiques. Il n’y en a pas quatre puisque l’un des bâtiments est presque toujours en IPER, ce chantier entrainant une immobilisation d’environ trois ans, alors qu’au moins un SNLE est en permanence en patrouille. Les lots de missiles circulent donc d’un bateau à l’autre au fil des arrêts techniques.

On rappellera que l’arsenal nucléaire français, tel que détaillé par François Hollande en 2015, comprend 300 têtes nucléaires, regroupées pour l’essentiel au sein des SNLE de la FOST. Celle-ci est complétée par les Forces Aériennes Stratégiques (FAS) et la Force Aéronavale Nucléaire (FANu). La première repose sur des Rafale Air basés à terre et la seconde sur les Rafale Marine embarqués sur le porte-avions Charles de Gaulle. FAS et FANu se partagent 54 vecteurs aéroportés, en l’occurrence des missiles ASMPA dotés d’une nouvelle tête nucléaire aéroportée (TNU) de 300 kilotonnes et d’une portée estimée à environ 500 kilomètres.

 

Rafale Marine équipé d'un ASMPA (© : MINISTERE DES ARMEES)

Rafale Marine équipé d'un ASMPA (© : MINISTERE DES ARMEES)

 

« S’adapter de façon agile à l’évolution des menaces »

Concernant la TNO, elle présente par rapport à la TN 75 une précision, une furtivité et des capacités accrues de pénétration des défenses ennemies. « Nous développons de manière incrémentale de nouvelles versions qui permettent de s’adapter de façon agile à l’évolution des menaces », explique-t-on à la DGA. Pour l’heure, il n’y a pas grand-chose à même de s’opposer à un missile balistique intercontinental, si ce n’est une défense exo-atmosphérique, allant jusqu’à l’emploi d’un autre missile nucléaire en guise de contre-mesure. Les défenses tactiques, basées sur des missiles antimissiles conventionnels, de radars à longue portée et de conduites de tir adaptées, ne sont aujourd’hui efficaces que contre des engins balistiques à relativement faible rayon d’action. Mais les technologies évoluent et il faut bien entendu suivre de près les progrès réalisés par ce type de défense. L’arme nucléaire fait en tous cas l’objet d’améliorations constantes et, déjà, une nouvelle version est à l’étude. Il s’agit du M51.3, dont les travaux ont été lancés en 2014 en vue d’une mise en service au cours des années 2020. « Il faut s’adapter à ce à quoi peut être confronté le missile et aux évolutions stratégiques », note le pacha de l’escadrille des SNLE.

 

Le CV Houette, le directeur du SSF de Brest et les ingénieurs de la DGA (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le CV Houette, le directeur du SSF de Brest et les ingénieurs de la DGA (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Frappes massives et avertissement nucléaire

Née pendant la guerre froide, la dissuasion française avait initialement pour but principal d’empêcher une invasion ou une attaque majeure, y compris nucléaire, provenant d’URSS. Et par extension elle fut instaurer pour garantir la protection du pays contre toute puissance, à commencer par celles disposant d’un arsenal atomique. Depuis l’effondrement de l’Union soviétique, la doctrine n’a pas évolué dans ses fondamentaux. « Le temps de la dissuasion nucléaire n’est pas dépassé », déclarait en 2015 François Hollande, insistant sur le fait que « la réapparition d’une menace étatique majeure ne peut être exclue » et assurant que « dans un monde dangereux, et il l’est, la France n’entend pas baisser la garde ». La poursuite du développement des capacités nord-coréennes est venue depuis confirmer cette posture, et ce n’est pas la seule menace potentielle qui pourrait émerger dans les années à venir. Mais la dissuasion française s’est aussi adaptée à un contexte géostratégique nouveau. Ainsi, en plus de la menace de frappes massive en cas d’attaque nucléaire sur la France ou contre les intérêts vitaux du pays, une inflexion est intervenue il y a une quinzaine d’années, avec la possibilité de mener en cas de besoin une frappe limitée. C’est ce qu’avait évoqué pour la première fois Jacques Chirac en 2006 et que Nicolas Sarkozy avait appelé l’ « avertissement nucléaire » deux ans plus tard. Rappelant que l’arme atomique permettait d’ « infliger des dommages inacceptables à un adversaire dans ses centres névralgiques, c'est-à-dire politiques, économiques et militaires », François Hollande avait lui-aussi décidé de se ménager une certaine marge de manœuvre. « Je ne peux exclure qu’un adversaire se méprenne sur la délimitation de nos intérêts vitaux. C’est pourquoi je veux rappeler que la France peut, en dernier ressort, marquer sa volonté à défendre nos intérêts vitaux par un avertissement de nature nucléaire ayant pour objectif le rétablissement de la dissuasion ». L’ancien président français avait, toutefois, affirmé que la France n’utiliserait pas cette capacité « contre les Etats non dotés de l’arme nucléaire, qui sont parties au Traité de non-prolifération et qui respectent leurs obligations internationales de non-prolifération des armes de destruction massive ». Précision qui laissait une certaine liberté d’appréciation quant aux pays qui pourraient être en train de se doter de telles armes. 

De ce fait, alors que chaque M51 peut embarquer jusqu’à 6 TNO, certains missiles sont susceptibles d’embarquer un nombre inférieur de têtes, voir une seule charge, afin de mettre en œuvre ce fameux « avertissement nucléaire ».

 

Le Triomphant en cale sèche dans le bassin 8 en 2015 (© : MARINE NATIONALE)

Le Triomphant en cale sèche dans le bassin 8 en 2015 (© : MARINE NATIONALE)

 

Maintenir les sous-marins au meilleur niveau technologique

Au-delà de la modernisation des armes et du développement de vecteurs et têtes nucléaires plus performants, la crédibilité de la dissuasion passe aussi par le maintien au plus haut niveau technologique des SNLE. Pour être efficaces, ces derniers doivent pouvoir maîtriser au mieux leur environnement, échapper aux moyens de détection adverses et pouvoir se défendre.

Alors que les Triomphant sont considérés comme faisant partie des sous-marins les plus silencieux au monde, l’IPER/Adaptation a également pour objectif de maintenir leur supériorité en matière de positionnement, de discrétion acoustique, de détection des menaces et de réaction face à une attaque.

Centrales inertielles, système de combat, sonars…

De nombreux équipements ont ainsi été modernisés, voire renouvelés. Les systèmes de navigation inertielle ont par exemple été remplacés, avec de nouvelles centrales à gyrolaser développées par Safran. On rappellera qu’il s’agit de systèmes critiques, puisqu’ils permettent à l’équipage de connaître avec exactitude la position de son navire, sans avoir besoin du GPS, ce qui est d’autant plus fondamental pour un sous-marin appelé à rester en plongée pendant toute la durée de sa patrouille, soit plus de 70 jours. Cette technologie est non seulement essentielle pour la navigation, mais aussi pour la mise en oeuvre des armes.

Comme on l’a déjà évoqué, la refonte des trois premiers SNLE du type Le Triomphant a également porté sur l’intégration du nouveau système de combat SYCOBS, qui va aussi équiper les nouveaux sous-marins nucléaires d’attaque du type Barracuda. Plus performant que son aîné, il permettra entre autres de mettre en œuvre les nouvelles torpilles lourdes F21, dont les premiers exemplaires sont en cours de livraison par Naval Group en vue de remplacer les actuelles F17 Mod2 à partir de 2019.

Avec le SYCOBS, également conçu par Naval Group, est également intervenu le remplacement du sonar d’étrave et des antennes de flanc, les nouveaux senseurs livrés par Thales offrant une précision et une portée de détection accrue. Cette modernisation a aussi impliqué la mise en place, dans le poste de conduite navigation opération (PCNO) des baies de traitement associées.

 

SNLE du type Le Triomphant (© : MARINE NATIONALE)

SNLE du type Le Triomphant (© : MARINE NATIONALE)

 

L’équipage a débuté son entrainement sur simulateurs

De retour à l’Ile Longue, Le Téméraire va progressivement « reprendre vie », selon l’expression de Jean-Yves Bruxelles. Avec pour commencer, cet été, le rechargement de son cœur nucléaire. Alors que les travaux s’achèveront à bord, les missiles seront installés au cours des prochains mois dans les nouveaux silos. Quant aux marins (les SNLE sont armés par deux équipages de 110 marins qui se relaient entre deux missions), ils ne vont pas embarquer immédiatement. « L’équipage Bleu a été créé mi-juillet et a débuté sa phase de montée en puissance. Elle passe d’abord par une phase d’entrainement sur les simulateurs installés dans la base navale de Brest, sachant que nous avons des outils pour chaque domaine : la conduite du réacteur et de la propulsion, avec un PC identique à ce que nous avons à bord, un simulateur de sécurité/plongée doté d’un poste de pilotage articulé pour reproduire les mouvements de la plateforme, un PCNO, un simulateur pour le système d’armes de dissuasion, un simulateur d’état acoustique... Après cette phase, l’équipage prendra en main le bateau d’ici la fin de l’année et débutera son entrainement à la mer », explique le commandant Houette. Ce dernier précise que l’équipage Rouge, qui succèdera au Bleu au retour de sa prochaine mission, sera créé l’an prochain.

De nouveau opérationnel après un tir de M51

Quant au retour du Téméraire dans le cycle des patrouilles, il interviendra à l’issue des entrainements et d’un tir d’acceptation de M51 (évidemment dépourvu de charge nucléaire), prévu début 2019.

Selon la DGA, le budget annoncé en 2010 pour la modernisation des trois premiers Triomphant a été respecté, avec une enveloppe de 2.5 milliards d’euros.

Avec le retour en flotte du Téméraire dans quelques mois, toute l’escadrille des SNLE français sera alors opérationnelle avec le nouveau missile balistique. Quant aux anciens M45, ils sont en cours de démantèlement, une filière spécifique ayant été mise en place. Elle bénéficie notamment du retour d’expérience du déclassement des missiles aéroportés ASMP pour la gestion des parties sensibles.

Le Terrible en IPER l’année prochaine

Pour la suite, les bâtiments reprendront le rythme classique des IPER, dont la durée globale sera toutefois toujours d’environ trois ans. En plus de la maintenance complète des sous-marins, les modernisations vont en effet se poursuivre au fil des évolutions technologiques. Cela a d’ailleurs été le cas pour le programme d’IPER/Adaptation, Le Triomphant recevant par exemple le M51.2 alors que Le Vigilant était équipé à sa sortie de refonte comme Le Terrible avec la première version du missile. D’autres améliorations, nouveaux systèmes et traitement d’obsolescences ont été implémentées au fil des années.

De ce fait, cela va maintenant être au Terrible de se mettre au standard de ses cadets les plus récemment modernisés. Le quatrième SNLE de la série débutera ainsi fin 2019 son premier arrêt technique majeur, 9 ans après son entrée en service. Des modifications significatives sont par exemple prévues dans le domaine de la lutte anti-sous-marine, avec l’installation de nouvelles antennes de flanc, du même type que celles intégrées sur Le Triomphant, Le Téméraire et les nouveaux Barracuda, dont le premier exemplaire, le Suffren, doit être mis à l’eau en 2019 à Cherbourg. Le Terrible bénéficiera aussi, entre autres, de la rénovation de ses mâtures et de ses communications. Il sera également question, comme ce fut le cas sur Le Téméraire, de cyber-sécurité et de l’adaptation du sous-marin aux nouvelles menaces informatiques. Un sujet majeur pour les armées, y compris sur les SNLE, même si ceux-ci sont par essence plus « confinés » que d’autres unités.

Pour mémoire, les Triomphant, qui ont succédé aux six unités du type Le Redoutable, devraient avoir une durée de vie de 35 ans. Ils seront remplacés dans le cadre du programme SNLE 3G par quatre sous-marins de troisième génération dont la construction débutera à Cherbourg à partir de 2020 en vue d’une mise en service de la tête de série au début des années 2030.

 

Marine nationale Naval Group (ex-DCNS)