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La rénovation des Panther en voie d’achèvement

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La rénovation des Panther en voie d’achèvement

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Le 16ème et dernier hélicoptère Panther de l’aéronautique navale encore à son standard d’origine vient d’entrer en chantier de rénovation. Sa remise à niveau bouclera le programme de modernisation de ces appareils, entrés en service entre 1994 et 1998.

Lancé en 2007, ce projet a vu le premier Panther rénové chez son constructeur, Airbus Helicopters, qui l’a livré à la Marine nationale en mai 2011. Les autres machines ont, ensuite, été modifiées dans les ateliers du Service industriel de l'aéronautique (SIAé) de Cuers.

Le chantier a porté sur la rénovation de l’avionique. Le Panther Standard 2 a reçu de nouveaux écrans de pilotage EFIS (Electronic Flight Instrument System), un système d'affichage multifonctions MFD-255 et un nouveau système de gestion de vol (CMA 9000) couplé au GPS. Il a en outre bénéficié d’une mise en conformité avec les règles de l’OACI (Organisation de l'aviation civile internationale). Celles-ci lui permettent désormais de voler suivant les normes internationales avec un IFF mode S, utilisé pour la surveillance aérienne civile, ainsi qu’un standard radio VHF adapté. Un IFF NG (militaire) sera intégré ultérieurement, comme ce sera le cas sur tous les aéronefs de la marine.

 

(© MARINE NATIONALE - G. CHAUMEIL)

(© MARINE NATIONALE - G. CHAUMEIL)

 

Boule optronique et console pour l'opérateur

Au niveau tactique, la grande évolution a consisté à équiper l’hélicoptère d’une boule optronique EUROFLIR 410, développée par Sagem. Les informations recueillies par ce capteur, mais aussi celles du radar ORB-32 (Thales) et du système d’identification automatique des navires (AIS) sont présentées sur les écrans du cockpit mais aussi à l’arrière, où une console tactique a été mise en place pour l’opérateur. Ce dernier dispose donc, comme l’équipage de conduite, d’une situation tactique complète et mise à jour en temps réel. Et, grâce à la liaison de données L11, cette situation peut être automatiquement partagée et enrichie avec d’autres unités, comme le bâtiment porteur ou au sein d’une force aéronavale.

 

(© MARINE NATIONALE)

(© MARINE NATIONALE)

 

Autoprotection et ANL toujours à l'étude

Quant à la mise à en place d’un système d’autoprotection et l’intégration du futur missile antinavire léger, prévus dans le programme initial, elles sont toujours à l’étude. Concernant l’ANL, tout dépendra du choix du porteur (NH90 Caïman et/ou Panther), la décision n’ayant pas encore été prise.

« Une grande plus-value » 

La mise en œuvre du Panther Standard 2 a, en tous cas, apporté « une grande plus-value » à la marine, explique-t-on à l’état-major : « Ce nouveau standard a refondu le travail en équipage, l’opérateur à l’arrière ayant un rôle accru et les moyens adéquat pour participer aux missions tactiques, en particulier la lutte antinavire et la surveillance maritime. L’ajout du FLIR, cumulé au radar et à l’AIS, avec une présentation tactique en temps réel sur les consoles et le partage via liaison 11 avec d’autres unités, permet d’effectuer des identifications beaucoup plus rapidement et de disposer d’une situation bien plus précise. Le gain de temps est considérable ». Et il n’y a plus besoin de s’approcher pour les identifications. Grâce au FLIR, ils peuvent désormais identifier, de jour comme de nuit, des cibles à grande distance grâce à la forte résolution de ce système électro-optique, ce qui accroît aussi leur discrétion, par exemple dans le cadre de la lutte contre le narcotrafic. S’y ajoute en plus le passage aux jumelles de vision nocturne (JVN), qui a été effectué indépendamment du programme de modernisation.

L’ensemble de ces capacités a permis au Panther d’intégrer le dispositif de contre-terrorisme maritime, où il rejoint le Caïman Marine et le Lynx. 

 

(© MARINE NATIONALE - R. DAL SOGLIO)

(© MARINE NATIONALE - R. DAL SOGLIO)

 

De nouveaux simulateurs

Pour mémoire, les Panther sont regroupés au sein de la flottille 36F et déployés sur différents bâtiments de la Marine nationale basées en métropole ou Outre-mer, comme les frégates du type La Fayette et les frégates de surveillance du type Floréal.

En plus de leurs machines rénovées, la 36F va bénéficier de nouveaux simulateurs. L’un, tactique, est dédié à l’apprentissage de la console et à la coordination de l’équipage. Un simulateur de vol doit s’y ajouter (la marine l’espère d’ici la fin de la décennie), les deux étant appelés à pouvoir fonctionner en tandem.

 

(© MARINE NATIONALE - S. GHESQUIERE)

(© MARINE NATIONALE - S. GHESQUIERE)

 

Un hélicoptère très sollicité

Ces dernières années, avec le développement de la lutte contre le narcotrafic et la piraterie, ainsi que les menaces asymétriques, l'intérêt des hélicoptères Panther a été largement démontré. Grâce à leur souplesse d'emploi et leur rapidité d'action, ces machines se sont illustrées à de nombreuses reprises. Elles ont permis d'intercepter des embarcations rapides de narcotrafiquants et pirates, que les navires militaires, seuls, n'auraient pu arrêter. Les Panther ont vu leur rôle renforcé en matière de surveillance maritime, de contrôle du trafic et, aussi, de mise en œuvre de commandos, sans oublier bien sûr les traditionnelles missions de sauvetage qu’ils peuvent mener grâce à leur treuil. 

Version « militarisée » du Dauphin, dont Airbus Helicopters a livré 6 exemplaires à l'aéronautique navale en 1989 et 1990, le Panther présente une masse de 2.8 tonnes à vide (4.2 tonnes en charge) et une vitesse maximale de 150 nœuds. Il peut franchir 400 nautiques et présente une autonomie de 4 heures.

 

(© MARINE NATIONALE - S. DZIOBA)

(© MARINE NATIONALE - S. DZIOBA)

 

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