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La SNSM demande au gouvernement la tenue d’assises nationales du sauvetage en mer

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La SNSM demande au gouvernement la tenue d’assises nationales du sauvetage en mer

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Suite au drame des Sables d’Olonne, qui a coûté la vie à trois sauveteurs bénévoles vendredi dernier, le président de la SNSM propose au gouvernement d’organiser en septembre des Assises nationales du sauvetage en mer, avec pour objectif que « des décisions soient prises lors du prochain Comité interministériel de la mer en novembre ». Xavier de la Gorce tire une nouvelle fois la sonnette quant aux besoins de financement de l’association, en particulier pour renouveler sa flotte vieillissante. « Il faut être attentif à la pérennité de notre exceptionnel modèle de sauvetage. Or, nous avons de grosses incertitudes sur le financement du renouvellement de nos moyens, à commencer par la flotte hauturière, les fameux 40 canots tous temps mis en service dans le prolongement de l’accident de l’Aber Wrac’h, en 1986 », explique à Mer et Marine le président de la SNSM

Un « Plan Marshall pour le renouvellement de la flotte »

« Nous ne pouvons pas poursuivre sans visibilité et dans l'incertitude » dit Xavier de la Gorce, qui appelle à un « Plan Marshall pour le renouvellement de la flotte, en particulier en Bretagne ». Car l’association ne peut plus attendre. Dans le cadre du projet « Flotte du futur », il lui faut renouveler dans les toutes prochaines années quelques 70 bateaux, sur les 450 embarcations qu’elle possède aujourd’hui. Parmi eux, il y a donc une quarantaine de canots tous temps construits dans les années 80, grâce à un fort soutien public qui avait fait suite au drame de l’Aber Wrac’h, dans lequel 5 sauveteurs sont morts en 1986 après que leur canot en bois se soit fracassé sur les rochers lors d’une opération de secours. Le Jack Morisseau, qui a fait naufrage aux Sables, faisait partie de cette génération de vieux CTT, dont les sauveteurs prennent le plus grand soin mais qui ne sont évidemment pas éternels et doivent être remplacés par des moyens plus modernes bénéficiant de tous les progrès techniques permettant d’améliorer la sécurité des équipages. Ces canots tous temps sont les plus gros bateaux de l’association, ceux qui sont capable d’aller loin dans les mers les plus démontées. Or, le coût d’un CTT neuf est aujourd’hui de plus d’1 million d’euros. Un investissement que la SNSM, avec ses maigres moyens, ne peut se permettre dans les proportions de ses besoins.

Ainsi, depuis 2015, seuls trois CTT de nouvelle génération ont pu être mis en service. Et dans le même temps il faut aussi pourvoir au remplacement des vieilles vedettes et de moyens plus légers, semi-rigides ou pneumatiques par exemple. Cela, alors que les coûts de formation des sauveteurs en mer augmentent sensiblement puisque la SNSM ne peut plus uniquement compter sur les anciens pêcheurs et navigants de la marine marchande comme de la marine nationale. Elle doit aujourd’hui trouver des bénévoles dans tous les secteurs de la société, et donc les former.

Réunir 12 millions d’euros par an pour mener les investissements nécessaires

Sur le plan financier, l’équation est devenue insoluble. Le budget de fonctionnement de la SNSM, qui compte 214 stations en France métropolitaine et Outre-mer, s’appuyant sur 8000 bénévoles et seulement 80 salariés, est de 32 millions d’euros. A cela s’ajoute le budget d’investissement, c’est-à-dire les sommes mobilisables pour le renouvellement des moyens. Pour répondre aux besoins actuels, il doit être de 12 millions d’euros par an dans les années qui viennent. Une somme que la SNSM est parvenue, grâce à d’importants legs, à obtenir pour 2019. Mais, généralement, l’association arrive péniblement à en réunir la moitié et, l’an dernier, ses comptes étaient tellement exsangues qu’elle n’a pu mobiliser que 4 millions d’euros pour se moderniser. La situation est d’autant plus délicate que la SNSM dépend financièrement à 80% de ressources privées, générosité du public et dons des entreprises, par définitions variables. Alors que les collectivités locales aident les stations à acquérir de nouveaux moyens, mais voient leurs budgets de plus en plus contraints, l’Etat a relevé son niveau annuel de subvention, passé en 6 ans de 1.8 million à 6 millions. Il y a certes du progrès de ce point de vue, mais cette somme demeure dérisoire, surtout au regard de la mission de service public accomplie par l’association. 

 

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