Construction Navale
La Russie lance le brise-glace nucléaire Ural

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La Russie lance le brise-glace nucléaire Ural

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L’Ural, troisième des nouveaux brise-glaces russes à propulsion nucléaire du projet 22220 (classe LK-60Ya), dont deux autres unités seront commandées cet été, a été lancé le 25 mai à Saint-Pétersbourg, où ses deux aînés sont en achèvement à flot. Ces navires de 173 mètres de long pour 34 mètres de large et 10.5 mètres de tirant d’eau afficheront un déplacement de plus de 33.000 tonnes en charge. Ils pourront briser une épaisseur de glace allant jusqu’à 3 mètres. Dotés de trois lignes d'arbres, avec une puissance propulsive de 60 MW, les LK-60Ya sont équipés de deux nouveaux réacteurs nucléaires RITM-200, qui seront également employés sur les centrales flottantes développées par Rosatom. Ces réacteurs peuvent générer une puissance unitaire de 175 MW. « Une autre caractéristique unique des navires du projet 22220 est sa conception à double tirant d'eau. Les citernes de ballast à l'intérieur de la coque peuvent être facilement ajustées pour modifier le tirant d'eau du navire selon qu’il doit naviguer dans la mer Arctique ou dans les estuaires peu profonds des rivières. Avec cette solution intelligente, Rosatom obtient deux types de brise-glace pour le prix d'un, ce qui représente une économie potentielle de centaines de millions de dollars », explique le groupe russe.

 

L'Ural juste avant son lancement (© : ROSATOM

L'Ural juste avant son lancement (© : ROSATOM)

L'Ural juste avant son lancement (© : ROSATOM

L'Ural juste avant son lancement (© : ROSATOM)

 

 

L'Ural lancé (© : ROSATOM

L'Ural lancé (© : ROSATOM)

(© : ROSATOM

(© : ROSATOM)

Projet 22220 

Projet 22220 (© : BALTIC SHIPYARD)

 

Mis sur cale en novembre 2013 et lancé en juin 2016 au Chantier de la Baltique, la tête de série de ce programme, l’Arktika, devrait être livré en 2020, avec plus de deux ans de retard sur le planning initialement prévu (voir une image récente du navire). Son premier sistership, le Sibir, a été mis à l’eau en septembre 2017 et devrait entrer en flotte en 2021. Quant à l’Ural, son achèvement devrait intervenir à l'horizon 2022. Deux autres unités du même type vont s’y ajouter, alors que la Russie a annoncé en mars le lancement du projet Leader, visant à la construction d'un brise-glace de très forte capacité, mesurant pas moins de 300 mètres de long pour 50 de large, avec une propulsion nucléaire de 120 MW. Il sera capable de franchir des glaces épaisses de 4 mètres. Le chantier Zvesda de Bolshoi Kamen, dans l'Est du pays, doit être mis à niveau pour pouvoir entreprendre la construction de ce mastodonte.

 

Le projet Leader (© : ROSATOM

Le projet Leader (© : ROSATOM)

 

La construction de ces nouveaux navires vise à développer le trafic maritime à travers l’arctique russe, avec un objectif de maintenir le passage du nord-est (appelé par les Russes Route maritime du nord, ou NSR) praticable toute l’année. « L'Ural et ses sisterships sont au cœur de notre projet stratégique d'ouverture du NSR à l'activité toute l'année. Notre objectif pour 2024 est de faire passer plus de 80 millions de tonnes métriques d'expéditions par le NSR. Nous prévoyons également d’ajouter deux autres navires du projet 22220 à notre flotte de brise-glace nucléaires d'ici 2027. Le contrat de construction de ces brise-glaces devrait être signé d'ici la fin du mois d'août », a déclaré samedi, à l’occasion de la mise à l’eau de l’Ural, Alexey Likhachev, directeur général de Rosatom, le groupe ayant été chargé par le gouvernement russe du développement de cette nouvelle route maritime. Sur cet objectif de 80 millions de tonnes, le gaz naturel représente 47 Mt, le charbon 23 Mt, le pétrole 5 Mt, les produits industriels lourds, comme des machines et équipements, 5 Mt également, et les métaux 1 million de tonnes.  

Selon Rosatom, le montant total du financement pour le projet de développement NSR est de 734,9 milliards de roubles (plus de 10 milliards d’euros) sur six ans. « Jusqu'à un tiers de ce montant, soit 274 milliards de roubles, sera financé par le budget de l'État. Les deux tiers restants, soit plus de 460 milliards de roubles, seront financés par des investisseurs, dont Rosatom, Rosneft, Novatek d'autres, qui souhaitent transporter des marchandises sur la route maritime arctique ».

 

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