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L'aéronautique navale touche son premier EC-225

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L'aéronautique navale touche son premier EC-225

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La base d'aéronautique navale de Lanvéoc-Poulmic, dans le Finistère, a reçu le 22 avril son premier hélicoptère EC-225. Cet appareil fait partie d'une commande de deux machines notifiée en décembre 2009 par la Direction Générale de l'Armement à la société Eurocopter (groupe EADS). Initialement, ces appareils étaient destinés à une compagnie offshore, d'où un aménagement intérieur moins « rustique » que les standards militaires habituels. Outre ce point de détail, les machines ont reçu certains équipements spécifiques, comme des transmissions marines, ainsi qu'un treuil permettant de hisser simultanément à bord deux personnes ou une civière. La mission première des EC-225 est, en effet, la sécurité maritime et, plus particulièrement, le sauvetage en mer à grande distance. Les nouvelles machines remplacent les derniers Super Frelon de l'aéronautique navale, qui ont réalisé vendredi leur dernier vol opérationnel. Plus modernes, l'EC-225, comme le futur NH90, sont plus petits et offrent moins de capacité que l'ancienne machine. « Avec l'EC-225, comme le NH90, le volume de soute est inférieur mais, par rapport aux missions dévolues à la flottille, ils sont parfaitement adaptés. Ils présentent, de plus, un rayon d'action légèrement supérieur », explique le capitaine de frégate Olivier Hastings, commandant de la 32 F, où les EC-225 remplacent les Super Frelon. Les équipages pourront, de plus, bénéficier avec ces machines de dernière génération d'une aide au pilotage conséquente. Malgré tout, ils devront continuer à s'entrainer aux treuillages à la verticale d'un bateau, opération que la technologie ne gère pas encore et qui doit être effectuée manuellement. Au sein de la flottille, l'arrivée du nouvel hélicoptère va, en outre, constituer une petite révolution pour les équipes techniques, habituées depuis la fin des années 60 à faire tourner les Super Frelon comme des horloges. En matière de maintenance, Eurocopter assistera les marins.

Le premier EC-225 de la marine  (© : DGA)
Le premier EC-225 de la marine (© : DGA)

A l'origine, il n'était pas prévu d'EC-225 pour la marine mais cette dépense a été rendue nécessaire par le retard pris par le programme NH90, dont les premiers exemplaires ne seront opérationnels que fin 2011. Prolongé à plusieurs reprises, le Super Frelon ne pouvait pas être maintenu plus longtemps. Ne disposant plus des effectifs suffisants pour assurer l'alerte opérationnelle et l'entrainement des équipages, la 32 F a reçu le renfort d'EC-725 Caracal (version militaire de l'EC-225). Le premier appareil est arrivé en décembre 2008 à Lanvéoc. de l'armée de l'Air. Après avoir obtenu les qualifications nécessaires, le Caracal, avec un équipage mixte (marins et aviateurs) a réalisé le 3 mars 2009 son premier décollage sur alerte pour réaliser une évacuation médicale au large de la Bretagne. La mobilisation d'EC-725, notamment utilisés par les opérations spéciales, ne convenait toutefois pas à l'Etat-major des Armées. Afin d'assurer la « soudure » entre le retrait des Super Frelon et l'entrée en service du NH90, il a donc été décidé d'acheter et transformer des hélicoptères civils pour maintenir la capacité de sauvetage hauturier de la marine. En attendant la mise en service du premier EC-225, dans les prochains jours, puis celle du second hélicoptère, un EC-725 reste actuellement déployé à la pointe Bretagne.

EC-725 Caracal (© : ARMEE DE L'AIR)
EC-725 Caracal (© : ARMEE DE L'AIR)

Hélicoptère de la classe des 11 tonnes, l'EC-225 peut embarquer jusqu'à 24 passagers. Sa vitesse maximale est de 325 km/h. Son système de pilotage automatique 4 axes lui permet de tenir un vol stationnaire au-dessus de la zone d'intervention dans des conditions météorologiques très dégradées. Son équipage comprend deux pilotes, un treuilliste, un plongeur ainsi qu'un médecin en cas de besoin. Equipé de réservoirs supplémentaires, l'EC-225 « SECMAR » sera en mesure d'effectuer un sauvetage à 250 nautiques (465 km) de la côte au profit de 15 personnes. En dehors de ces missions, les EC-225 devront participer à l'entrainement des commandos marine et offrir un soutien aérien à la Force océanique stratégique (FOST), en réalisant notamment des hélitreuillages au profit des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE).
Aucune décision n'a encore été prise quant à l'avenir des deux appareils une fois les NH90 entrés en service. Le nombre réduit d'hélicoptères et les missions toujours plus nombreuses qui leur sont dévolues pourraient inciter la marine à vouloir conserver les EC-225. D'un autre côté, cela signifierait que le parc de l'aéronavale compterait un type de machine supplémentaire, ce qui peut générer des surcoûts alors que le contexte budgétaire est de plus en plus contraint. Les besoins en matière d'aéromobilité étant désormais très importants, l'EMA pourrait, de son côté, éventuellement décider de modifier les machines et les verser aux autres forces armées. Une troisième solution consisterait à revendre les deux hélicoptères, possibilité qui aurait déjà été envisagée.

Deux Super Frelon et l'EC-225 (© : DGA)
Deux Super Frelon et l'EC-225 (© : DGA)

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