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Lancement du programme de modernisation des  Atlantique 2

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Lancement du programme de modernisation des Atlantique 2

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C’est aujourd’hui que le contrat portant sur la modernisation des avions de patrouille maritime Atlantique 2 doit être notifié. Le ministre de la Défense, en déplacement à Brest dans le cadre du cinquantième anniversaire de l’implantation de Thales dans la cité du Ponant, devrait lui-même annoncer la nouvelle. Un programme qui intéresse bien entendu les Bretons, puisque tous les ATL2, mis en œuvre par les flottilles 21F et 23F de l’aéronautique navale, sont désormais basés à Lann-Bihoué, près de Lorient, le fief de Jean-Yves Le Drian.

Comme prévu, seuls 15 des 22 avions de patrouille maritime de la Marine nationale bénéficieront d’une refonte leur permettant de voir leur durée de vie prolongée au-delà de 2030. Et encore, le contrat ne comprend qu’une tranche ferme pour 12 appareils, assorti d’une option pour 3 supplémentaires. Malgré le fait que le parc va donc quasiment être réduit de moitié par rapport à ce qu’il était à l’origine (27 avions), le lancement de ce programme est une très bonne nouvelle pour l’Etat-major des armées et la Marine nationale.

 

 

Un outil très précieux

 

 

L’Atlantique 2 est, en effet, un outil très précieux et particulièrement sollicité pour des missions extrêmement variées et interarmées. Conçu pour la lutte anti-sous-marine et antinavire, il est d’abord chargé de la protection des approches maritimes et de la sécurité des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) de la Force océanique stratégique (FOST). Grâce à son rayon d’action, son endurance, ses capacités d’écoute et d’attaque, c’est un maillon fondamental de la crédibilité de la dissuasion nucléaire. A ce titre, il veille notamment à ce qu’aucun sous-marin adverse ne puisse s’approcher des SNLE lorsqu’ils partent ou reviennent de patrouilles, le transit sur le plateau continental  étant le moment où les bâtiments sont les plus vulnérables.

En dehors des missions pour le compte de la FOST, l’Atlantique 2 accompagne également le groupe aéronaval, qu’il éclaire et renseigne sur la situation en mer et à terre. Il en va de même pour les opérations aéroterrestres.  Ses capteurs, optimisés pour la détection d’un périscope en mer, sont en effet tout aussi utiles pour repérer et identifier de petites cibles terrestres. L’avion dispose, en outre, de capacités d’écoute, contribuant ainsi au renseignement, et en amont des opérations à la fonction connaissance et anticipation. Ayant été déployé sur de nombreux théâtres d’opérations, de l’intervention en Libye à Serval au Mali, en passant par la lutte contre la piraterie en océan Indien, l’Atlantique 2 s’est également vu doté de capacités d’attaque air-sol avec l’emploi, pour la première fois au Mali, de bombes à guidage laser GBU-12 (les cibles étant éclairées depuis des équipes au sol ou d’autres moyens, par exemple des drones). Ces armes sont logées dans l’imposante soute de l’appareil, qui peut également abriter six torpilles MU90 ou deux missiles antinavire Exocet.

 

 

Un Atlantique 2 (

Un Atlantique 2 (© MARINE NATIONALE)

 

 

Les livraisons en série débuteront en 2019

 

 

Livré à 27 exemplaires entre 1989 et 1997, l’Atlantique 2 n’a, pour le moment, pas de successeur. La France, qui ne peut lancer seule un nouveau programme pour des questions budgétaires, n’a en effet pas encore trouvé de partenaire pour développer un nouvel avion de patrouille maritime. D’où l’idée, devenue une nécessité opérationnelle, de moderniser profondément une partie de la flotte afin de prolonger la durée de vie de ces appareils. Le programme sera piloté industriellement par Dassault Aviation, en étroite collaboration avec le Service Industriel de l'Aéronautique (SIAé). L’avionneur français est en charge du développement du système de mission, ainsi que de l’intégration des nouveaux équipements et mises à niveau. Dassault mènera à bien la modernisation d’un premier ATL2, qui servira de prototype. Le SIAé effectuera ensuite les travaux sur les autres avions modernisés, les livraisons en série débutant en 2019 avec une cadence de trois avions par an, ce qui fera qu’à la fin de la prochaine loi de programmation militaire (2014 – 2019), l’aéronautique navale disposera de quatre appareils rénovés.

Concernant les travaux dont les ATL2 vont bénéficier, Thales fournira notamment un nouveau radar (Search Master) et un système de traitement acoustique numérique permettant l’emploi de nouvelles bouées de détection sous-marine. DCNS, de son côté, sera en charge de l’installation du logiciel LOTI, qui sera intégré au système de mission. L’avion sera également équipé d’une nouvelle boule électro-optique, probablement fournie par le groupe canadien Wescam, qui a déjà équipé certains ATL2. 

Marine nationale Dassault Aviation Naval Group (ex-DCNS) Thales