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La vie sur SNLE : 70 jours sans voir la terre
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Reportage

La vie sur SNLE : 70 jours sans voir la terre

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Leur univers s'apparente à celui de la Station spatiale internationale. Sauf que pendant 70 jours, les 108 marins du Téméraire ne voient même pas la terre. Ce bâtiment est l’un des quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de la Marine nationale basés à l’Ile Longue, face à Brest. Chacun de ces SNLE peut embarquer 16 missiles balistiques intercontinentaux. Encore équipé du M45, le Téméraire sera le dernier à recevoir le M51 après sa transformation programmée dès cette fin d'année (30 mois de travaux à Brest). Stéphane Jézéquel, de la rédaction du Télégramme, a voulu en savoir plus sur la vie à bord d'un tel bateau. Reportage :

Soixante à 80 jours coupés du monde, à 108 à bord d'un sous-marin de 138 mètres pour 14.200 tonnes ! La bête impressionne à quai et à l'intérieur, les espaces de vie sont plus que comptés. Au centre, les seize missiles nucléaires de 35 tonnes chacun (55 t pour les M51), à l'avant, les torpilles défensives, à l'arrière, la chaufferie nucléaire et la partie propulsion. Le sous-marin est conçu autour de ces organes vitaux. Réduits, compacts, optimisés. Même si les marins du Téméraire, qui sont tous passés sur sous-marins d'attaque (SNA), disent apprécier l'espace et le « confort » du SNLE.

 

 

Totale rupture

Les équipages de SNLE quittent leur vie de tous les jours pour l'austère monde du silence et ses restrictions en tout genre. Fini l'ultra-connexion et les réseaux sociaux ! Ils plongent sur une route et dans un endroit que seul le commandant et une petite dizaine de marins connaissent, à bord. À terre, personne ne sait où le bâtiment se trouve, même pas le chef d'état-major et encore moins le président de la République qui possède les codes de l'arme atomique.

Le sous-marin quitte sous bonne escorte la rade de Brest et disparaît dans les profondeurs dès le franchissement du talus continental. En immersion, il peut recevoir quelques messages mais n'émet absolument rien. La rupture avec la terre est totale. Même les messages que peuvent envoyer les familles aux marins, une fois par semaine, sont limités à 40 mots.

 

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