Croisières et Voyages
La rénovation de l’Empress of the Seas tourne au gouffre financier

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La rénovation de l’Empress of the Seas tourne au gouffre financier

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La compagnie américaine Royal Caribbean International a été contrainte d’annuler 7 nouvelles croisières de l’Empress of the Seas. Après la suppression de six précédents voyages entre le 30 mars et le 21 avril, ce sont cette fois les départs du 25 avril au 23 mai qui sont abandonnés.

En cause, toujours, la remise en état du navire, que RCI avait transféré en 2008 à sa filiale espagnole Pullmantur et qui ne répondait plus aux standards de la compagnie, pas plus qu’il était en capacité de passer les contrôles très stricts des garde-côtes américains.

Une facture de plus de 50 millions de dollars

Initialement, l’Empress devait seulement rester deux bonnes semaines en cale sèche au chantier Navantia de Cadix, où il est arrivé le 25 février. Mais rapidement, il s’est avéré qu’il faudrait lancer des travaux de grande ampleur pour permettre d’exploiter le navire sur le marché américain. L’arrêt technique en Espagne a donc été prolongé jusqu’au 24 mars, mais cela n’a pas suffi. RCI a donc décidé d’envoyer son bateau poursuivre sa remise en état chez Grand Bahama Shipyard, plus proche des Etats-Unis et habitués à assurer la maintenance des navires exploités au départ des ports américains. Cependant, là encore, les délais envisagés se sont vite révélés trop courts. En plus des parties techniques et des locaux publics, la compagnie s’est résolue cette fois à reconstruire complètement les cinq cuisines du navire. Un investissement supplémentaire de 10 millions de dollars, qui vient s’ajouter aux 42 autres déjà injectés dans la rénovation de l’Empress, ce qui est énorme pour un navire âgé de plus de 25 ans. Avec en plus des travaux le manque à gagner commercial engendré par l’annulation de 13 croisières, le remboursement et le dédommagement des clients ayant réservé.

Besoin de petits navires pour Cuba 

Mais la compagnie n’a guère eu le choix. Même s’il n’est pour l’heure annoncé que sur des mini-croisières au départ de Miami, l’Empress of the Seas a très probablement vocation à être exploité à Cuba, où l’armateur américain compte se développer. Or, les capacités des infrastructures portuaires de l’île étant limitées, il faut de petits navires, ce dont Royal Caribbean manque cruellement, puisqu’elle ne dispose plus que de grosses unités. C’est sans doute pourquoi, à la surprise générale, elle a récupéré auprès de sa filiale espagnole l’Empress, un paquebot de 211 mètres, 48.500 GT et 1840 passagers livré en 1990 par les chantiers de Saint-Nazaire.

Un projet similaire pour l'Horizon de CDF ? 

Et on se demande s’il n’en sera pas de même pour l’Horizon, exploité depuis 2012 par Croisières de France, la marque hexagonale de Pullmantur. Le navire, qui est comme son sistership le Zenith proposé à la vente, ne figure plus, à compter de la fin de l’année, dans la programmation de la compagnie espagnole ni de CDF. On sait que sa sortie de flotte a été envisagée mais dans quelle perspective ? Une cession ou un transfert chez Royal ? Compte tenu des déboires rencontrés avec l’Empress, il n’est pas certain que l’Horizon quitte Pullmantur pour rallier lui-aussi RCI et partir à la conquête du marché cubain. Car la remise à niveau du navire, qui date également de 1990 ; serait probablement très onéreuse.

Tout dépendra en fait de l’avenir de l’entité espagnole du groupe RCCL, mais aussi de l’audit technique que l’armateur aurait lancé sur la flotte de sa filiale afin de savoir si l’Empress est, ou non, un cas isolé. Selon certaines sources, les équipes de Royal ont notamment inspecté l’Horizon lors de sa fin de saison hivernale aux Antilles. 

 

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