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L’Adroit va être engagé dans la lutte contre la piraterie et le terrorisme

La Marine nationale confirme que son nouveau patrouilleur, qui quittera Toulon dans les prochains jours afin de gagner l’océan Indien, sera bien engagé dans la lutte contre la piraterie, mais aussi le terrorisme et les trafics illicites. L’Adroit sera, à ce titre, intégré à la force aéronavale européenne (EU-NAVFOR) déployée au large de la Somalie dans le cadre de l’opération Atalante. Toujours en océan Indien, le bâtiment apportera également sa contribution à l’opération internationale Enduring Freedom (Task Force 150) de lutte contre le terrorisme et les trafics illicites. Ce déploiement, pour lequel le patrouilleur ne se limitera pas à l’océan Indien mais poussera jusqu’en Asie du sud-est, sera aussi l’occasion de soutenir l’industrie française sur le marché export. A ce titre, L’Adroit doit être notamment présenté lors des salons IDEX et NAVDEX, qui se dérouleront à Abu Dhabi du 17 au 21 février.

 

 

L'Adroit (© : MARINE NATIONALE)

 

 

Une mission de six mois avec relève d’équipage

 

 

Le périple de L’Adroit sera particulièrement long, puisqu’il durera six mois, et impliquera en cours de mission une relève d’équipage, qui interviendra à La Réunion à mi-parcours. On rappellera d'ailleurs que ce patrouilleur est le premier bâtiment de combat de surface de la flotte française à être armé en alternance par deux équipages (A et B), ce qui permet d’augmenter sa disponibilité à la mer.

Né d’un partenariat innovant initié par DCNS, qui a construit le bâtiment sur fonds propres et le met à disposition de la Marine nationale durant trois ans, L’Adroit est dénommé « patrouilleur hauturier d’expérimentation ». A ce titre, il remplit non seulement des missions opérationnelles, mais sert également de plateforme de tests pour de nouveaux matériels, comme les drones de surface et les drones aériens. A ce titre, un Camcopter S-100 a été acquis l’an dernier et déployé sur le PHE en Méditerranée, lors de sa première mission, qui a consisté à surveiller et contrôler la pêche au thon rouge. L’engin, baptisé Serval, a malheureusement été perdu au large de l’Afrique, au mois d’août, lors de la mission suivante. Mais il a permis à la marine de tester pour la première fois, de manière opérationnelle, un drone à voilure tournante depuis l’une de ses plateformes.

 

 

Le drone Camcopter S-100 aux couleurs de la marine (© : MARINE NATIONALE)

 

 

L’évaluation du bâtiment et les expérimentations se poursuivent

 

 

D’une durée de plusieurs mois, la mission réalisée le long des côtes africaines l’année dernière a permis d’évaluer l’aptitude de L’Adroit à évoluer et conduire des opérations en mers chaudes. Ceci acquis, le patrouilleur continuera d’être expérimenté en océan Indien. Les militaires français pourront, notamment, confirmer la capacité du PHE à s’intégrer dans une force internationale grâce à son système de lutte Polaris, développé par DCNS, tout en continuant de jauger les choix architecturaux faits par le groupe naval, notamment le mât unique abritant les radars et moyens de communication, ou encore la passerelle panoramique donnant une vision à 360 degrés et regroupant non seulement les fonctions de conduite, mais aussi celles habituellement dévolues à un Central Opération (CO) isolé dans un local dédié. Par ailleurs, le bâtiment aura sans doute l’occasion de mettre en œuvre son système de mise à l’eau d’embarcations rapides par le tableau arrière. Et puis, bien entendu, il poursuivra sa mission de vitrine flottante au profit de DCNS, qui espère vendre à l’export ce modèle de patrouilleur hauturier.

 

 

L'Adroit au cours de la mission Thon Rouge 2012 (© : MARINE NATIONALE)

 

 

Prototype de la gamme Gowind OPV

 

 

Prototype des OPV (Offshore Patrol Vessels) de la famille Gowind, qui comprend non seulement une gamme de patrouilleurs (Gowind OPV) réalisés aux normes civiles, mais également des corvettes fortement armées (Gowind Combat) conçues aux normes militaires, L’Adroit, construit par le site DCNS de Lorient, est entré en service en mars 2012.  Affichant un déplacement de 1500 tonnes en charge, ce bâtiment de 87 mètres de long et 15 mètres de large peut atteindre la vitesse de 21 nœuds, avec une autonomie de 8000 milles à 12 nœuds. Armé par un équipage de 32 marins, avec la possibilité d’accueillir 27 personnes supplémentaires (détachement aéronautique, forces spéciales…), il dispose d’une plateforme pour un hélicoptère de 10 tonnes, comme le NH90, et un abri pour une machine de 5 tonnes (type Panther) et/ou un drone. Pouvant mettre en œuvre deux embarcations commandos de 9 mètres, L’Adroit dispose pour le moment d’un armement léger, constitué d’un canon manuel de 20mm et de mitrailleuses de 12.7mm, auxquels s’ajoutent deux canons à eau.

 

 

Mise à l'eau d'une embarcation rapide (© : MARINE NATIONALE)

Marine nationale DCNS