Construction Navale
La SNSM choisit Couach pour sa future flotte de sauvetage

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La SNSM choisit Couach pour sa future flotte de sauvetage

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Après plusieurs années de réflexion et quinze mois de discussions avec plusieurs équipes d’architectes et de constructeurs, la Société Nationale de Sauvetage en Mer a choisi le lauréat de sa procédure de dialogue compétitif destinée à choisir le maître d’œuvre unique de sa future flotte de sauvetage. Nous le révélions à la mi-journée, et la SNSM l'a confirmé dans la foulée, il s’agit du chantier Couach de Gujan-Mestras, en Gironde, qui entre dans une phase de négociations exclusives avec l'association en vue de signer le contrat d’ici la fin de l’année.

Pour cette compétition, Couach est allié aux architectes Frédéric Neuman et Christophe Barreau, le premier ayant pour mémoire travaillé en 2017 avec la SNSM sur une étude préliminaire qui avait permis de définir les besoins fonctionnels et la structuration en gamme des futurs moyens nautiques de l’association.

Trois puis deux candidats en lice

Suite à l’appel à candidatures lancé en avril 2018, trois candidats avaient été désignés finalistes l’été dernier. Mais l’un d’eux, le cherbourgeois CMN, avait décidé de jeter l’éponge. Ne restait plus en course que le trio Couach-Neuman-Barreau face au groupe Grand Large. Sur le papier, ce dernier semblait disposer de sérieux atouts, car en dehors de ses chantiers spécialisés dans les bateaux de plaisance (Allure, Garcia, Outremer et Gunboat), il est propriétaire d’Alumarine, constructeur de navires de travail qui a déjà réalisé des vedettes de sauvetage pour la SNSM. Grand Large s’était de plus allié au bureau d’architecture nantais de Pierre Delion, qui a lui aussi une solide expérience des bateaux professionnels, a récemment conçu la vedette de la station SNSM de Gravelines et une belle série de semi-rigides avec Zeppelin. Un background dont ne bénéficient pas leurs concurrents, plutôt spécialisés dans la plaisance et le militaire (en particulier des intercepteurs). « Ils ont tout de même une forte expérience dans le secteur professionnel et les produits militaires notamment sont des bateaux à très hauts standards. Couach apporte de plus un outil industriel très performant avec des capacités de production importantes qui apportent la flexibilité que nous recherchons par rapport aux petits chantiers traditionnels avec lesquels nous avons travaillé jusqu’ici. Nous devons en effet, si nos ressources le permettent, pouvoir augmenter rapidement le niveau de commande. Au travers de ce contrat, nous allons donc non seulement acheter des bateaux, mais aussi une flexibilité industrielle », explique-t-on au siège de l’association. Car la SNSM, dont le financement dépend majoritairement des dons, a des ressources fluctuantes qui lui permettent d’année en année de réaliser des investissements plus ou moins importants.

« Couach a été de loin le meilleur »

Cette capacité à s’adapter aux ressources du client semble avoir été un argument déterminant pour permettre à Couach de convaincre la SNSM. Mais ce n’est pas le seul assure-t-on chez les sauveteurs. Interrogé par Mer et Marine sur ce choix, Xavier de la Gorce affirme que « sur les différents critères d’appréciation qui ont été mis en place, Couach a été de loin le meilleur ». Le choix du lauréat effectué, Il faut maintenant aboutir à un contrat : « Nous avons fixé un délai de six mois après le dépôt des offres, au printemps dernier. Nous avons l’espoir de signer un contrat d’ici la fin de l’année, sans doute autour de décembre. Mais avant cela, il y a des mises au point à faire et les discussions vont se poursuivre pour aboutir aux décisions définitives. Il faut mener cette phase avec sérieux et prendre son temps car c’est un projet majeur, très engageant et fondamental pour l’avenir de la SNSM ».

Pour mémoire, afin réduire les coûts et solutionner les problématiques financières de son statut d’association, qui ne peut emprunter et donc lancer une politique d’acquisition en série sur le long terme, la SNSM a voulu confier à un maître d’œuvre unique la conception et la construction de l’ensemble de sa future flotte. Ce qui donne à l’industriel retenu une visibilité à long terme et la possibilité de trouver des solutions de financement. Et pour l’association cela permettra notamment de standardiser un outil nautique aujourd’hui très disparate, avec des gains financiers significatifs tout en facilitant la formation des sauveteurs et la logistique liée à la maintenance.

Un contrat de 10 ans et au moins 70 bateaux à réaliser

Le contrat va porter sur une période de 10 ans, avec le renouvellement d’au moins 70 embarcations de la SNSM, dont les vénérables canots tous temps construits dans les années 80. Le budget estimé est de l’ordre de 40 à 50 millions d’euros, les premières livraisons sont attendues en 2020. Le nombre exact de bateaux qui seront réalisés au cours de la prochaine décennie dépendra comme on l’a vu des ressources financières que pourront mobiliser les sauveteurs en mer. A ce titre, l’association espère un coup de pouce supplémentaire de l’Etat à l’occasion du Comité interministériel de la mer qui devrait se dérouler cet automne. Suite au drame des Sables d’Olonne, le gouvernement pourrait en effet décider d’amplifier son soutien annuel. Mais ce n'est pas encore acquis. 

Six nouveaux types de bateaux

Cette Flotte du futur se répartira en une gamme composée de six types de bateaux : Il s’agit des Navires de Sauvetage Hauturiers de première classe (NSH 1) d’environ 17 mètres et de seconde classe (NSH 2) de 14.5 mètres. Regroupées dans la même catégorie, les quatre autres embarcations sont dédiées aux opérations proches du littoral, avec un seul modèle de vedette, le Navire de Sauvetage Côtier de première classe (NSC 1), qui mesurera 11.7 mètres. S’y ajoutent deux types de semi-rigides, le NSC 2 de 8.6 mètres et le NSC 3 de 6.4 mètres, ainsi que des pneumatiques (IRB) de 3.9 mètres et des jet-skis de 3.4 mètres regroupés dans une dernière catégorie, nommée NSC 4.

Sur les 10 prochaines années, les besoins de base pour renouveler les moyens des stations métropolitaines et ultramarines sont aujourd’hui estimés autour de 20 NSH et 50 NSC. 

 

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