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La Scapêche annonce sa sortie de la pêche profonde en 2025

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La Scapêche annonce sa sortie de la pêche profonde en 2025

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L’annonce a été faite juste après que les députés et sénateurs aient rejeté l’inscription de l’interdiction du chalutage à plus de 800 mètres de profondeur dans la loi Biodiversité. La Scapêche, filiale du groupe Agromousquetaires, a annoncé se « désengager progressivement du chalutage en eau profonde » d’ici 2025.

Une nouvelle mesure volontaire en l’absence de cadre contraignant

Pour mémoire, l’armement lorientais, premier français en termes de pêche fraîche  (15.500 tonnes de poisson débarquées, pour une valeur de 43.4 millions d’euros en 2015), avait déjà annoncé qu’il appliquerait, sur une base totalement volontaire, une limite de 800 mètres pour l’ensemble de sa flotte pratiquant le chalut de fond à compter de janvier 2015. Cette première annonce avait été faite à la suite d’un long différend, très médiatisé, entre la Scapêche et des associations environnementales, notamment Bloom qui avait largement diffusé une pétition demandant l’interdiction du chalutage en eau profonde.

Cette première mesure volontaire est intervenue alors même que la réglementation européenne, pertinente dans ce domaine, sur le sujet est encore en cours d’élaboration. Et qu’au moment même de cette annonce, le Parlement européen venait, à l’issue d’un vote très serré, de rejeter le principe d’interdiction du chalutage en eau profonde.

C’est donc dans un contexte similaire – une absence de décision sur un cadre contraignant, notamment lié à une forte mobilisation des élus  - que les Mousquetaires ont choisi de communiquer sur cette nouvelle mesure volontaire qu’ils intègrent dans un ambitieux « plan de pêche durable 2025 » de 50 millions d’euros destiné à  faire « entrer la pêche de plain-pied dans le 21ème siècle ». « Le consommateur recherche un poisson de qualité à prix compétitif toute l'année, mais il est aussi de plus en plus sensible à une consommation responsable », dit ainsi Didier Duhaupand, président d'Agromousquetaires.

Evolution vers une pêche côtière et artisanale

Concrètement, sur le terrain, la mutation était déjà engagée depuis 2008 avec la diversification des types de métiers pratiqués  (bolinche, casiers, palangre), la prise de participation dans des armements de pêche artisanale, la transformation en palangrier du chalutier Heliotrope… Le mouvement devrait donc s’accélérer. « L’arrêt de la pêche et de la commercialisation sera progressif sur cette période, avec l’objectif d’un arrêt complet en 2025 », explique Agromousquetaires. « Cela nécessite, sans augmenter la pression sur le plateau continental, d’obtenir de nouveaux droits de pêche sur d’autres espèces : lieu noir, églefin, cabillaud, lotte ou encore merlu, et de réaliser des investissements dans de nouveaux armements ». La flotte devra, par conséquent, également évoluer vers la « pêche côtière et artisanale ». Le groupe assure qu’il n’y aura pas d’impact social sur le volume d’emploi embarqué et sédentaire et annonce son intention d’organiser des « points d’étape », impliquant notamment les ONG sur la mise en place de ce nouveau plan.

 

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