Marine Marchande
L'Abeille Liberté, gardienne de la Manche

Reportage

L'Abeille Liberté, gardienne de la Manche

Basé depuis octobre à Cherbourg, où elle a pris la relève de l'Abeille Languedoc, l'Abeille Liberté assure la surveillance et le sauvetage en Manche. Quelque soit la météo, le remorqueur est souvent le dernier secours des navires en difficulté.
Marine Marchande
Reportage

80 mètres de long, 16.5 mètres de large et un déplacement de 4000 tonnes. Dans le port de Cherbourg, l'Abeille Liberté, avec sa haute stature, a de quoi impressionner. Il est 11 heures du matin. Le ciel s'éclaircit alors que la coupée est remontée. Lentement, le Remorqueur d'Intervention, d'Assistance et de Sauvetage s'éloigne du quai, et commence à naviguer vers la sortie de la rade. Pendant deux jours, l'Abeille Liberté va mener une mission de surveillance au large du Cotentin : « Nous effectuons ce type de sortie toutes les deux semaines, afin d'entraîner l'équipage », explique Pascal Potrel. A 49 ans, l'ancien commandant de l'Abeille Languedoc a été chargé, cet hiver, d'aller chercher son nouveau bateau en Norvège. C'est là, aux chantiers Kleven Maritime de Gursken, que la Liberté a été construite, cinq mois après son aînée, l'Abeille Bourbon, basée à Brest. Dans les coursives, la carte de navigation utilisée entre la Norvège et Cherbourg est encadrée, souvenir de cette première grande traversée. Propriété de l'armement Les Abeilles International, filiale de BOURBON, le bâtiment est affrété pour 8 ans par la Marine nationale, avec la possibilité de renouveler sur deux périodes de 3 ans. Suite à la catastrophe de l'Amoco Cadiz, en 1978, l'Etat a décidé de disposer, en permanence, de deux remorqueurs de haute mer, l'un positionné à la pointe Bretagne, l'autre à Cherbourg. Ces 25 années d'opérations, sous le commandement des préfets maritimes, ont permis d'acquérir un dispositif de prévention et d'intervention particulièrement efficace : « Depuis 1978, nous avons su développer une confiance mutuelle entre l'Etat-major et les équipages des remorqueurs. Ce navire est l'une des pièces maîtresses de l'action de l'Etat en mer et nos missions se sont fortement étoffées au fil des années. Nous faisons désormais, en plus de l'assistance et du remorquage, de la lutte anti-pollution et même de la police de la navigation, avec l'embarquement d'un gendarme maritime. Nous passons, ainsi, d'une fonction à l'autre, ce qui nous permet d'être extrêmement polyvalents. C'est pourquoi ce bateau a des capacités nettement supérieures à la Languedoc, en terme de puissance et de possibilités d'emport, notamment de personnel. La souplesse du système est un apport énorme », souligne Pascal Potrel. Beaucoup plus grand que son prédécesseur, qui ne mesurait que 63 mètres pour un déplacement de 1500 tonnes, le RIAS, grâce à ses installations, peut servir de PC de crise. C'est ainsi qu'en janvier, lors de l'accident du fileyeur Klein Familie, l'Abeille Liberté a servi de base en pleine mer lors des opérations de plongée menées par l'Argonaute et de la Croix du Sud.

21.700 chevaux sous la carène

L'une des principales différences entre l'Abeille Liberté et son aînée réside dans le très important gain de puissance d'une génération à l'autre. Construite en 1979 la Languedoc dispose de 4 moteurs diesels Atlas-Mak, développant une puissance de 16.000 CV, et deux propulseurs d'étrave de 350 CV chacun. Sur la Liberté, les quatre Mak développent 21.700 CV et, en plus des deux propulseurs d'étrave de 1200 CV, le navire dispose de deux propulseurs arrières de 700 CV : « Sur deux moteurs, nous tournons à 16.5 nSuds, alors que sur la Languedoc, il fallait les quatre moteurs pour atteindre cette vitesse. La puissance permet la réaction, car ont peut aller plus vite, à 19.5 nSuds, mais aussi l'économie du matériel, en utilisant alternativement les différents moteurs. Le …

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