Défense
L'aéronautique navale française met en service le NH90

Actualité

L'aéronautique navale française met en service le NH90

Défense

Il était très attendu. Le voilà officiellement opérationnel. Sur la base de Lanvéoc-Poulmic, les turbines RTM 322 de Rolls-Royce et Turboméca du Caïman Marine, appellation française du NH90 dans sa version NFH (Nato Frigate Helicopter) ont vrombi hier. Le nouvel hélicoptère de l'aéronautique navale française salue sa nouvelle piste. Et tous les marins du ciel breton sont au garde-à-vous. Même si le mythique Super-Frelon, qui a officié ici pendant quarante ans est encore dans toutes les têtes, personne ne boude son plaisir, face à ce petit bijou de technologie.
L'amiral Bernard Rogel, chef d'état-major de la Marine nationale, passe les différentes flottilles de la base en revue. Il s'apprête aussi à faire reconnaître le commandant d'une nouvelle formation. Le capitaine de frégate Nicolas Couder va en effet prendre le commandement de la « nouvelle » 33F, recréée pour mettre en oeuvre les premiers Caïman Marine. Le jeune commandant est un passionné des essais en vol. Depuis juillet 2008, il prépare l'arrivée de l'appareil en travaillant au centre d'essais en vol de la Direction Générale de l'Armement (DGA) à Istres. Il va désormais pouvoir mettre en oeuvre les premiers hélicoptères sur leur nouveau terrain de jeu et remplir les missions dévolues à la 33F : le secours maritime et le contre-terrorisme.

L'amiral Rogel a fait reconnaître le nouveau pacha de la 33F (© : MER ET MARINE- CAROLINE BRITZ)
L'amiral Rogel a fait reconnaître le nouveau pacha de la 33F (© : MER ET MARINE- CAROLINE BRITZ)

Remise du fanion de la 33F (© : MER ET MARINE- CAROLINE BRITZ)
Remise du fanion de la 33F (© : MER ET MARINE- CAROLINE BRITZ)

Lors de la cérémonie (© : MER ET MARINE- CAROLINE BRITZ)
Lors de la cérémonie (© : MER ET MARINE- CAROLINE BRITZ)

Lors de la cérémonie (© : MER ET MARINE- CAROLINE BRITZ)
Lors de la cérémonie (© : MER ET MARINE- CAROLINE BRITZ)

Ce seront les premières missions du Caïman Marine avant qu'il ne passe, au second semestre 2012, au standard 2, une évolution qui lui confèrera sa pleine capacité d'hélicoptère de combat, capable de mener des missions de lutte antinavire et anti-sous-marine. Les Caïman, qui vont progressivement succéder aux Lynx, rejoindront alors les bâtiments de la Marine, prioritairement les frégates mais également le porte-avions Charles de Gaulle ainsi que les bâtiments de projection et de commandement, où ils pourront côtoyer leurs cousins de l'Aviation Légère de l'Armée de Terre (ALAT). À l'issue du programme, en 2021, 27 appareils seront en parc, dont 21 en ligne, répartis en deux flottilles. La 33F, à Lanvéoc, aura 9 machines, dont une qui devrait être détachée à Cherbourg, et à Hyères, dans le Var, la future 31F alignera 12 appareils. Le solde, soit 6 machines, sera constitué des hélicoptères en maintenance ou utilisés pour les missions de formation. Actuellement, 5 Caïman Marine ont été livrés, un sixième devant arriver fin décembre. Ensuite, le rythme de livraison devrait être de 3 l'an prochain, puis 2 par an ensuite.

Lors de la cérémonie (© : MER ET MARINE- CAROLINE BRITZ)
Lors de la cérémonie (© : MER ET MARINE- CAROLINE BRITZ)

Une nécessaire polyvalence

« Nous sommes heureux et fiers de recevoir ce nouvel appareil, une machine polyvalente qui va pouvoir remplir les nombreuses missions confiées à la marine, du service public aux missions de combat ou de lutte contre le terrorisme. Il nous fallait une unité lourde, parce que, comme nous l'a montré l'actualité récente, l'engagement en mer se durcit. L'opération Harmattan en Libye l'a bien montré. Mais, dans un autre registre, pour les opérations de narcotrafic, il faut désormais déployer de gros moyens : frégate, commandos marine, hélicoptère. Il n'y a pas de mission simple en mer. Il faut des moyens adaptés. Le Caïman répond à tous ces besoins. Et, dans un environnement budgétaire contraint, sa polyvalence est bienvenue. Cette polyvalence est d'ailleurs tout à fait dans l'esprit des unités neuves que nous construisons, la frégate multi-missions en est un autre excellent exemple ». L'amiral Rogel est satisfait. L'inspecteur général de l'armement Bruno Sainjon aussi : « C'est un très bel hélicoptère, qui remporte un très beau succès tant pour les commandes parmi les six nations du programme (France, Italie, Allemagne, Pays-Bas, France, Portugal, Belgique, ndlr) qu'à l'export. Plus de 500 hélicoptères ont été commandés ». Mais, il tient quand même, en cette occasion solennelle, à rappeler à Eurocopter, constructeur de l'appareil, qu' « il gagnerait à améliorer les délais de livraison et à devenir plus proactif dans le domaine de la motorisation ainsi que de la formation ». Ainsi, on n'a pas manqué de rappeler, hier, que le NH90 devait initialement être livré en 2005 à la marine et que d'importantes pénalités de retard sont actuellement versées.

La version « terrestre » bientôt opérationnelle

Des retards que n'espèrent pas connaître les « terriens ». Le général Pertuisel, commandant de l'ALAT, attend avec impatience son premier hélicoptère en version TTH (Tactical Transport Helicopter), la version terrestre du NH90 qu'il devrait toucher dans quelques jours et qui sera affectée au groupement aéromobile de Valence. « Une collaboration exemplaire a uni la Marine nationale et l'armée de Terre sur ce programme », salue-t-il, rejoint par l'amiral Rogel. L'armée de Terre devrait recevoir un total de 133 Caïman. « L'ensemble du programme de ces hélicoptères, Marine nationale et armée de Terre, coûte environ 8 milliards d'euros », précise un des responsables de la DGA.

Les Caïman avec les commandos marine (© : MER ET MARINE- CAROLINE BRITZ)
Les Caïman avec les commandos marine (© : MER ET MARINE- CAROLINE BRITZ)

A bord d'un Cäïman Marine (© : MER ET MARINE- CAROLINE BRITZ)
A bord d'un Cäïman Marine (© : MER ET MARINE- CAROLINE BRITZ)

A bord d'un Cäïman Marine (© : MER ET MARINE- CAROLINE BRITZ)
A bord d'un Cäïman Marine (© : MER ET MARINE- CAROLINE BRITZ)

A bord d'un Cäïman Marine (© : MER ET MARINE- CAROLINE BRITZ)
A bord d'un Cäïman Marine (© : MER ET MARINE- CAROLINE BRITZ)

A bord d'un Cäïman Marine (© : MARINE NATIONALE)
A bord d'un Cäïman Marine (© : MARINE NATIONALE)

A bord d'un Cäïman Marine (© : MER ET MARINE- CAROLINE BRITZ)
A bord d'un Cäïman Marine (© : MER ET MARINE- CAROLINE BRITZ)

A bord d'un Cäïman Marine (© : MER ET MARINE- CAROLINE BRITZ)
A bord d'un Cäïman Marine (© : MER ET MARINE- CAROLINE BRITZ)

Un moyen d'action de l'État en mer

Devant le parvis de l'Ecole navale, le Caïman Marine fait son show. L'appareil de 11 tonnes est puissant, ses deux turbines peuvent développer 2343 chevaux au régime maximum. Il peut aller plus loin que son prédécesseur, le Super Frelon, avec plus de 400 milles nautiques franchissables, à une vitesse de croisière de 150 noeuds. Il dispose d'une autonomie de 3H30 et peut transporter 14 passagers. Dans le cockpit, deux personnes, le pilote et le « taco » (coordinateur tactique), également assistant-pilote. A l'arrière, un « senso » (opérateur multi-senseurs/treuilliste), auquel s'ajoute, pour les missions de service public, un plongeur et une équipe médicale.
Malgré un ciel gris et la présence du crachin breton, le public est sorti pour voir le Caïman en action. Une arrivée à toute vitesse, des grands virages et puis au milieu de la rade une balise de détresse. Un homme à la mer, l'hélicoptère se positionne en stationnaire, le treuil est déployé, le filin déroulé, le naufragé est remonté. Même démonstration avec un brancard au départ d'un navire. L'hélicoptère a une capacité d'emport de charge extérieure de 4 tonnes.
Après ces manoeuvres, une autre démonstration suit. Il s'agit, cette fois, des très attendus hommes en noir, qui ont pris place à bord de deux hélicoptères, dotés de cordes lisses. En quelques minutes, une dizaine de commandos marine sont, ainsi, « hélicordés » à bord de leurs embarcations rapides, les fameux ETRACO.
C'est dans ces missions de type Action de l'Etat en Mer, notamment le sauvetage hauturier, que le Caïman va faire ses armes. D'abord aux côtés des deux EC225 de la 32F basés à Lanvéoc-Poulmic, Des appareils acquis pour effectuer la jonction entre le retrait du service des dernier Super Frelon, au printemps 2010, et la mise en service opérationnel du Caïman, prononcée hier. Malgré l'arrivée du nouvel hélicoptère, les EC225 resteront dans la marine « aussi longtemps que nous aurons besoin d'eux », précise l'amiral Rogel.

EC225 (© : MER ET MARINE- CAROLINE BRITZ)
EC225 (© : MER ET MARINE- CAROLINE BRITZ)

Le futur hélicoptère de combat

Commandes de vol électriques, centrales gyrolaser, le cockpit du Caïman est à la pointe de l'aéromaritime. Le standard 2 va voir la mise en place de nouvelles capacités. La lutte anti sous-marine d'abord avec la possibilité d'embarquer deux torpilles MU90 et un sonar Flash, de mettre en oeuvre des bouées acoustiques ainsi qu'un système d'analyse spectrale. La lutte antinavire ensuite, avec le futur missile antinavire léger (ANL), une arme automatique de sabord, ou encore un radar panoramique longue portée. Test grandeur nature dans un an, à bord des frégates. Le Caïman Marine pourra, alors, donner toute la mesure de ses capacités et de sa puissance, notamment en matière de lutte ASM, un domaine où il complètera avantageusement les moyens existants, notamment ceux fournis par les flottilles d'avions de patrouille maritime Atlantique 2.

Caïman Marine (© : EUROCOPTER)
Caïman Marine (© : EUROCOPTER)

Aéronautique navale | Toute l'actualité des aéronefs et flottilles de la marine