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L’amiral Thierry d’Arbonneau s’est éteint

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L’amiral Thierry d’Arbonneau s’est éteint

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L’ancien amiral quatre étoiles et patron des forces sous-marines françaises a succombé, mercredi, à la maladie de Charcot. Il avait 71 ans. Thierry d'Arbonneau signe une carrière exceptionnelle dans la Marine nationale et de nombreuses publications spécialisées, à l’image des six tomes de l’encyclopédie des sous-marins français qu’il a rédigée et animée avec passion.

Il laissera le souvenir d’un commandant au grand cœur, « un pacha admiré, Alfost attachant » lit-on dans l’hommage que lui rendent les sous-mariniers de l’Agasm. Tour à tour commandant du sous-marin d’attaque classique Sirène à Lorient (1980) puis de l’aviso-escorteur l’Amiral Charner dans le Pacifique (1988), avant de prendre les rênes du sous-marin nucléaire Tonnant (1989), à Brest et de la frégate furtive La Fayette, à Toulon (1995), il dirige les forces sous-marines à Brest (Alfost), de septembre 2002 à novembre 2004, avant de quitter la Marine l’année suivante. Travailleur infatigable, il signera plusieurs ouvrages références sur les navires de la Marine. C’est également lui qui est l’origine et à la réalisation de l’Encyclopédie des sous-marins français. Six solides volets qui retracent l’épopée de la sous-marinade française, dans le moindre détail, étayée d’une riche iconographie souvent inédite. Le dernier tome, programmé pour le printemps prochain, venait d’être achevé. Il a jeté ses toutes dernières forces pour boucler cette publication des plus exhaustives à propos des forces sous-marines qu’il a, sans relâche, mises en valeur et défendues.

Après sa carrière dans la Marine, il rejoint de hautes fonctions chez Areva en tant que directeur de la protection du patrimoine et des personnes, avant de créer sa propre société de conseils stratégiques.

« On l’aurait suivi les yeux fermés »

« On l’aurait suivi jusqu’au bout du monde, les yeux fermés », pleure, au téléphone, un de ses marins qui l’a apprécié en tant que commandant en second. « Il était de ceux qui ne rechignaient pas à venir chanter et boire un coup avec ses hommes et de plonger le premier, quand on était autorisé à sauter du bateau, avec 3 000 m de fond sous la quille ! ».

« Il était de la dimension de l’Amiral Claude Pieri (décédé en 2002) », figure également emblématique des forces sous-marines. Et avait la trempe de l’amiral Bernard Louzeau qui nous a quitté en septembre dernier ».

Les obsèques de Thierry d’Arbonneau seront célébrées le 16 octobre, à 10 h 30, à l’église de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) où il résidait.

Un article de la rédaction du Télégramme

Réécoutez l’interview que l’amiral d’Arbonneau avait accordée à Mer et Marine en mars 2006

A l’époque, Jacques Chirac, alors président de la République, s’était exprimé deux mois plus tôt, lors d'un discours à l'île Longue en janvier 2006, sur l’évolution de la dissuasion nucléaire tricolore et la possibilité d’utiliser cette puissance contre des foyers de terrorisme. Pour la première fois, le chef de l’Etat avait déclaré publiquement que certains missiles des SNLE étaient équipés de charges réduites. L’évolution de la doctrine française avait, en réalité, débuté dès la fin des années 90, dans la plus grande discrétion. En 2005/2006 également, l'idée de réaliser des patrouilles communes avec les Britanniques avait également été évoquée, en marge de la construction d'une Europe de la défense. Pour en parler, nous avions rencontré Thierry d'Arbonneau dans la « tour Areva », où il travaillait après avoir quitté la marine. Plus de treize ans après cet entretien, les propos de l'amiral sont toujours parfaitement d'actualité. 

 

 

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