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L’Adroit toujours dans la marine française

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Le patrouilleur hauturier L’Adroit est toujours en activité au sein de la Marine nationale. Engagé depuis le 22 juin dans l’opération européenne Sophia de lutte contre le trafic de migrants et le contrôle de l’embargo sur les armes en Libye, le bâtiment appartient pour mémoire à Naval Group (ex-DCNS). Réalisé sur fonds propres par l’industriel français, L’Adroit est le prototype de l’OPV 90, le plus grand modèle de la nouvelle gamme de patrouilleurs hauturiers commercialisés par Kership, société commune de Naval Group et Piriou.

L’Adroit est mis à disposition de la Marine nationale depuis octobre 2011. Initialement, il ne devait servir au sein de la flotte française, notamment à des fins d’expérimentations, que pendant trois ans. Toutefois, Naval Group n’ayant pas trouvé de marine étrangère pour l’acquérir, la convention de prêt a déjà été prolongée trois fois. La dernière extension doit arriver à terme le 31 juillet mais des discussions sont en cours pour une nouvelle prolongation. Alors que les dernières étaient d'un an, on évoque cette fois une durée de seulement quelques mois, probablement jusqu' à la fin de l'année. 

Long de 87 mètres pour une largeur de 15 mètres, L’Adroit, qui affiche un déplacement de 1500 tonnes en charge, est armé par 32 marins et dispose de logements pour 27 personnes supplémentaires. Capable d’atteindre la vitesse de 21 nœuds avec une propulsion composée de deux moteurs diesels ABC totalisant 6000 kW, son autonomie est de 8000 milles à 12 nœuds, soit trois semaines d’opération.

Doté d’un canon de 20mm et de mitrailleuses, le patrouilleur dispose d’une plateforme pour un hélicoptère de 10 tonnes et un abri pour une machine de 5 tonnes. Une double rampe, à l’arrière, permet la mise à l’eau rapide de deux embarcations semi-rigides de 9 mètres.

Depuis ses débuts au sein de la marine française, ce patrouilleur a réalisé de nombreuses missions liées à l’action de l’Etat en mer (surveillance, police des pêches, contrôle de l’immigration clandestine, lutte contre les trafics illicites et la piraterie) et a participé à l’évacuation de ressortissants au Yémen en 2015.

L’Adroit a également permis d'expérimenter de nouveaux systèmes, comme le Camcopter S-100 de Schiebel dans la perspective du futur système de drone aérien de la marine (SDAM). Et, plus globalement, ce bâtiment a contribué à la préparation du programme des bâtiments de surveillance et d’intervention maritime (BATSIMAR), dont 18 unités sont souhaitées par la Marine nationale afin de remplacer notamment   les avisos du type A69 (reclassés patrouilleurs de haute mer), les patrouilleurs de service public (PSP), les derniers P400, l’Arago et Le Malin.

Marine nationale Naval Group (ex-DCNS)