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Lance-leurres : Lacroix signe un accord de partenariat avec Leonardo

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Lance-leurres : Lacroix signe un accord de partenariat avec Leonardo

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Le groupe italien Leonardo a annoncé hier avoir conclu un accord avec Lacroix pour l’intégration de son leurre anti-torpille MJTE sur le lanceur Sylena Mk2 de la société française. Ce système fait pour mémoire partie des trois lanceurs fixes développés ces dernières années par Lacroix, spécialiste du leurrage anti-missile avec sa gamme de munitions Seaclad (leurres électromagnétiques, leurres infrarouges, réflecteurs angulaires). Le Sylena Mk2 est à ce titre conçu pour accueillir ces différentes munitions antimissiles sous forme de mortiers, mais aussi des leurres anti-torpilles. Il est ainsi déjà gréé pour recevoir le système français Canto-V de Naval Group, qui remplace d’ailleurs les anciens leurres anti-torpilles italiens (Jammer et MTE) équipant à l’origine les frégates de défense aérienne (FDA) et frégates multi-missions (FREMM) de la Marine nationale.

 

Leurres italiens Jammer et MTE avec un Canto-V sur une frégate française (© VINCENT GROIZELEAU)

Leurres italiens Jammer et MTE avec un Canto-V sur une frégate française (© VINCENT GROIZELEAU)

 

Le MJTE (Mobile Jammer Target Emulator) est quant à lui le nouveau leurre anti-torpille de Leonardo. Ce système mobile est capable d’imiter la signature acoustique du bâtiment porteur et réaliser un brouillage de la tête chercheuse de la torpille en générant de multiples faux échos suffisamment crédibles pour être analysés par la torpille assaillante pendant que le bâtiment s’échappe. Ce système est commercialisé par Leonardo au sein d'une suite comprenant également une antenne linéaire remorquée Black Snake équipée d’hydrophones pour l’alerte torpille, ainsi qu’un module informatique qui définit, en fonction des informations acoustiques recueillies, la meilleure tactique à adopter pour parer l’attaque en combinant le lancement de leurres et une manœuvre évasive. Jusqu’ici, le MJTE était proposé par Leonardo sur les gros lanceurs mobiles ODLS20, équivalent du NGDS français de Safran pouvant déployer des leurres anti-missiles sous forme de roquettes et mortiers. L’accord conclu avec Lacroix permet au groupe italien de proposer à ses clients une solution alternative complète (leurres anti-missiles et anti-torpilles) basée sur des lanceurs fixes polyvalents, plus légers et moins coûteux. Des systèmes qui peuvent notamment être intégrés sur des plateformes de petite taille de type patrouilleurs et corvettes, mais aussi les plus grosses unités de combat.

Quant à Lacroix, fournisseur historique de leurres pour la Marine nationale mais qui n’a jusqu’ici pas réussi à lui vendre ses nouveaux lanceurs, ce partenariat constitue une opportunité importante pour développer son activité à l’export.  Un marché sur lequel le groupe toulousain n’a d’ailleurs pas attendu pour percer puisque ses lanceurs (Sylena LW, Sylena Mk1 et Sylena Mk2), sortis entre 2012 et 2016, ont déjà été vendus à 30 exemplaires, pour les deux tiers sur des plateformes qui ne sont pas de conception française. A ces systèmes s’ajoute l’activité déjà ancienne et importante de Lacroix, dans la vente de munitions (mises en œuvre par des lanceurs d'autres fournisseurs) à des marines étrangères.

- Voir notre article : Leurres, regain d'intérêt et nouvelles technologies face à l'évolution des menaces

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