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La révolution des architectures informatiques embarquées

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La révolution des architectures informatiques embarquées

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Alors que la gestion du Big data est déjà très répandue dans le domaine civil, les nouveaux bâtiments militaires, unités de surface comme sous-marins, devront à l’avenir intégrer des architectures informatiques adaptées à l’augmentation significative des flux de données et du nombre d’équipements embarqués. L’objectif est de regrouper toute l’informatique et les logiciels de systèmes aujourd’hui autonomes, comme le système de combat (CMS) et le système de management de plateforme (SMS), dans quelques « boites ». Celles-ci seront localisées à différents endroits du navire pour répondre aux impératifs de redondance et de résilience.

Il s’agit d’un enjeu crucial afin d’éviter la démultiplication des systèmes informatiques et limiter leur encombrement, au moment où les capacités de lutte des bâtiments se développent de manière exponentielle : senseurs plus puissants et gourmands en ressources numériques, nouveaux armements et émergence de systèmes de drones complexes, essor des échanges de données lié aux opérations multiplateformes dans des environnements interarmées et interalliés.

 

L'avenir des CO et PCNO (© : DCNS)

L'avenir des CO et PCNO (© : DCNS)

Des mises à jour sans impact sur les opérations

Regrouper l’informatique embarquée permettra de rationaliser l’espace et les ressources. Cela facilitera aussi grandement l’intégration, la maintenance et les problématiques d’évolutivité des systèmes et plus globalement de plateformes sur tout leur cycle de vie. Les « boites », logées dans des locaux dédiés, physiquement sécurisés et étanches aux cyberattaques, pourront être testées à terre avant d’être embarquées sur un bateau neuf et, ensuite, être maintenues et mises à jour plus aisément. La gestion des obsolescences se fera sans impact sur les capacités opérationnelles puisqu’il sera possible, grâce à la virtualisation des systèmes, d’implémenter des évolutions ou d’effectuer des correctifs tout en conservant, le temps de cette intervention et des vérifications, la fonctionnalité des applications d’origine. Les systèmes n’auront donc pas à être mis à l’arrêt et l’équipage pourra continuer de travailler. Une avancée majeure puisqu’elle vise à permettre un gain de temps significatif et une disponibilité maximale des systèmes pendant ces opérations.

 

La frégate Belharra (© : DCNS)

La frégate Belharra (© : DCNS)

La frégate Belharra en ligne de mire

Dans cette perspective, DCNS, en sa qualité de systémier, a lancé le projet ACCESS. Le groupe va mener un important travail avec les équipementiers afin de standardiser les systèmes et permettre leur regroupement, grâce au développement de baies informatiques et calculateurs pouvant être déportés vers les boites communes. Ainsi, le Central Opération du futur ne comptera par exemple plus que des consoles de visualisation et de contrôle.

DCNS, qui souhaite proposer une solution opérationnelle aux marines dès le début de la prochaine décennie, en particulier sur les frégates de 4000 tonnes de la nouvelle gamme Belharra, vise, dans un premier temps, à co-héberger les systèmes critiques liés à la mobilité et le combat (CMS et SMS). Puis, à l’avenir, d’autres systèmes critiques, comme les moyens de communication, devraient s’y ajouter, une fois solutionnés les problèmes liés à la sécurité des réseaux.  

Pour mettre au point cette architecture informatique embarquée de nouvelle génération, les équipes du nouveau site DCNS d’Ollioules, dans le sud de la France, travaillent sur un laboratoire de R&D doté d’importants moyens de simulation. Différentes solutions sont testées sur l’équivalent de systèmes de combat complets de frégates et de sous-marins, auxquels seront bientôt ajoutés les SMS.

 

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