Marine Marchande
La tension monte entre les armements du détroit

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La tension monte entre les armements du détroit

Marine Marchande

La bataille fait rage entre MyFerryLink et DFDS, deux des trois armements (aux côtés du britannique P&O) opérant sur le détroit du Pas-de-Calais.  Le ton vient de monter d’un cran à l’occasion de l’audience en appel devant  la Central Administrative Court de Londres, qui doit juger de la légalité du jugement de l’autorité de la concurrence britannique (CMA). Pour mémoire, cette dernière a estimé, par deux fois, qu’il existait un risque monopolistique sur la ligne Calais-Douvres en raison du lien entre MyFerryLink et Eurotunnel, qui possède sa flotte.

L’avenir de la compagnie nordiste risque donc de se jouer devant cette cour londonienne, qui devrait rendre son jugement d’ici la fin de l’année. En effet, une approbation de l’avis de la CMA reviendrait à une exclusion de facto de la ligne Douvres-Calais pour MyFerryLink.

C’est dans ce contexte de grande tension juridique et sociale qu’est intervenu Niels Smedegaard, patron de DFDS, dans une interview accordée au Lloyd’s List en fin de semaine dernière. Il déclare dans cette dernière que son armement pourrait se retirer si MyFerryLink était autorisée à poursuivre son activité. Il évoque une surcapacité sur cette rotation, qui aurait provoqué des pertes de 110 millions de couronnes danoises (15 millions d’euros) par an depuis trois ans.

 

Surcapacité ou manque au départ de Douvres ?

 

Pour mémoire, DFDS exploite actuellement deux navires sous pavillon français sur la ligne : le Calais Seaways (ex Norman Spirit) et le Dieppe Seaways (ancien SeaFrance Molière). La compagnie exploite par ailleurs trois navires le Dover Seaways, le Dunkerque Seaways et le Delft Seaways sur la ligne Dunkerque-Douvres. Le Dieppe Seaways va être rendu à son armateur Stena courant décembre. « Nous sommes en cours de recherche de solutions (interne ou externe) pour le remplacer », précise-t-on chez DFDS France. Le Calais Seaways vient quant à lui de subir une avarie de propulsion,  mais celle-ci ne présenterait « à ce stade », dit l'armement, « aucune problématique ou impact sur la route Calais Douvres ». La filiale française du groupe danois confirme également la possibilité d’un retrait de la ligne. « Il y a aujourd'hui plus de capacités sur le détroit  qu'avant la chute de SeaFrance », rappelle-t-elle.

Du côté de MyFerryLink, on n’apprécie guère la sortie du patron de DFDS et on ne partage guère cette analyse.  Raphaël Doutrebente estime, au contraire, qu’il y a un manque de capacité au départ de Douvres. Et il déplore la guerre des prix qui fait actuellement rage sur le détroit. La compagnie nordiste, qui représente actuellement 10% du marché en fret et en tourisme, vise les 900.000 passagers et 380.000 camions pour l’année 2014. Et un équilibre financier à la mi-2015.

MyFerryLink DFDS Seaways