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La Suisse préfère le Gripen au Rafale

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La Suisse préfère le Gripen au Rafale

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L'armée helvétique devrait finalement acheter l'avion de combat suédois Gripen, qui l'a emporté contre le Rafale Français. Les militaires suisses ont, en substance, expliqué que l'appareil de Dassault était « trop bon » et que le Gripen, même s'il offrait des capacités moindres, était suffisant pour les besoins nationaux. L'avion de Saab présente également un prix moins élevé, ce qui devrait permettre à la Suisse de se doter, comme prévu, de 22 nouveaux appareils de combat. Le prix ne semblait toutefois pas un problème il y a quelques semaines, lorsque les militaires helvètes avaient fait connaître leur préférence pour le Rafale. « Les capacités du Rafale permettraient à la Confédération Helvétique d'acquérir un nombre inférieur d'appareils pour répondre aux besoins opérationnels, à un coût équivalent ou inférieur, tel que démontré lors des évaluations des Forces Aériennes Suisses », estime Dassaut Aviation, qui tacle son concurrent suédois en affirmant que « le Gripen "helvétisé" n'existe que sur le papier. Son développement technique et sa production devraient accroître significativement les efforts financiers des Autorités Suisses pour la réalisation de ce programme ».

Un groupe de Gripen suédois  (© : SAAB)
Un groupe de Gripen suédois (© : SAAB)

En révélant son choix, le Conseil fédéral a expliqué qu'il avait « sciemment décidé de ne pas positionner la Suisse au plus haut niveau européen s'agissant des performances des nouveaux avions de combat ». Un choix mal vécu par les industriels français, qui se disaient très confiants, en octobre, quant à la vente de Rafale en Suisse. Que s'est-il alors passé? Sur son blog Secret Défense, notre confrère Jean-Dominique Merchet suggère que la proposition française a peut-être été sabordée par la position de la France sur les paradis fiscaux, notamment via une intervention de Nicolas Sarkozy lors du G20 de Cannes, le 4 novembre : « Dans un discours très virulent contre les paradis fiscaux, le président de la République pointe les "défaillances" de onze pays dans la lutte contre la fraude fiscale et menace de les "mettre au ban de la communauté internationale." Dans la liste qu'il présente, on y trouve les pays habituels (Barbade, Panama, Vanuatu, etc) mais également le Liechtenstein et... la Suisse ». Les autorités de Berne avaient alors fait connaître leur colère à Paris mais, le 24 novembre, Valérie Pécresse, ministre du Budget, en a apparemment rajouté à la brouille en annonçant que la France ne signerait pas d'accord avec la Suisse contre la fraude fiscale... De quoi sans doute provoquer une mesure de rétorsion, en l'occurrence l'abandon du projet Rafale.
Après cet échec en Suisse, Dassault Aviation espère toujours placer son avion aux Emirats, ainsi qu'en Inde, qui semblent les deux marchés où le Rafale est le mieux placé, mais où le constructeur français fait également face à une forte concurrence. L'appareil tricolore est également proposé au Brésil.

Dassault Aviation