Construction Navale

Focus

Chantier Bretagne Sud: La renaissance

Construction Navale

Arrêté depuis 1998 et repris en 2012 par Yannick Bian, le Chantier de Bretagne Sud, situé à Belz, dans le Morbihan, connait une belle résurrection. L’activité y est désormais soutenue, avec des travaux de réparation et une part croissante des constructions neuves. « Aujourd’hui, c’est la construction de bateaux neufs qui nous occupe le plus. Nous travaillons sur des bateaux en plastique, en acier et en aluminium, on démarre à 6 mètres jusqu’à 10-12 mètres. Le cœur d’activité du chantier est le bateau de travail et de sécurité civile maritime, plutôt dans le secteur civil. Nous travaillons par exemple beaucoup pour certains services de l’Etat, comme les pompiers. Référencé UGAP (la centrale d’achat public, ndlr), le chantier propose des unités de servitude, berces de sauvetage et embarcations multifonctions », explique Yannick Bian.

 

Embarcations de sécurité civile réalisées par le chantier  (© : CHANTIER BRETAGNE SUD)

 

Réalisations internes et en sous-traitance

Chantier Bretagne Sud, qui emploie désormais 23 salariés pour une trentaine de personnes sur le site avec les sous-traitants, travaille actuellement sur différents projets. Il y a par exemple la réalisation d’un bateau d’assistance portuaire de 9 mètres en aluminium ou encore celle d’une barge pour plongeurs de 10 mètres, fabriquée dans le même matériau et adaptée aux personnes à mobilité réduite, qui vient d’être livrée. Dans le même temps, l’entreprise emploie ses capacités de production pour fournir les éléments de certaines structures. C’est le cas en ce moment avec l’hydrolienne fluviale Megawattblue qui va être installée non loin, dans la Ria d’Etel. « C’est un projet très intéressant car nous produisons des profilés avec des techniques de soudage complexes ». Auparavant, l’entreprise a aussi réalisé des carlingages pour la corvette égyptienne construite par le site Naval Group de Lorient. Après une fabrication dans les ateliers de Belz, le montage a été effectué directement sur le bâtiment. « Une entreprise comme la nôtre, grâce à son agilité, peut travailler en sous-traitance pour de grands chantiers. Un contrat comme celui que nous avons conduit avec Naval Group est très intéressant car il nous permet de monter en compétence et d’appliquer à une petite structure les méthodologies d’un grand industriel ».

 

(© : CHANTIER BRETAGNE SUD)

 

De gros projets de refit

S’il se développe résolument sur des productions neuves, le chantier a aussi une solide activité dans la réparation navale et la rénovation. Il a notamment mis à l’eau le 16 novembre la nouvelle vedette de sauvetage de la station SNSM du Pays de Lorient. Cette ancienne unité de 10.5 mètres, qui a assuré des missions de secours en mer pendant 20 ans à Trebeurden (Côtes d’Armor), a été complètement remise à neuve et remotorisée. Parallèlement, c’est le remorqueur Ars, bateau de 18 mètres lancé en 1960 et récemment racheté par un jeune officier de marine marchande, qui est en cours de transformation en navire de croisière. Et le chantier s’est aussi attaqué à la conversion d’une barge ostréicole de 18 mètres en unité de travaux maritimes.

 

Le remorqueur Ars et la vedette SNSM L'Hermine  (© : CHANTIER BRETAGNE SUD)

 

« Nous sommes partis de rien »

Cinq ans après la reprise du chantier de Belz, qui avait avant sa fermeture à la fin des années 90 réalisé par moins de 300 bateaux en bois et en acier, Yannick Bian mesure le chemin parcouru. « C’est une aventure passionnante et un immense défi car, lorsque j’ai repris le site, aucun bateau n’avait été produit ici depuis plus de 20 ans. Nous sommes partis de rien pour faire revivre le chantier. On a d’abord relancé l’activité avec la maintenance et depuis deux ans nous accélérons sur les constructions neuves. Pour cela, nous mettons à niveau le site, en investissant dans l’outillage et les compétences ». Chantier Bretagne Sud, qui va passer sa certification ISO 9001, a également reçu l’autorisation de fabriquer des bateaux militaires.

 

Yannick Bian  (© : DR)

 

Fin de l’aventure avec Sillinger

Sur ce segment, on rappellera qu’afin de soutenir le développement du chantier, Yannick Bian, via sa société Breizh Sailing Holding, s’était allié fin 2014 à Sillinger, filiale du groupe Marck. Une société commune, Etelium (51% Sillinger, 49% BSH), était née avec notamment, comme objectif, de travailler sur le segment des bateaux gris, une gamme de vedettes et patrouilleurs étant commercialisée. Mais cette aventure a pris fin cette année, Marck se désengageant de Sillinger, revendu au groupe néo-zélandais Sealegs, alors que le chantier de Belz réorientait sa stratégie plus fortement sur le marché civil, même s’il ne s’interdit pas de travailler pour des forces armées ou de sécurité. Yannick Bian a en tous cas racheté à l’été la marque Etelium et les parts de Marck.

 

(© : CHANTIER BRETAGNE SUD)

 

« Complémentaire » aux autres chantiers bretons

Le patron de Chantier Bretagne Sud a de belles ambitions pour son entreprise et, dit-il, « beaucoup de projets dans les tuyaux ». Pour autant, dans une région où la concurrence est très vive entre constructeurs, Yannick Bian affiche une démarche constructive : « Notre objectif est de nous intégrer dans le paysage avec une activité complémentaire à celle des autres chantiers, avec lesquels on a envie de travailler et non de nous opposer ».