Marine Marchande
La Russie va démanteler son premier brise-glace nucléaire

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La Russie va démanteler son premier brise-glace nucléaire

Marine Marchande

Cela faisait 23 ans qu’il rouillait à Mourmansk. Le Sibir, premier brise-glace nucléaire russe, sorti en 1977 des chantiers de la Baltique, devrait être démantelé sur le site de Nerpa, l’opération ayant été finalement financée par le gouvernement de Moscou dans son plan d’objectifs fédéraux 2016-2030. Une partie des fonds va être spécifiquement allouée à la sécurisation des dangers liés aux radiations. Il s’agit de la première opération de déconstruction d’un navire nucléaire de cette ampleur et son coût devrait s’élever à 700 millions de roubles, soit 10 millions de dollars.

Si le combustible nucléaire usagé a été retiré depuis longtemps, il va falloir traiter l’ensemble du compartiment du réacteur, dans lequel se trouvent des déchets radioactifs solides. Le site de Nerpa, dans la baie de Kola, a une solide expérience en matière nucléaire puisque c’est ce chantier qui traite tous les vieux sous-marins de la guerre froide. Les déchets radioactifs issus des opérations de démolition sont amenés dans un site dédié en baie de Saida. 

Le Sibir, qui mesure 148 mètres pour 23.000 tonnes, n’a travaillé que 15 ans sur la route du passage du Nord-Est entre Mourmansk et le détroit de Béring. Il a été retiré du service en raison d’une erreur de conception du système de vapeur à bord. Ses trois sisterships, les Rossiya, Arktika et Sovyetskiy Soyouz devraient être démantelés à sa suite. La nouvelle génération de brise-glace de la classe LK-60YA, actuellement en construction à Saint-Petersbourg, va reprendre les noms de cette série. Ils vont entrer en flotte à partir de 2018 (voir notre article).