Science et Environnement
L’Alfred Merlin, futur navire hauturier des archéologues sous-marins du DRASSM

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L’Alfred Merlin, futur navire hauturier des archéologues sous-marins du DRASSM

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Débutée en septembre 2019, la construction du nouveau navire amiral du Département des Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines a franchi une étape importante début juillet avec la cérémonie de jonction de ses deux moitiés de sa coque. D’imposantes structures en composite réalisées en infusion par le chantier iXblue de La Ciotat. Le navire, qui va prendre le nom d’Alfred Merlin, en hommage à l’archéologue français qui dirigea de 1907 à 1913 la première fouille archéologique sous-marine au monde, doit être mis à l’eau en toute fin d’année, en vue d’une livraison au DRASSM en mai 2021.

 

Les deux demi-coques jonctionnées (© IMAGES EXPLORATIONS - FREDERIC OSADA)

Les deux demi-coques jonctionnées (© IMAGES EXPLORATIONS - FREDERIC OSADA)

 

Long de 46 mètres pour une largeur maximale de 10.8 mètres et un tirant d’eau de 3.2 mètres, l’Alfred Merlin affichera une jauge de 498 UMS et un tonnage de 420 tonnes à pleine charge (380 à mi-charge). Il va compléter la flottille du DRASSM, constituée de deux unités récentes déjà construites par iXblue : l’André Malraux (36 mètres) et le Triton (14.5 mètres), livrés par le chantier des Bouches-du-Rhône en 2012 et 2016.

 

L'André Malraux (© MICHEL FLOCH)

L'André Malraux (© MICHEL FLOCH)

Le Triton (© IXBLUE)

Le Triton (© IXBLUE)

 

Nettement plus grand, ce troisième navire, spécialement conçu pour les missions hauturières, va permettre au Département de réaliser un nombre plus important de missions, tout en disposant enfin d’une plate-forme multifonctions taillée pour des projections lointaines, en particulier vers les territoires d’Outre-mer où les besoins en matière de fouilles archéologiques sous-marines sont importants.

Adoptant un design original imaginé par les architectes de Mauric, l’Alfred Merlin est le fruit d’un projet innovant, baptisé NESSIE (Novel Efficient Survey Ship InitiativE), avec une coque adoptant un design semi-SWATH (Small Waterplane Area Twin Hull) réalisée en composite spécial intégrant des tissus de carbone nés de fibres recyclées. La forme semi-SWATH permet d’accroître la stabilité, en particulier à très petite vitesse, d’autant que le navire est équipé d’un réservoir de compensation de gîte. Elle offre également l’opportunité de disposer sur l’arrière d’un vaste pont de travail, qui présentera une surface de 150 m² comprenant une extension latérale sur tribord. Ce navire, l’un des plus grands au monde réalisé en composite, constituera également, de ce point de vue, un laboratoire flottant. Alors qu’iXblue est engagé dans le projet européen Fibreship pour démontrer la possibilité de réaliser des bateaux de plus de 50 mètres et 500 UMS de jauge en matériaux composites, ce que la règlementation interdit aujourd’hui, l’Alfred Merlin voit sa coque instrumentée. Des réseaux de Bragg (fibres optiques) ont ainsi été installés dans le bordé afin de mesurer, en temps réel, les contraintes exercées sur la coque. Cela permettra de suivre, au fil des années, le comportement de la structure par rapport aux simulations et analyses existantes et, ainsi, optimiser la construction de futurs navires de grande taille en