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Landévennec : Aire naturelle de stockage

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Un des plus beaux sites naturels de Bretagne abrite, dans les premiers virages de l'Aulne, une aire d'amarrage pour vieilles coques militaires. Curiosité que des milliers de personnes viennent admirer chaque année. Pour ou contre cette étonnante zone de stockage à bateaux, au coeur d'une zone naturelle protégée ?

Les coques attendent des années au mouillage à Landévennec, le moment de leur déconstruction. Aucune opération industrielle n'y est menée. Il s'agit d'un lieu d'attente, avec une surveillance régulière du site par des marins venus de Brest. L'endroit est profond et très abrité des vents dominants. Il constitue un extraordinaire site naturel à la biodiversité reconnue, classé zone Natura 2000, au titre de la « Directive oiseaux ». Les dernières observations ont d'ailleurs démontré que les vieilles coques participaient à la nidification de certaines espèces (goélands).

Le débat récurrent évoque la pollution potentielle de ces vieux bateaux, qui se dégradent au fil du temps. Les défenseurs de la nature rappellent la singularité et l'importance de ce site exceptionnel et regrettent l'activité de surveillance (les allers et retours des navires militaires) autour de ce site, qui fait également l'objet d'un entretien régulier des mouillages. D'autres associations soucieuses de l'environnement reconnaissent les efforts réalisés par la Marine dans la préparation des coques réputées moins polluantes que par le passé à leur arrivée à Landévennec.

Parmi les fervents défenseurs de ce cimetière à bateaux, le maire de Landévennec depuis 1983, Roger Lars, prof de maths à la retraite, appelle de tous ses voeux l'arrivée de nouvelles coques, et les plus grosses si possible. Histoire de renforcer le spectaculaire panorama de cette entrée de l'Aulne. Le maire de Landévennec en fait un argument touristique et économique de premier choix. « On y vient pour admirer, du belvédère, les navires qui ont fait la fierté de la Royale ».

Le maire évoque la présence marquante du Colbert, entre 2007 et 2016, et du paquebot Pasteur, en 1957. Autant de beaux navires qui ont amplifié le caractère grandiose du site, qui a abrité jusqu'à 20 unités.

 

(© LE TELEGRAMME)

 

Accès interdit

Aujourd'hui, la station navale appartient au passé mais il reste encore des coques (trois) en attente de démolition. Deux frégates, le Duguay-Trouin et l'Aconite, et un patrouilleur austral de belle taille, l'Albatros. « Nous sommes pour la présence de ces bateaux mais également pour un turn over suffisant. Ils ne doivent pas trop s'abîmer. Il faut aussi renouveler le tableau ! ».

Pêcheurs et kayakistes font également partie des inconditionnels du site. Certains intrépides s'amusent à passer entre les coques. La sécurité est également un des enjeux du site, avec des intrusions régulières (curieux, artistes, cascadeurs de rue, etc.) sur ces coques strictement interdites d'accès.

Plutôt pour

Alors pour ou contre la présence de ces vieux navires dans ce site naturel exceptionnel ? À plus de 66 %, les lecteurs du Télégramme, consultés sur le site Internet du quotidien breton, se sont massivement exprimés en faveur de ces coques amarrées au coeur de ce site exceptionnel ; 28 % des 600 votants n'y sont pas favorables, le sujet générant plutôt peu de sans opinion ou d'indécis.

 


Un article de la rédaction du Télégramme