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La Royal Navy s'attaque aux problèmes de propulsion des T45

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La Royal Navy s'attaque aux problèmes de propulsion des T45

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BAE Systems a annoncé hier avoir signé avec le ministère britannique de la Défense (MoD) un contrat portant sur la modernisation de la production d’énergie des destroyers lance-missiles du type 45. Il s'agit du programme PIP (Power Improvement Project) visant à corriger les sérieux problèmes de propulsion dont souffrent ces bâtiments depuis leur mise en service. Selon la presse britannique, la valeur du contrat serait de 160 millions de livres (182 millions d'euros). Déjà responsable du maintien en condition opérationnelle des six unités du type 45, BAE Systems est cette fois-ci allié au chantier Cammell laird de Liverpool et à la société d’ingénierie BMT Defence Services. Le marché comprend deux parties, avec d’une part l’achat, la conception et la réalisation des nouveaux équipements et d’autre part leur installation à la place de systèmes aujourd'hui présents à bord des navires. L’alliance des trois industriels a été choisie pour les deux parties du contrat. Les travaux sur les bâtiments seront conduits chez Cammell Laird et doivent débuter rapidement.

 

Le HMS Defender devant un porte-avions américain ( © ROYAL NAVY)

Le HMS Defender devant un porte-avions américain ( © ROYAL NAVY)

 

Ayant intégré la flotte britannique entre 2009 et 2013, les T45 ont des problèmes de puissance électrique depuis quelques années, en particulier lorsqu'ils évoluent dans des régions chaudes. Le problème se situe généralement au niveau de l’échangeur de chaleur de leur turbine à gaz, fabriqué par Northrop Grumman. Les pannes récurrentes de ces machines avaient tendance à couper totalement la production d’énergie des navires.

Les destroyers de ce type disposent d’un système dit IEP (Integrated electric propulsion). Il se compose d’un arrangement de deux turbines à gaz Rolls-Royce WR-21 suralimentées et deux moteurs diesel Wärtsilä de 2000 kW. Ces quatre générateurs (deux turbines et deux moteurs diesel) servent à produire de l’électricité qui est utilisée soit par les équipements électriques du navire, soit par les moteurs électriques servant à la propulsion. À la différence d’une propulsion plus traditionnelle comme un CODLAG ou CODLOG (Combined diesel-electric and gas / combined diesel-electric or gas), aucun des générateurs n’entraine mécaniquement un arbre d’hélice, la transmission est entièrement électrique. Ce sont deux moteurs asyncrhone de converteam qui actionnent les deux hélices du navire. De même, la transmission électrique se fait à très haute tension. Il s’est avéré que le système n’était pas assez résistant pour continuer à fonctionner en cas d’avarie sur l’un de ses organes ou de problème de tension électrique. Il en résultait une perte totale de puissance, laissant les bâtiments sans aucune alimentation en pleine mer. Une situation évidemment intolérable pour l'amirauté britannique. 

Pour y remédier, la Royal Navy a donc choisi l’alliance BAE Systems, Cammell Laird et BMT Defence Services pour revoir en profondeur l’IEP des type 45. Il est prévu dans un premier temps de remplacer les deux moteurs Wärtsilä par de nouveaux (dont on ne connaît pas le constructeur), mais aussi d’ajouter un troisième générateur diesel faisant ainsi passer leur nombre à trois par frégate. Enfin, dans un second temps, le système électrique du navire va être renforcé pour gagner en résilience.

 

Le HMS Dragon (© ROYAL NAVY)

Le HMS Dragon (© ROYAL NAVY)

 

Cousins des frégates franco-italiennes du type Horizon, dont font partie les Forbin et Chevalier Paul, les six T45 mesurent 152 mètres de long et affichent un déplacement d’environ 7500 tonnes en charge. Identique aux Horizon, leur système d'armes principal a fait l'objet d'un programme en coopération entre le Royaume-Uni, la France et l'Italie, le Principal Anti Air Missile System (PAAMS) ayant été baptisé Sea Viper par les Britanniques. Comme sur les frégates franco-italiennes, il s'articule autour de 32 missiles Aster 30 et 16 missiles Aster 15 (six lanceurs verticaux Sylver A50). Le reste de l’armement des T45 comprend 8 missiles antinavire Harpoon, une tourelle de 114 mm, deux systèmes multitubes Phalanx, deux canons de 30 mm et quatre tubes pour torpilles Sting Ray. Chaque destroyer peut embarquer un hélicoptère. Les moyens électroniques principaux comprennent un radar de veille longue portée S 1850M et un radar multifonctions Sampson.

 

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