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L'Albatros perd un autre de ses marins

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L'Albatros perd un autre de ses marins

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Une nouvelle tragédie a frappé le patrouilleur austral Albatros de la Marine Nationale. Dans la matinée du samedi 20, le premier maître Stéphane Legeay, du service opérations, a été porté manquant à l’appel. L’Albatros venait de faire escale à l’île Sainte-Hélène sur sa roue retour vers Brest, où il doit être désarmé début juillet prochain.

Dès l’absence du marin constatée, le bâtiment, qui se trouvait à 600 milles des côtes africaines a rebroussé chemin pour conduire des recherches en mer. Il a été rapidement appuyé par un avion Falcon 50, qui a décollé de Dakar pour étendre la zone de recherche. Les recherches sont restées infructueuses et ont été interrompues dans la soirée du dimanche 21. Le premier maître Legeay, âgé de 39 ans, était affecté sur l’Albatros depuis juillet 2014. Une enquête de commandement et une enquête judiciaire sont en cours pour déterminer les circonstances du drame.

L’équipage du patrouilleur avait déjà perdu un autre des siens en mars dernier. L’enseigne de vaisseau Pierre Frébourg, 24 ans, avait disparu en mer le 2 mars dernier lors de la dernière tournée australe de l’Albatros. Des recherches, appuyées par l’avion Transall de l’armée de l’Air avaient été menées pendant 36 heures dans des conditions difficiles à 550 milles au sud-est de la Réunion.

Un bateau et une mission d'exception

La disparition d’un autre de ses marins est un nouveau coup très dur pour ce navire attachant qui venait de finir son ultime mission. Depuis 31 ans, l’ancien chalutier, construit en 1966 en Normandie et converti en patrouilleur en 1984, sillonnait inlassablement les eaux tumultueuses du grand sud, permettant à la France de faire respecter sa souveraineté sur la zone économique exclusive de ses îlots du bout du monde et d’en protéger les ressources, notamment halieutiques. Il s’agissait aussi, en cas de besoin, de porter assistance aux pêcheurs français et au personnel scientifique des bases australes travaillant dans cette zone hostile et isolée de tout.

Grâce à son dernier équipage et à ceux qui l’ont précédé, tous extrêmement attachés à leur bateau, l’Albatros, malgré ses 49 ans, a pu accomplir ses missions, souvent dans des conditions effroyables. A ce titre, il est devenu au fil des années un bateau mythique au sein de la Marine nationale et ses derniers marins se sont battus pour qu’il demeure jusqu’au bout à la hauteur de sa réputation.

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