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L’Adroit débute son dernier déploiement sous pavillon français

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L’Adroit débute son dernier déploiement sous pavillon français

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Le patrouilleur de haute mer L’Adroit a appareillé le 11 janvier de Toulon pour son dernier grand déploiement au sein de la Marine nationale. Réalisé sur fonds propres par DCNS, ce prototype de la nouvelle gamme d’OPV développée par le groupe naval est mis à disposition de la flotte française depuis octobre 2011. Initialement, il ne devait y rester que trois ans mais la convention de partenariat a été prolongée à deux reprises, en décembre 2014 puis à l’été 2015. La dernière mouture prend fin en juillet prochain et le « prêt » du bâtiment ne sera pas renouvelé une troisième fois, confirme-t-on à l’état-major de la marine. Bien qu’une plateforme supplémentaire est la bienvenue en cette période où la flotte est très sollicitée, l’armement de L’Adroit ne fait pas partie du format actuel de la marine, qui fonctionne à flux tendu et n’a donc plus les moyens, notamment humains, de continuer à l’armer.

 

L'Adroit à Toulon l'été dernier

L'Adroit à Toulon l'été dernier (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Une mission en forme de grande tournée commerciale

DCNS, de son côté, cherche à vendre depuis plus de trois ans cet OPV moderne de 87 mètres et 1500 tonnes, pour le moment sans succès. Le groupe naval, qui aurait différentes « touches » avec des clients potentiels, mise donc beaucoup sur l'ultime déploiement du bâtiment pour concrétiser sa reprise par une marine étrangère. La mission de L’Adroit, qui durera jusqu’au mois de mai, a d’ailleurs très clairement pris l’allure d’une grande tournée commerciale, la Marine nationale agissant à cette occasion en soutien à l’export au profit de DCNS.

L’Adroit, qui vient de franchir le détroit de Gibraltar, a mis le cap sur l’Amérique latine, où il va faire escale dans différents pays à partir de la fin janvier. Logiquement, on devrait le voir au Brésil, en Uruguay ou encore en Argentine, dont les marines souhaitent renforcer leurs moyens en matière de patrouilleurs hauturiers. Le bâtiment français devrait ensuite retraverser l’Atlantique pour gagner le continent africain et notamment l’Afrique du Sud, qui compte faire réaliser six nouveaux OPV dans le cadre du programme BIRO. On devrait aussi retrouver L’Adroit au Mozambique, qui dans le cadre du développement de ses énormes réserves de gaz offshore, souhaite muscler ses moyens navals. A ce titre, le pays a déjà commandé trois patrouilleurs et six intercepteurs au constructeur français CMN.

 

(© : MARINE NATIONALE)

(© : MARINE NATIONALE)

 

Retour prévu au sein d'Atalante

Après ces différentes visites, le déploiement de L’Adroit devrait prendre une consonance plus opérationnelle puisqu’il retrouvera le nord de l’océan Indien. La marine devrait profiter de son passage dans la zone pour le faire participer de nouveau à l’opération européenne Atalante de lutte contre la piraterie au large de la Somalie. A l’issue, L’Adroit remontera la mer Rouge pour rejoindre la Méditerranée et, avant de rallier Toulon, pourrait passer par la Croatie. Un planning qui peut bien entendu évoluer en fonction des besoins opérationnels.

Pour mémoire, L’Adroit est le prototype du modèle OPV 90, développé par DCNS et commercialisé par Kership, société commune du groupe naval et de Piriou. Long de de 87 mètres pour une largeur de 13.6 mètres, ce bâtiment de 1500 tonnes, armé par environ 35 marins, peut mettre en œuvre un hélicoptère et un drone aérien, ainsi que deux embarcations rapides déployées par un système de rampes à l’arrière.

 

L'Adroit (© : DCNS)

L'Adroit (© : DCNS)

 

Depuis qu’il est en service dans la Marine nationale, ce bâtiment a mené différentes opérations, dont Atalante ainsi que l’évacuation de ressortissants au Yémen l’an dernier. Assurant entretemps différentes missions de surveillance maritime, de lutte contre l'immigration clandestine (au profit de l'agence européenne Frontex) ou encore de police des pêches, il a également servi à expérimenter différents engins sans pilote, dont le premier drone embarqué à voilure tournante mis en œuvre par la France, en l’occurrence le Camcopter S-100 de la société autrichienne Schiebel. 

- Voir notre article complet sur le grand déploiement de 2013

 

Au large de la Somalie en 2013

Au large de la Somalie en 2013 (© : MARINE NATIONALE)

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