Défense
La Royal Navy. Avec Bernard Prézelin, auteur de Flottes de Combat

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La Royal Navy. Avec Bernard Prézelin, auteur de Flottes de Combat

Défense

Malgré des coupes budgétaires prévisibles en raison du coût des opérations extérieures (Irak, Afghanistan), la Royal Navy peut regarder l'avenir avec confiance car ses principaux programmes navals sont sauvegardés. La construction des deux porte-aéronefs Queen Elizabeth et Prince of Wales a été notifiée aux industriels en juillet dernier, pour une admission au service actif des bâtiments en 2014 et 2016. Le gouvernement britannique a en effet bien réalisé l'importance primordiale du porte-avions dans la gestion des crises internationales et la nécessité de remplacer les deux petits porte-aéronefs de la classe Invincible encore en service, dont les capacités sont assez limitées (L'Ark Royal sera désarmé en 2012 et l'Illustrious en 2015).

Vue du CVF (© : THALES)
Vue du CVF (© : THALES)

Nettement plus grands, les deux unités du programme Carrier Vessel Future (CVF) mesureront 284 mètres de long pour un déplacement de 65.000 tonnes en charge. Disposant d'un armement très léger (3 systèmes Phalanx et trois canons de 30 mm), ils mettront en oeuvre 40 aéronefs, dont 30 avions F-35 B (JSF) à appontage vertical. Les Queen Elizabeth et Prince of Wales seront les plus grands navires de guerre européens.

Un SNLE du type Vanguard (© : ROYAL NAVY)
Un SNLE du type Vanguard (© : ROYAL NAVY)

Tout comme la composante aéronavale, la pérennité de la force de dissuasion britannique est garantie avec la décision prise en 2007 par l'ancien Premier Ministre Tony Blair - et validée par le Parlement - de mettre en service une nouvelle classe de sous-marins nucléaires lanceurs d'engins. Leur nombre pourrait cependant être réduit à trois, pour remplacer à partir de 2024 les quatre Vanguard.

SNA du type Vanguard (© : ROYAL NAVY)
SNA du type Vanguard (© : ROYAL NAVY)

Malgré un retard considérable, le premier sous-marin nucléaire de la classe Astute doit être opérationnel en janvier 2009. Deux autres sont en construction et un quatrième a été commandé en 2007. La série doit être limitée à six exemplaires, nombre minimum de SNA que la Royal Navy est assurée de pouvoir aligner six SNA au moins jusqu'en 2019. Long de 97 mètres pour un déplacement de 7800 tonnes en plongée, l'Astute est le plus gros sous-marin d'attaque d'Europe. Capable d'atteindre 29 noeuds en plongée, il pourra embarquer 38 torpilles Spearfish et missiles de croisière Tomahawk Block IV. Dans le domaine des SNA, on notera que le premier des 7 Trafalgar doit être désarmé l'an prochain et les deux derniers survivants de la classe Swiftsure le seront d'ici 2010 (Le HMS Superb sera désarmé prématurément fin 2008 après avoir touché le fond en mai dernier).

Le HMS Daring (© : ROYAL NAVY)
Le HMS Daring (© : ROYAL NAVY)

Le premier destroyer lance-missiles du type 45, le Daring, est en essais depuis l'été 2007 et probablement jusqu'en 2010 car la mise au point d'un nouveau type de bâtiment de défense aérienne est toujours une opération longue et laborieuse. Le système d'armes principal de ces navires, le PAAMS, est développé en commun avec la France et l'Italie, qui l'ont adopté pour les quatre bâtiments du programme Horizon. Il s'articule autour de 32 missiles Aster 30 et 16 missiles Aster 15. Très beaux bâtiments, les Daring sont légèrement plus grands que les Horizon, avec 152.4 mètres de long pour un déplacement de 7450 tonnes en charge. Outre les Aster, ils mettront en oeuvre 8 missiles antinavire Harpoon (puis SSGW) , une tourelle de 114 mm, deux canons de 30 mm, quatre tubes lance-torpilles et un hélicoptère. L'embarquement de deux systèmes d'artillerie multitubes Phalanx est également prévu. Les deux destroyers suivants, les Dauntless et Diamond, sont en achèvement à flot chez BAE à Govan. La construction des quatrième et cinquième (Dragon et Defender) a commencé et le sixième (Duncan) est commandé. En juin dernier, le gouvernement britannique a indiqué que la série s'arrêterait là. Les 7ème et 8ème T45 sont donc abandonnés, la série devant, initialement, comprendre 12 unités, un chiffre était irréaliste en raison du coût très élevé de ce type de navire.

Frégate du type 23 (© : ROYAL NAVY)
Frégate du type 23 (© : ROYAL NAVY)

Le remplacement des dix-sept frégates des types 22 et 23 n'est pas encore déterminé mais il n'y a pas urgence car elles seront désarmées seulement entre 2015 et 2029. La solution retenue pour le moment est la construction de vingt-six bâtiments, dix à vocation anti-sous-marine de 6 000 tonnes, huit à vocation anti-surface du même tonnage et huit patrouilleurs océaniques de 3 000 tonnes. Dans le cadre de mesures d'économie, deux destroyers lance-missiles du type Sheffield et les quatre frégates du type 22 pourraient être mis en réserve en 2008.

Patrouilleur du type River (© : ROYAL NAVY)
Patrouilleur du type River (© : ROYAL NAVY)

La Royal Navy a pris possession en 2007 d'un quatrième patrouilleur océanique du type River, le Clyde, qui va être utilisé comme stationnaire aux Malouines. Comme ses trois sister-ships il reste la propriété du constructeur (BVT) qui l'a loué pour une période de cinq ans renouvelable à la Royal Navy.

Chasseur du type Hunt (© : MER ET MARINE)
Chasseur du type Hunt (© : MER ET MARINE)

Les bâtiments de guerre des mines dont le nombre a été réduit à seize ont tous été modernisés (les huit Hunt) ou sont en cours de modification (les huit Sandown). Ces derniers voient leurs poissons auto-propulsés (PAP 104 français) remplacés par des engins Seafox et le système de combat Nautilus est amélioré pour être compatible avec celui des Hunt.

TCD du type Bay (© : BVT)
TCD du type Bay (© : BVT)

La composante amphibie britannique est maintenant complètement renouvelée. Après la livraison du porte-hélicoptères d'assaut Ocean en 1998, celle des deux transports de chalands de débarquement du type Albion en 2003 et 2005, les années 2006 et 2007 ont vu la mise en service des quatre transports de chalands de débarquement auxiliaires du type Ba, qui ont très avantageusement remplacé les bâtiments de débarquement de chars du type Sir. Longs de 176.6 mètres pour un déplacement de 16.160 tonnes en charge, ces unités disposent d'une grande plateforme hélicoptères avec deux spots (mais pas de hangar) et un petit radier pouvant accueillir un chaland de débarquement. La capacité d'emport des Bay est de 356 hommes de troupe, 32 chars (ou 150 camions) et 70 tonnes de fret.

Le pétrolier Wave Knight, livré en 2003 (© : ROYAL NAVY)
Le pétrolier Wave Knight, livré en 2003 (© : ROYAL NAVY)

La Grande-Bretagne va maintenant s'atteler à la rénovation de sa flotte auxiliaire. Ses pétroliers-ravitailleurs prenant de l'âge et n'étant plus aux normes environnementales (absence de double coque), la Royal Fleet Auxiliary a lancé le programme MARS qui prévoit la construction de six pétroliers-ravitailleurs pour 2011-2016, celle de deux ravitailleurs de combat pour 2017-2019 et enfin celle de trois bâtiments de soutien logistique pour 2018-2021 ; un appel d'offres européen a d'ores et déjà été lancé pour la première catégorie de navires. Il faut enfin noter l'externalisation complète des services portuaires : la firme Serco-Denholm qui armait les gabares, remorqueurs et autres transports de personnel du Royal Maritime Auxiliary Service depuis une dizaine d'années a acquis définitivement, en avril 2008, les navires du RMAS. Cette firme a entrepris le renouvellement de la plus grande partie de cette force auxiliaire de servitude, avec une commande de 29 bateaux au chantier néerlandais Damen.
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LA ROYAL NAVY EN DETAILS SUR FLOTTES DE COMBAT 2008