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La refonte du Charles de Gaulle est achevée

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La rénovation du porte-avions nucléaire français est achevée, ont annoncé hier le ministère des Armées et Naval Group. « Cette refonte à mi-vie a comporté des rénovations sans précédent et une densité de travaux qui ont donné au chantier une complexité inédite. Ce véritable défi industriel a nécessité une organisation exceptionnelle afin de réaliser la coordination d’ensemble en temps réel, coeur de métier de Naval Group », explique l’industriel français, maître d’œuvre de ce chantier colossal qui va permettre au Charles de Gaulle de pouvoir rester opérationnel encore 25 ans.

Construit à Brest et mis en service en 2001, le plus puissant bâtiment de guerre d’Europe, long de 261 mètres pour un déplacement de 42.500 tonnes en charge, était entré en cale sèche à Toulon en février 2017. Remis à l’eau en mai dernier, il avait rejoint son poste habituel des appontements Milhaud pour la fin des travaux et des essais à quai. Il a ensuite repris la mer pour différentes sorties au cours desquelles ses systèmes ont été testés et qualifiés en conditions réelles. A l’issue, le bâtiment a été remis le 16 octobre à disposition de la Marine nationale.

 

Entrée aux bassins Vauban en février 2017 (© MARINE NATIONALE)

Entrée aux bassins Vauban en février 2017 (© MARINE NATIONALE)

Pendant le passage en cale sèche (© MARINE NATIONALE)

Pendant le passage en cale sèche (© MARINE NATIONALE)

 

 

Sortie de cale sèche en mai 2018 (© NAVAL GROUP)

Sortie de cale sèche en mai 2018 (© NAVAL GROUP)

 

Il va maintenant poursuivre sa remontée en puissance avec de nombreux entrainements, qui vont notamment voir le retour à bord du groupe aérien embarqué, constitué d’avions de chasse Rafale Marine, d’avions de guet aérien Hawkeye ainsi que d’hélicoptères Caïman Marine (NH90) et Dauphin Pedro. En tout, jusqu’à 40 aéronefs peuvent être mis en œuvre par le bâtiment. Le personnel volant et technique des flottilles se réappropriera le bateau et les pilotes, notamment les jeunes, vont se qualifier aux appontages de jour comme de nuit, les flottilles ayant pour mémoire bénéficié pendant l’absence du Charles de Gaulle d’une campagne d’entrainement aux Etats-Unis (mission Chesapeake). Le porte-avions et son état-major embarqué s’entraineront également avec l’ensemble du groupe aéronaval (frégates, sous-marin, avions de patrouille maritime…) afin que l’ensemble du dispositif soit de nouveau parfaitement opérationnel d’ici la fin de l’année. Cela permettra de pouvoir le déployer pour une nouvelle mission début 2019.

D’une durée de 18 mois et d’un coût de 1.3 milliard d’euros, la refonte du Charles de Gaulle a été menée tambour battant (il faut par exemple quatre ans pour un chantier équivalent sur un porte-avions américain, avec un coût de 4.7 milliards d’euros). Elle a nécessité 5 ans de préparation et représenté 4 millions d’heures de travail, avec 200.000 tâches réalisées (pour moitié par l’équipage) et 2000 essais conduits. A titre de comparaison, le premier arrêt technique majeur du Charles de Gaulle, en 2008/2009, ne comprenait « que » 80.000 tâches.

En moyenne, 2100 personnes ont travaillé chaque jour sur ce projet, soit 1100 marins et 1000 collaborateurs de Naval Group et de ses sous-traitants, quelques 160 entreprises ayant été impliquées. « Ce programme hors norme a été mené par une équipe France alliant la Direction générale de l’armement, la Marine nationale, le service de soutien de la flotte, l’équipage du porte-avions et les acteurs de l’industrie française. Naval Group a travaillé avec de grands équipementiers du secteur de la Défense comme Technicatome, Thales ou Safran, des entreprises généralistes mais aussi avec des PME issues majoritairement du tissu industriel local et régional », souligne Naval Group.

La refonte s’est concentrée sur trois grands axes. D’abord, la modernisation du système de combat, la mise en place de nouveaux réseaux numériques, le changement complet du Central Opération, la rénovation des systèmes de télécommunications, ainsi que le remplacement des radars de veille aérienne et de navigation. A ce titre, le DRBJ-11B a été débarqué et remplacé par un SMART-S.

 

L'îlot avec le nouveau radar SMART-S (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

L'îlot avec le nouveau radar SMART-S (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

 

Le deuxième enjeu du chantier était la modernisation des installations aviation couvrant toutes les modifications nécessaires au passage de la chasse embarquée au « tout Rafale », les anciens Super Etendard ayant été retirés du service en 2016. Les locaux aviation ont, ainsi, été adaptés et rénovés, de même que les dispositifs dédiés à la récupération des avions, avec en particulier la mise en place d’un nouveau miroir d’appontage sur un encorbellement spécialement créé.

 

Le hangar lors de la mission Arromanches 3 fin 2016 (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le hangar lors de la mission Arromanches 3 fin 2016 (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Installation de la nouvelle optique d'appontage (© NAVAL GROUP)

Installation de la nouvelle optique d'appontage (© NAVAL GROUP)

 

Le troisième grand point de la refonte du porte-avions concernait la plateforme, avec, entre autres, la modernisation des automates de conduite du navire, la rénovation du système automatique de tranquillisation et de pilotage (SATRAP), le remplacement de deux unités du système de réfrigération, mais aussi la refonte du simulateur de conduite ou encore celle d’une cuisine (l’autre avait été modernisée au cours du premier arrêt technique majeur).

S’y sont ajoutés les travaux habituels d’un ATM, comprenant l’entretien de toutes les installations majeures : visite des deux chaufferies nucléaires et remplacement de leur combustible, maintenance de l’usine électrique et de l’appareil propulsif, la visite des catapultes, lignes d’arbres, et ailerons de stabilisation, ainsi que la remise en peinture de l’ensemble du bâtiment, de la quille à la pomme de mât.

- Pour plus de détails technique sur la refonte, voir notre article de janvier 2017

 

Le Charles de Gaulle fin 2016, avant sa refonte (© MARINE NATIONALE)

Le Charles de Gaulle fin 2016, avant sa refonte (© MARINE NATIONALE)

 

Marine nationale Naval Group (ex-DCNS)