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La Touline garde le cap et aide toujours plus de gens de mer

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Les voyants sont à nouveau au vert. Après une année 2016 qui avait vu un exercice déficitaire, notamment en raison d'une baisse des subventions publiques, l’exercice 2017 de La Touline est bénéficiaire. « Il fallait que nous nous questionnions sur notre modèle économique », explique Anne Le Page, directrice de l’association. Les subventions qui représentaient 62% du budget de La Touline en 2014 sont passées à 40% en 2017. « A la suite de ce constat, nous nous sommes entourés de partenaires et amis de La Touline pour évaluer à la fois les nouvelles contraintes du milieu dans lequel nous évoluons mais également les besoins de notre public ».

Une belle reconnaissance au niveau national

La Touline a réussi à réduire ses charges mais surtout à multiplier les prestations (VAE, action de formation…), qui représentent désormais 50% de son budget. Parallèlement, l’association a alerté les pouvoirs publics centraux pour pouvoir être aidée dans sa mission d’accompagnement des marins. Appuyée notamment par le SG Mer, cette démarche aboutit à des réunions de travail portant sur un projet de convention multipartite avec Armateurs de France, l’OPCA Transports et la DGEFP (délégation générale à l'emploi et à la formation professionnelle)  qui permettrait la mise en place d’une sorte de guichet unique, coordonné par la Touline, pour l’emploi et la formation des marins de commerce. « C’est une première étape », se félicite Anne Le Page.

L’expertise de La Touline est reconnue désormais sur l’ensemble du territoire. Notamment à Marseille, où l’association dispose d’une antenne et « d’un fort soutien du Conseil régional », avec qui elle va signer une convention pluriannuelle. « Il s’agit de travailler sur le développement de l’emploi maritime, à travers notamment l’orientation et la sensibilisation aux métiers de la mer. Différentes actions vont être engagées autour des Jeux Olympiques de 2024 dont les épreuves nautiques se dérouleront dans la région PACA ». Il y a également les Hauts-de-France, où La Touline a été sollicitée pour un diagnostic sur les actions mises en place autour de l’emploi maritime à Boulogne. Les acteurs locaux souhaitent, à terme, voir une présence permanente de l’association dans le port.

Rester vigilants

« La situation s’est améliorée mais rien n’est acquis, nous devons rester vigilants ». Anne Le Page et les employés de la Touline n’ont rien perdu de leur optimisme et de leur motivation : tous les jours, ils accompagnent, orientent, organisent des stages de découverte des métiers de la mer pour les demandeurs d’emploi, des actions de formation RH au profit des petits armements… « Nous avons de très belles réussites, notamment grâce à nos partenaires. C’est une notion à laquelle je tiens beaucoup parce que quand on travaille ensemble et en bonne intelligence, on obtient de très beaux résultats ». Anne Le Page n’aspire qu’à cette sérénité, dans un contexte où les réformes s’effectuent à un rythme effréné et où la formation est progressivement en train de devenir un véritable marché. « Nous sommes dans un environnement inconfortable, mais cela ne doit pas nuire à ceux qui sont en recherche d’emploi ». Début 2018, une action de formation organisée par La Touline a ainsi dû être annulée, en raison d’une mauvaise coordination entre les différents partenaires. « Tout cela reste fragile et l’individualisme que nous observons de plus en plus dans le milieu de la formation ne doit pas se faire au détriment de l’intérêt général ».

Bientôt 30 ans

Dans le domaine de l’emploi maritime, l’association continue à constater une véritable pénurie de mécaniciens, « de 750 kW au chef mécanicien, on a du mal à trouver », mais également de matelots expérimentés. « Les employeurs cherchent des matelots brevetés avec le certificat de matelot de quart passerelle et celui de matelot qualifié pont ». Les cuisiniers sont également très recherchés, ainsi que des capitaines 200 Voile. « C’est toujours le même problème, nous avons beaucoup de diplômés mais peu de brevetés. Il n’est pas toujours évident de faire les temps de navigation nécessaires, mais pourtant c’est ce que les armateurs recherchent ».

L’année prochaine, la Touline aura 30 ans. « Mon objectif, c’est que l’on tienne jusque-là ». La voix d’Anne Le Page est un peu fatiguée, même si elle ne perd en rien sa volonté et son engagement au service des gens de mer. Trente ans, c’est si jeune.

 

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