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L'aéronautique navale cible toujours 60 Rafale

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L'aéronautique navale cible toujours 60 Rafale

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58 ou 60 Rafale Marine ? En lisant le dernier rapport d'information parlementaire sur la programmation militaire, on peut avoir un doute. Au chapitre des réalisations, le document, enregistré en janvier à l'Assemblée nationale, évoque une « réduction de la cible de 60 à 58 appareils ». A l'Etat-major de la Marine nationale, on répond pourtant que la cible « est toujours de 60 avions ». La différence serait, en réalité, comptable. Le chiffre de 58 correspondrait, ainsi, à la couverture financière établie sur les devis initiaux. Or, depuis le lancement de la phase de réalisation du programme (en 1992), des surcoûts ont été enregistrés, avec des développements supplémentaires ou des traitements d'obsolescences. In fine, ces budgets auraient donc coûté l'équivalent de deux avions, ce qui ne parait finalement pas énorme. Reste que la marine tient à ses 60 avions, chiffre jugé incompressible. Ce parc doit, en effet, assurer le déploiement de la composante de combat du groupe aérien embarqué sur porte-avions, soit une trentaine d'appareils. Mais elle doit, aussi, en parallèle, assurer la formation des pilotes et prendre en compte l'indisponibilité de certaines machines pour cause de réparations ou de périodes de maintenance. Enfin, sur une durée de vie de 30 ans, il faut prévoir des pertes.

18 avions au standard F3 à la fin de l'année

La flottille 12F compte actuellement 16 Rafale (hors Rafale F1). Huit sont déjà passés du standard F2 au standard F3, alors que 8 autres doivent l'être avant la fin de l'été. En parallèle, la marine touchera cette année ses deux premiers avions directement livrés par Dassault au standard F3. Il s'agit des deux premiers Rafale Marine de la troisième commande (59 avions dont 12 pour la marine) passée à l'avionneur français. La livraison des 10 suivants va s'étaler jusqu'en 2013/2014. Cette année, une nouvelle tranche (4ème commande) doit être notifiée à Dassault. Elle comprendra 60 Rafale, dont 9 en version marine. Pour obtenir un parc complet, il faudra attendre deux autres tranches, qui seront notifiées ultérieurement. Ce n'est donc, au mieux, qu'en 2022 que l'aéronautique navale alignera 60 Rafale. Il s'écoulera par conséquent plusieurs années avant que les Super Etendard Modernisés (SEM) ne soient totalement remplacés. Ces appareils, qui ont bénéficié d'une modernisation récente (standard 5) sont prévus pour voler jusqu'en 2015. Un prolongement peut toujours être imaginé mais il sera difficile dans la mesure où la cellule aura plus de 30 ans.

Le retrofit des F1 toujours d'actualité

Pour arriver au nombre de 60 avions de combat, il faudra également décider du sort des 10 premiers Rafale, livrés en urgence par Dassault pour remplacer les Crusader, retirés du service en 1999. Ces avions ont débuté leur carrière au standard F1, c'est-à-dire uniquement avec des capacités air-air. Seul l'un d'entre-eux vole encore, servant à l'expérimentation des nouveaux matériels. Les 9 autres ont, pour leur part, été mis « sous cocon » à Landivisiau. Avant de les stocker, les marins ont réalisé sur ces appareils les modifications nécessaires au chantier de mise au standard F3. L'idée est de conserver la cellule et tous les équipements encore au gout du jour, de débarquer les parties obsolètes et d'intégrer les F1 dans la chaîne de montage F3. Cette mise à niveau aura un coût mais, fait-on valoir au sein de la marine, elle serait « beaucoup moins » onéreuse que l'achat d'avions neufs. La durée d'un retrofit F1-F3 étant estimée entre 12 et 18 mois, une décision en faveur de la modernisation permettrait, en outre, de disposer rapidement d'une dizaine d'appareils pouvant compenser le retrait progressif des SEM.

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