Marine Marchande
La réponse aux risques cyber s’ancre à Brest
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La réponse aux risques cyber s’ancre à Brest

Marine Marchande

Longtemps considérés comme des systèmes insulaires, étanches à tous risques cyber venus de l’extérieur, les navires sont de plus en plus connectés et s’avèrent vulnérables. L’arrivée des bateaux autonomes ou la maintenance prédictive rendent la prise en compte de ces menaces incontournable. Pourtant, la résilience du transport maritime reste en deçà d’autres secteurs, comme l’aviation ou les réseaux énergétiques, estimait en avril dernier Jarle Coll Blomhoff, responsable du groupe cyber sûreté et sécurité, au sein du norvégien DNV GL, auprès de Mer et Marine.

Mauvais pour l’image d’une entreprise et sans obligation de les signaler publiquement, il est rare que les incidents cyber touchant directement des navires soient rapportés. Ce qui ne signifie pas pour autant qu’ils ne surviennent jamais. Par exemple, en février 2019, les garde-côtes américains avaient dû intervenir sur un navire marchand faisant route vers New York et dont il ont seulement précisé qu’il était « à grand tirant d’eau ». Son réseau informatique était confronté à une cyberattaque perturbant la « fonctionnalité du système informatique à bord ». Par chance, les commandes du navire n’avaient pas été affectées, mais une analyse avait révélé que ses systèmes de contrôle essentiels étaient exposés à « d’importantes vulnérabilités ».

Une Task Force à Brest

En France, la réponse se structure progressivement. En particulier à Brest, où les acteurs profitent d’un écosystème propice. Signe de cette maturation, la cité du Ponant accueille depuis le 17 novembre l’association France Cyber Maritime. Plutôt que de laisser chaque acteur développer ses propres solutions dans un environnement complexe, nécessitant d’acquérir de nouvelles compétences, l’association doit aider à mutualiser les forces.

Elle vise donc à « bâtir le schéma le plus adapté à un dispositif de cybersécurité maritime connecté à l’ensemble de la cybersécurité nationale, entre des acteurs privés et des acteurs publics », explique, à Mer et Marine, son président Frédéric Moncany de Saint-Aignan qui préside également le Cluster maritime