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La Russie va construire des destroyers lourds à propulsion nucléaire

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La Russie va construire des destroyers lourds à propulsion nucléaire

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En dehors des porte-avions américains et français, aucun bâtiment de combat de surface à propulsion nucléaire n’a vu le jour depuis les quatre croiseurs russes du type Kirov, lancés entre 1977 et 1989. Début mars, à l’occasion de la mise sur cale des frégates Retiviy et Strogiy (du type Boikiy, version améliorée du Steregushchiy) au chantier Sevemaya de Saint-Pétersbourg, le commandant de la flotte russe a créé la surprise. L’amiral Viktor Chirkov a en effet annoncé la construction d'une nouvelle génération de destroyers lance-missiles lourds dotés d’une propulsion nucléaire. La tête de série devrait être mise sur cale en 2017 à Saint-Pétersbourg, son entrée en service étant espérée entre 2023 et 2025.

Jusqu’à 12 unités de 14.000 tonnes

Le projet, connu sous le nom de Lider, porte sur des bâtiments de très fort tonnage, l’intégration des chaufferies nécessitant une plateforme de grande taille. Ainsi, le déplacement des futurs bâtiments est annoncé à 14.000 tonnes, pour une longueur de plus de 180 mètres, ce qui les fera plus passer pour des croiseurs que pour des destroyers, même s’ils seront loin d’atteindre le gabarit des Kirov, longs de 252 mètres pour 26.000 tonnes à pleine charge. Selon l’agence de presse russe TASS, l’état-major de la marine souhaite se doter de 12 unités du type Lider. La moitié devrait être affectée à la flotte du Nord et l'autre moitié à la flotte du Pacifique. Grâce à leur propulsion nucléaire, ces destroyers disposeront d'une autonomie considérable, uniquement limitée par les vivres, ce qui leur confèrera la possibilité d'évoluer pendant de longues périodes sans soutien logistique. 

 

Destroyer du type Sovremenniy (© : COLLECTION FLOTTES DE COMBAT - D. LEMACHKO)

Destroyer du type Sovremenniy (© : COLLECTION FLOTTES DE COMBAT - D. LEMACHKO)

 

Successeur des Sovremenniy

On aurait pu s’attendre à ce que cette nouvelle génération de bâtiments permette à la Russie de pourvoir au remplacement des principales unités de sa flotte de surface : les deux derniers Kirov encore en service, l’Admiral Nakhimov (ex-Kalinin) et le Petr Velikiy (ex-Yuri Andropov), opérationnels depuis 1988 et 1998, ainsi que les trois croiseurs du type Slava (186 mètres, 11.500 tpc), les Moskva, Marshal Utsinov et Varyag, mis en service entre 1982 et 1989.

 

Le croiseur Moskva (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Le croiseur Moskva (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Mais, selon l’amiral Chirkov, les Lider sont en fait destinés à succéder aux destroyers du type Sovremenniy, des bâtiments de 156 mètres et 8000 tonnes de déplacement en charge construits à 17 exemplaires et dont seulement 7 sont encore en service (ils ont été livrés entre 1988 et 1994). Passer des Sovremenniy aux Lider constituera donc un saut quantitatif et qualitatif énorme pour la marine russe. « Les nouveaux destroyers auront un tonnage considérablement plus élevé que celui de leurs prédécesseurs et leur puissance de feu sera équivalente à celle de croiseurs. Les dernières innovations de l’industrie militaire russe en matière d’automatisation seront intégrées à ce projet », a déclaré le patron de la flotte russe. Différentes vues, portant sur une maquette présentée par l'institut Krilov, montrent ce que pourrait être le Lider : Une plateforme impressionnantes au design futif équipée d'un armement considérable. Une vraie bête de guerre capable de faire frémir les marines occidentales. 

 

 

Un armement considérable

En matière d’armement, selon les sources de TASS, les Lider devraient mettre en œuvre des missiles de croisière, comme le nouveau Kalibr, en cours de développement. Cet engin pouvant être doté d’une charge classique ou d’une petite tête nucléaire (1 Kilotonne) serait selon les informations disponibles conçu pour offrir une portée de 375 kilomètres en version antinavire et de 2500 kilomètres contre des objectifs terrestres. L’embarquement sur les Lider du nouveau missile antinavire supersonique SS-N-26 Oniks, d’une portée de 300 km, est également évoqué, de même que la version navale du système antiaérien S-500, conçu pour la lutte contre les menaces aériennes classiques mais aussi la destruction de missiles balistiques.

Autant dire que les Lider seront des bâtiments de combat de première importance. Surclassant en tonnage tous leurs homologues étrangers, ils disposeront d’une force frappe considérable et seront probablement appelés à participer activement à la constitution par la Russie d’un bouclier anti-missile balistique. 

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