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L'aéronautique navale fait ses adieux à l'établissement de Dugny

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L'aéronautique navale fait ses adieux à l'établissement de Dugny

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L'établissement d'aéronautique navale de Dugny-Le Bourget a été officiellement fermé le 30 juin, mettant fin à plus de 50 ans de présence de la Marine nationale sur ce site. La fermeture de Dugny s'inscrit dans le cadre de la Loi de Programmation Militaire 2009/2014, elle-même découlant à la fois du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale et de la révision générale des politiques publiques (RGPP). Dans cette perspective, l'aéronautique navale s'est également retirée des sites de Nîmes-Garons et Toussus-le-Noble. Le 30 juin 2011, le capitaine de frégate Baron a présidé la cérémonie de clôture de l'Établissement d'aéronautique navale de Dugny-Le Bourget. Au cours de cette cérémonie, la plaque de l'établissement a été descendue pour marquer symboliquement la fermeture de cet établissement. Le fanion a également été remis au capitaine de frégate Baron par le capitaine de frégate Philippe Favier, dernier commandant de l'Etablissement.

Le site de Dugny (© : MARINE NATIONALE)
Le site de Dugny (© : MARINE NATIONALE)

Les origines remontent à 1914

L'histoire de Dugny est liée à celle de l'aérodrome du Bourget, dont l'origine est liée à la décision prise fin septembre 1914 par le général Gallieni, alors gouverneur militaire de Paris, de doter le camp retranché de Paris d'un « Service d'aviation » dont la mission devait être d'intercepter les appareils allemands avant qu'ils n'atteignent la capitale. Aucune activité n'était donc présente avant 1914. Bien que situé essentiellement sur la commune de Dugny, le terrain a pris le nom du Bourget, lieu où se trouvait la gare de chemin de fer. L'offensive allemande ayant été stoppée sur la Marne, le ministre de la Guerre ordonna en mars 1915 que soient déterminées les conditions de prise de possession de l'Etat des terrains sur lesquels stationnait cette unité. Expropriés le 3 octobre 1917, les 202 hectares constituèrent ainsi l'emprise d'origine de l'aérodrome militaire, qui s'est ouvert au trafic civil en 1918, une première aérogare étant ouverte. En 1939, Le Bourget, avec 21.000 mouvements d'avions et 138.000 passagers, est le second aéroport d'Europe. Base aérienne allemande durant la seconde guerre mondiale, Le Bourget subira d'importants bombardements entre 1940 et 1943. Le 16 août 1943, un raid allié destiné à détruire l'aéroport voit la commune de Dugny rasée, ainsi que le nord de la ville du Bourget, dont le centre est entièrement détruit. Sérieusement endommagé, l'aéroport est, après la fin des hostilités, reconstruit à l'identique et utilisé comme aéroport civil de Paris jusque dans les années 1970, à partir desquelles le gros du trafic se reporte sur Orly et Roissy.

La BAN puis l'EAN de Dugny

La Base d'Aéronautique Navale (BAN) de Dugny-Le Bourget est implantée à partir de 1955, dans la partie ouest du terrain de l'aéroport du Bourget, avec la construction de logements, infrastructures et de bâtiments pour le commandement. L'escadrille 31S, en provenance d'Orly, arrive sur la BAN en 1955, alors que l'escadrille 11S, en provenance de la BAN des Mureaux, y débarque en 1959 afin de libérer de l'espace sur les emprises d'Orly et des Mureaux. La création administrative de la base d'aéronautique navale de Dugny date du 1er janvier 1955, la construction s'étant achevée en 1960. La BAN a pris le statut d'Etablissement Aéronautique Navale en 1998, après la dissolution de l'Escadrille 11S (l'Escadrille 31S a été dissoute en 1964). Jusqu'à sa fermeture, sa vocation principale restait le soutien en escale des aéronefs de la marine et des autres aéronefs de passage. Une brigade de surveillance aéroterrestre des douanes était également présente sur site depuis 1979.

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