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L’Adroit se mesure à la concurrence italienne

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En compagnie de la frégate Courbet, qui a récemment relevé le Surcouf, le patrouilleur L’Adroit va rejoindre dans les prochains jours l’opération européenne Atlante de lutte contre la piraterie au large de la Somalie. Une première pour le nouveau bâtiment d’expérimentation français, qui a été conçu pour ce type de mission, avec par exemple sa passerelle panoramique offrant une vision à 360 degrés et son système de mise à l’eau pour embarcations rapides. Construit sur fonds propres par DCNS et mis à la disposition de la Marine nationale pour une période de trois ans (2012 – 2015), L’Adroit a appareillé de Toulon le 17 janvier pour son premier grand déploiement vers l’océan Indien. Après avoir été intégré, après Suez, à la Task Force 150 de lutte contre le terrorisme et les trafics illicites, le patrouilleur à rejoint Abu Dhabi, où se déroulait du 17 au 21 février les salons de l’armement IDEX et NAVDEX. L’occasion pour DCNS et la Marine nationale de présenter ce nouveau produit, prototype de la gamme Gowind OPV de l’industriel français. Ainsi, plus de 1000 visiteurs sont montés à bord durant l’escale. « Des représentants de marines étrangères, de nombreuses délégations étrangères, militaires ou civiles ont visité le bâtiment. Parmi eux, le prince des Émirats Arabes Unis, le chef d’état-major de le marine émiratie, le chef d’état-major de la marine italienne ou encore le commandant de la 5ème flotte des États-Unis », précise la Marine nationale.

 

 

Le Commandante Cigala Fulgosi et L'Adroit (© MARINE NATIONALE)

 

 

Deux concurrents côte à côte

 

 

Puis, le 23 février, L’Adroit a profité de la présence du Commandante Cigala Fulgosi pour réaliser un entrainement avec ce patrouilleur italien. « Établissement de liaisons de communications par radio ou par signaux lumineux, ensemble d’exercices de manœuvres tels que des mises à l’eau d’embarcations ou bien des évolutions tactiques ont été effectués tout au long de la journée. En plus de favoriser les échanges entre les deux pays, ces événements nécessaires à la conduite des opérations participent à la préparation opérationnelle des unités ». Une rencontre également intéressante car, au-delà de la bonne entente entre marins, les deux bâtiments sont aussi, d'un point de vue industriel, des concurrents mortels sur le marché export. Les EAU ont, d’ailleurs, récemment pris livraison d’une corvette, l’Abu Dhabi, dérivée du patrouilleur italien mais mieux équipée (missiles antinavire Exocet, torpilles, canons de 30mm, sonar remorqué…)

 

 

La corvette Abu Dhabi  (© FINCANTIERI)

 

 

Petite comparaison

 

 

Premier d’une série de quatre unités, livrées en 2001 et 2002 par Fincantieri, le Cigala Fulgosi mesure 88.4 mètres de long et présente un déplacement de 1520 tonnes en charge. D’un gabarit similaire à L’Adroit (87 mètres, 1500 tonnes), son armement est plus conséquent, avec une tourelle de 76mm, deux canons de 25mm et des mitrailleuses. Bien que conçu pour embarquer une artillerie principale allant également jusqu’à 76mm, le patrouilleur français se contente quant à lui, pour le moment, d’un simple canon manuel de 20mm et de mitrailleuses. Alors que les deux bateaux peuvent embarquer un hélicoptère, la mise à l’eau des embarcations sur le Cigala Fulgosi se fait de manière traditionnelle, au moyen de bossoirs, alors que bâtiment italien ne dispose pas de passerelle panoramique ni de canons à eau comme son homologue français. Son équipage est, par ailleurs, plus conséquent, avec 59 marins, contre 32 pour L’Adroit, un bâtiment plus récent et fortement automatisé. L’Italien l’emporte sur la vitesse (26 nœuds au lieu de 21), mais son autonomie est de 3500 milles à 14 nœuds, contre 8000 milles à 12 nœuds pour le Français. L’Adroit se distingue aussi par son mât unique, regroupant les radars et systèmes de communication. Mais cette architecture est désormais proposée sur la version export de son concurrent avec un radar tridimensionnel (Kronos 3D). Le patrouilleur français est, enfin, éprouvé pour l’emploi de drones aériens grâce aux missions menées en 2012 avec le Camcopter S-100 de Schiebel.

 

Mise à l'eau d'embarcation rapide sur L'Adroit (© DCNS)