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L'Adroit fait son show à Lorient

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L'Adroit fait son show à Lorient

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Un vrai temps breton, ce vendredi 17 juin, pour le baptême d'un navire qui rejoindra bientôt les eaux chaudes de l'océan Indien. Le crachin lorientais et un fort vent d'ouest n'ont pas donné une minute de répit aux autorités venues saluer le baptême de L'Adroit, premier-né des patrouilleurs et corvettes de la famille Gowind. Avec deux absences remarquées : celle de la marraine initialement prévue, Christine Lagarde. La ministre de l'Economie et des Finances était retenue à Paris « en raison de la situation financière grecque », pour préparer la rencontre franco-allemande se déroulant le même jour. Et celle de Patrick Boissier, patron de DCNS, en déplacement à Saint-Pétersbourg, pour la signature du contrat de vente de deux bâtiments de projection et de commandement (BPC) du type Mistral à la Russie. Bernard Planchais, numéro 2 du groupe naval, était quant à lui dans le Cotentin pour accompagner le ministre de la Défense, en visite à Cherbourg, où l'on attend la commande imminente du troisième sous-marin nucléaire d'attaque du type Barracuda.

L'Adroit a été baptisé le 17 juin   (© : DCNS)
L'Adroit a été baptisé le 17 juin (© : DCNS)

C'est donc Bernard Huet, directeur général adjoint de DCNS, qui s'est retrouvé maître de cérémonie aux côtés de l'amiral Pierre-François Forissier, Chef d'état-major de la Marine. Sur la scène dressée dans la nef de construction du nouveau patrouilleur hauturier (Offshore patrol Vessel - OPV), Bernard Huet a rappelé que « l'Adroit est l'aboutissement d'un rêve, celui de construire un nouveau navire, dans des délais très courts, en s'appuyant sur la motivation exceptionnelle d'une cinquantaine d'entreprises, partenaires et sous-traitants, majoritairement des PME. Mais c'est aussi l'émergence d'une nouvelle ambition, celle d'emmener la filière navale française vers de nouveaux succès ».

Bernard Huet, directeur général de DCNS (© : DCNS)
Bernard Huet, directeur général de DCNS (© : DCNS)

L'amiral Forissier, chef d'état major de la Marine  (© : DCNS)
L'amiral Forissier, chef d'état major de la Marine (© : DCNS)

Produit original, tant dans sa conception que dans son mode de financement sur fonds propres (environ 30 millions d'euros), l'Adroit, qui sera mis à disposition de la Marine nationale pendant 3 ans (2012 - 2015), vise à conquérir une nouvelle clientèle pour DCNS. Dédié aux missions de type action de l'Etat en mer (surveillance, police des pêches, lutte contre le narcotrafic, la piraterie ou l'immigration clandestine...), ce premier OPV sera la vitrine de la nouvelle gamme Gowind, qui compte des bâtiments de 1000 et 3000 tonnes plus ou moins équipés et armés selon les missions.
Une nouvelle gamme pour DCNS, une nouvelle philosophie d'utilisation pour la Marine nationale, bénéficiaire à titre gratuit et promoteur de l'Adroit. Après l'avoir admis au service actif et réalisé des essais devant Toulon, la marine compte le déployer dès 2012 en océan Indien. « L'Adroit est la réalisation d'un vrai défi », a salué l'amiral Forissier. « il vient compléter notre outil de défense, qui est la traduction de nos ambitions sur la scène internationale. » Un outil multifonctions fait pour répondre aux nouvelles menaces en mer « asymétriques et diffuses, une plateforme robuste, polyvalente, peu onéreuse à mettre en oeuvre ». Une nouvelle approche également dans le rapport avec son partenaire industriel. « Nous sommes actuellement en plein renouvellement de nos outils principaux, les FREMM et les sous marins Barracuda, et, en même temps pour le bas du spectre de nos missions, nos bateaux vieillissent. Nous n'avions pas les moyens de mener à bien tous les programmes en même temps. C'est pour cette raison que la solution de l'Adroit est bonne. Nous espérons qu'elle débouchera sur un programme dans le futur, qui arrivera à un moment où nous pourrons le mener. »


Isabelle le Ny, marraine de L'Adroit   (© : DCNS)
Isabelle le Ny, marraine de L'Adroit (© : DCNS)

  La mature de L'Adroit (© : MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)
La mature de L'Adroit (© : MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Sur le quai, la marraine remplaçant Christine Lagarde, entourée de l'équipe qui a construit le patrouilleur, résiste à la pluie pour couper le ruban. Isabelle Le Ny, technicienne qualité à DCNS Lorient, est encore un peu surprise d'être la marraine de ce navire sur lequel elle a travaillé. Elle accompagne les autorités dans la visite du navire. Sur le pont arrière, il y a un Camcopter S-100 de Schiebel. Une des nouveautés du patrouilleur qui pourra déployer et récupérer un drone aérien. L'Adroit pourra également lancer et récupérer un drone de surface de 9 mètres depuis la rampe arrière conçue pour la mise à l'eau rapide de deux embarcations commando. Le hangar hélicoptère peut, quant à lui, abriter une machine de 5 tonnes, des appareils de 10 tonnes, comme le NH90, pouvant apponter sur la plateforme.

Le drone Schiebel   (© : MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)
Le drone Schiebel (© : MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)


Le pont des embarcations rapides   (© : MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)
Le pont des embarcations rapides (© : MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

La passerelle est encore en cours d'achèvement, comme les emménagements. Mais, déjà, la physionomie de cet espace, offrant une vue à 360 degrés, se dessine. Sur 120 mètres carrés, la passerelle regroupe l'intégralité des systèmes de conduite et d'opération du navire (navigation, contrôle aérien et conduite opérationnelle), qui dispose d'un système de lutte Polaris. Les consoles, multifonctions et reconfigurables, permettront l'exécution de toutes les actions en intégrant les données des senseurs et effecteurs du bord. Elles pourront également gérer les opérations de déploiement et de récupération des drones, des embarcations et de l'hélicoptère. L'endroit est clair et fonctionnel, l'ergonomie rappelant les passerelles de navires de commerce. Pas étonnant puisque le patrouilleur, construit aux normes civiles, est destiné à naviguer avec un équipage restreint de 30 personnes. Il pourra en plus accueillir 29 passagers, par exemple des forces spéciales. Le système d'arme n'est pas encore installé mais l'Adroit sera équipé de deux mitrailleuses de 12.7 mm et d'un affût de 20 mm. Faute d'avoir pu trouver un partenaire pour installer un canon télé-opéré, DCNS a été contrainte de se rabattre sur une pièce manuelle de type F2. On notera que l'armement est complété par un dispositif de défense non létal utilisant des canons à eau. Un dispositif de lance-leurres sera également installé.

La passerelle à 360 degrés (© : MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)
La passerelle à 360 degrés (© : MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)


La console Polaris(© : MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)
La console Polaris(© : MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

De retour dans la nef composite, qui a vu naître l'Adroit, le « Gowind Day » bat son plein. La cinquantaine d'entreprises qui a concouru à la réalisation de l'OPV est réunie pour présenter ses produits aux industriels et aux délégations des marines étrangères réunies pour l'occasion. Radars, systèmes de détection, treuils, équipements de sécurité... Les entreprises présentes, qui pour certaines sont partenaires du programme en ayant mis gracieusement leur matériel à disposition, souhaitent profiter de la belle vitrine flottante que représente l'Adroit pour exporter leur savoir-faire. Car, après l'inauguration lorientaise, une tournée mondiale de démonstration sera organisée l'an prochain.

Les stands du Gowind Day (© : DCNS)
Les stands du Gowind Day (© : DCNS)

Naval Group (ex-DCNS)