Défense
La Turquie achève le montage de son LHD et veut construire ses propres sous-marins
ABONNÉS

Actualité

La Turquie achève le montage de son LHD et veut construire ses propres sous-marins

Défense

L’assemblage du premier porte-hélicoptères d’assaut (LHD) de la marine turque, mis sur cale en février 2018 au chantier Sedef de Tuzla, est en voie d’achèvement. L’Anadolu, dont la première tôle avait été découpée en présence du président Erdogan le 30 avril 2016, devrait être mis à l’eau prochainement en vue d'une livraison espérée d'ici la fin 2020. 

Commandé en 2015, il est construit sur la base du design des bâtiments de projection (BPE) conçus par Navantia et dont trois exemplaires sont déjà en service, le premier depuis 2010 dans l’Armada espagnole (Juan Carlos I) et les deux autres dans la flotte australienne (Canberra et Adelaide) qui les a réceptionnés en 2014 et 2015.

 

Le Juan Carlos I de la marine espagnole (©  JEAN-LOUIS VENNE)

Le Juan Carlos I de la marine espagnole (©  JEAN-LOUIS VENNE)

 

Long de 225 mètres pour une largeur de 32 mètres et un déplacement en charge de 28.000 tonnes, l’Anadolu pourra mettre en œuvre quatre chalands de débarquement et transporter près de 70 véhicules, dont 13 chars lourds et 27 véhicules blindés amphibies du type AAV. Capable d’accueillir jusqu’à 700 hommes de troupe, en plus de ses 250 membres d’équipage, il mettra en œuvre une trentaine d’aéronefs. Initialement, la marine turque souhaitait pouvoir en plus d’hélicoptères y déployer des avions de combat à décollage court et appontage vertical F-35B. Cela, afin de disposer de son premier porte-aéronefs. Mais, suite au choix d’Ankara d’acquérir des systèmes de défense aérienne S-400 fournis par la Russie, les Etats-Unis ont décidé d’exclure la Turquie du programme F-35. Sauf à ce que Washington revienne sur cette mise à l’écart, l’Anadolu devrait rester un simple porte-hélicoptères, aucun autre avion moderne de type VTOL n’étant aujourd’hui disponible.

L’Andaolu fait partie d’un vaste plan de modernisation de la marine turque, qui muscle notamment ses moyens de projection amphibie et aéromobile. En plus du futur porte-hélicoptères d’assaut, deux nouveaux bâtiments de débarquement de chars, les Bayraktar et Sancaktar, ont été mis en service. Longs de 139 mètres pour une largeur de 19 mètres et un déplacement de 7250 tonnes en charge, ils peuvent transporter 20 chars lourds, jusqu’à 60 autres véhicules, et 350 soldats.

 

Le Sancaktar (©  MARC OTTINI)

Le Sancaktar (©  MARC OTTINI)

Le Sancaktar (©  MARC OTTINI)

Le Sancaktar (©  MARC OTTINI)

 

Dans le domaine des unités de combat de surface, le gros de la flotte turque est encore constitué des anciennes frégates américaines du type FFG 7 et des Meko 200 T allemandes, soit seize unités en service. Quatre nouvelles corvettes du type MILGEM, de conception et de construction nationales, sont entrées en service ces dernières années ainsi que les nouveaux OPV du type Tuzla qui ont suivi les patrouilleurs lance-missiles du type Kiliç. Dans le même temps, un programme de quatre frégates légères du type TF-100 a été lancé pour des livraisons au début des années 2020. La Turquie voudrait aussi réaliser de grands destroyers lance-missiles mais butte encore sur le système de défense aérienne.

 

 

En attendant, la stratégie navale d’Ankara vient de connaitre une évolution majeure, toujours en ligne avec la volonté du pays d’acquérir une souveraineté industrielle et technologique dans ce domaine. Fin octobre, la Turquie a en effet annoncé son intention de développer son premier programme national de sous-marins. Des bâtiments qui doivent être conçus et entièrement réalisés par des industriels turcs, la livraison de la tête de série par les chantiers de Gölcük étant espérée d'ici 2040. Un programme de longue haleine considéré comme stratégique et pour lequel la Turquie compte bénéficier de la construction en transfert de technologie de six sous-marins du type 214. Des bâtiments commandés en 2011 au groupe allemand TKMS, qui déjà aidé les Turcs à produire leurs actuels sous-marins (8 type 209/1400 et 4 type 209/1200, le plus récent étant sorti en 2007). Au moins trois 214 seraient maintenant en cours de construction à Gölcük en vue d’une mise en service au cours de la prochaine décennie. En plus de la fabrication des coques et de l’intégration des composants, un certain nombre d’équipements et de systèmes sont produits par des firmes turques, qui seront impliquées dans le futur programme national.